‹ Espagne poetiqueChapitre 34 sur 112 · L’HOMME PRUDENT · texte numérisé non relu

L’HOMME PRUDENT

Quand je vais de ses beaux yeux Entretenir ma bergère.

Je vois à son front sévère Que m’abstenir vaudra mieux .

Cela peut être ennuyeux ,

Mais ma bergère, peut-être,

M’eût envoyé faire paître.

Bien que soit un peu plus doux L’espoir que parfois j’embrasse, Mieux vaut ignorer la grâce Que de risquer le courroux :

Et personne n’est jaloux,

Même dans un lieu champêtre , D’être envoyé faire paître.

On peut gémir sous la loi D un petit marmot despote,

Sans que pourtant il vous ôte Un honnête quant à soi :

U serait fâcheux pour moi ,

Du troupeau seigneur et maître, D’être envoyé faire paître.1

Ce badinage , surtout vers la fin, est plutôt une qu’une traduction du castillan.

LÉTRILLES.

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