‹ Espagne poetiqueChapitre 43 sur 112 · COUPLETS DÉTACHÉS · texte numérisé non relu

COUPLETS DÉTACHÉS

O soupirs , soupirs si doux ,

Je ne voudrais d’autre joie Que d’arriver , avec vous ,

Où mon âme vous envoie.

Si la paix, un seul instant,

Par notre amour t’est ravie.

Hais-moi plutôt, ô ma vie;

Ou bien , ne m’aime pas tant.

GENRE NATIONAL

Qui me flattait, autrefois, Vient accabler ma miscre :

Tout le monde fait du bois De l’arbre couché par terre.

Tu te plains d’être abattu , Triste cœur qu’ Amour enivre:

N’aime pas , si tu veux vivre ; Tu veux aimer! que veux-tu ?

Garde tes faveurs cruelles , Souvenir, charme fatal Qui viens faire tant de mal Par le bien que tu rappelles.

Je ne suis pas, si j’existe ,

Cel ui que j’aurais été :

Je suis un tableau bien triste , Que l’on a mis de côté.

v il.

Je brûlerai de ta flamme , Même au delà du trépas :

L’amour existe dans l’âme,

Et notre âme ne meurt pas.

COMPOSITIONS DIVERSES

Je ré vais qu’enfin j’avais Fléchi ta rigueur extréme :

Mais, hélas! à l’instant même,

Je rêvai que je rêvais.

Du jaloux qui nous observe.

Les yeux sont toujours ouverts :

Si nous manquons de réserve ,

Je t’expose et tu me perds.

Ah ! je t’aurais engagé Mille âmes et mille encore :

Prends du moins, toi que j’adore Mille fois celle que j’ai.

Vos hauteurs, beauté rebelle, N’imposent point aux amours :

Pour la plus haute des tours On peut trouver une échelle.

Maints chats , rôdant en silence , De perdreaux seront nourris :

D’ autres miaulent d’avance ,

Sans croquer une souris.

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