L’HOMME PRUDENT
Quand je vais de ses beaux yeux Entretenir ma bergère.
Je vois à son front sévère Que m’abstenir vaudra mieux .
Cela peut être ennuyeux ,
Mais ma bergère, peut-être,
M’eût envoyé faire paître.
Bien que soit un peu plus doux L’espoir que parfois j’embrasse, Mieux vaut ignorer la grâce Que de risquer le courroux :
Et personne n’est jaloux,
Même dans un lieu champêtre , D’être envoyé faire paître.
On peut gémir sous la loi D un petit marmot despote,
Sans que pourtant il vous ôte Un honnête quant à soi :
U serait fâcheux pour moi ,
Du troupeau seigneur et maître, D’être envoyé faire paître.1
Ce badinage , surtout vers la fin, est plutôt une qu’une traduction du castillan.
LÉTRILLES.