III. — Revues et journaux
Le génie créateur et le caractère essentiellement sympathique de Vinet ne lui permettaient pas de rester étranger à rien de ce qui se faisait d'important autour de lui, dans les divers domaines de la pensée. Aussi a-t-il beaucoup écrit, jusque sur son lit de souffrance, dans les divers recueils périodiques publiés en France et dans la Suisse française. Les articles d'une portée générale et permanente, ont déjà été reproduits dans la collection de ses œuvres. Mais en vue d'une anthologie, il'y avait à glaner maintes pensées importantes dans beaucoup d'autres qui ne sauraient aujoiu-d'hui être reproduits en entier. Pour foire ce travail, on s'est entouré de tous les renseignements que pouvaient fournir les amis de Vinet, sur divers
morceaux anonymes, épars dans plusieurs recueils. L'éditeur est tout particulièrement redevable à MM. S. Cliappuis, professeur de théologie, à Lausanne, un des confidents les plus intimes de la pensée de Vinet, et à MM. Ed. Scherer etL, Burnier, rédacteurs de quelques-uns des journaux dans lesquels Vinet a écrit. Le journal le Semeur, dont le protestantisme français a été si fier pendant des années trop tôt écoulées, et dont Vinet était la gloire et l'âme, a été tout particulièrement consulté. Bon nombre des articles publiés dans ce recueil ont été reproduits dans les divers volumes qui forment la collection des œuvres, mais, grâce à un relevé di'essé par son ancien rédacteur, aussi exact que modeste, il a été possible de faire une abondante moisson dans les nombreux travaux qui n'ont pas été repubiiés.
Voici la liste de ces Journaux et Bévues, en suivant toujoui's Tordre chronologique.
À. Jonrnaux politiques et littéraires.
1° Le Nouvelliste vaudois, 1824-1832.
2° Courrier suisse, 1840-1846.
Il n'a pas toujours été possible de reconnaître avec une pleine certitude les articles insérés par Vinet dans ces journaux, et l'éditeur ne sauraic prétendre n'en avoir laissé échapper aucun; dans les cas, fort rares d'ailleurs, oii il s'est permis de faire un emprunt à un article sans avoir la pleine et entière certitude qu'il fût sorti de la plume de Vinet, il a eu soin d'ajouter un (?) à côté de la citation.
3° Le Semeur, journal rehgieux, politique, philosophique et littéraire. Paiis, 1881-1847.
4° Bévue Suisse. Lausanne, 1838-1847.
5° La Bibliothèque universelle de Genève. Genève, n" 8, 15 septembre 1846.
6° La Veveijsanne, feuille communale d'utihté publique et de littérature. Vevey, 1840-1844.
Une accusation lancée par la Veveysanne contre Vinet amena une réphque insérée dans cette feuille, et à laquelle quelques citations ont été empruntées.
B, Joarnaux^ religieux.
1" La Discussion publique sur la liberté religieuse et le gouvernement de FEglise, dirigée par des membres de l'Eglise nationale du canton de Vaud, 1831.
2" Mei'ue chrétienne et journal religieux du canton de Vaud, 1832.
3" Gazette évangéligue, journal de la Suisse française. Genève, 1833-1834.
4° Le Narrateur religieux, 1837-1838.
5° Ij Antijésuite ^ 1845.
6° La Béformation au dix-neuvième siècle. Genève, 1845-1847.
7" L'Avenir, journal vaudois consacré à la défense des droits de l'Eglise. Lausanne, 1845.
8" Bévue chrétienne (de Paris).
iV. — Mauusmls inédits.
V Pensées isolées.
L'éditeur est redevable à la grande bienveillance de M""^ Vinet de plusieurs pensées inédites, qui verront ici pour la première fois le jour, bien qu'elles n'y fussent pas destinées. Quelques-unes ont été retrouvées dans des carnets, sur de petites feuilles volantes et sur les pages mêmes du portefeuille de Vinet. Il parait avoir eu l'habitude de fixer au passage les pensées qui lui venaient en abondance, et on voit que, plus tard, elles ont servi à féconder quelque morceau éloquent, qu'elles renfermaient, en quelque sorte, en germe. On surprend le grand penseur sur le fait. C'est le cas de rappeler ce qu'il disait lui-môme de Pascal : « On a fait invasion dans le domicile moral de l'auteur, on a rompu son cachet; et bien que de telles violences puissent trouver leur excuse dans l'intérêt de ceux qui les subissent, ce sont pourtant des violences. »
Hâtons-nous de déclarer que Vinet n'a éprouvé le sort de Pascal qu'à un degré incomparablement moindre que son maître. Il ne pourrait pas s'apphquer ses propres paroles : « Qui donc aime se voir surpris en flagrant délit d'incertitude et de tâtonnement? Qui donc n'éprouve, je ne sais quelle honte, à voir pénétrer le matin
dans sa chambre en désordre, je ne dis pas un étranger, je dis un ami familier? De grâce, que n'attendiez-vous ? Une heure pkis tard, vous m'eussiez trouvé debout, habillé, tous mes meubles en place, et ma chambre balayée. Il est par trop désagréable d'être pris au saut du lit, ou dans ce désordre des premières heures du jour....» Etudes sur Pascal, page 68.
En effet, ses pensées, toujours bien frappées, ne trahissent que fort rarement l'hésitation ; nous n'en avons trouvé qu'une seule qu'il n'eût pas lui-même publiée. On y reconnaîtra sans peine un cri du cœur, et nul ne songera à s'enquérir de sa date, car le même sentiment doit avoir été éprouvé plus d'une fois par le grand penseur, souvent incompris, pendant le cours de sa carrière si bien remplie. Voir tome ii, au haut de la page 137. Les gravides questions, etc.
Ajoutons que, dans tout ce qui nous est passé sous les yeux de manuscrits inédits, nous n'avons eu à négliger, pour aucune considération, une pensée ayant un intérêt réel. Dans cette partie, comme d'ailleurs dans tout le cours de ce travail, nous n'avons pas perdu de vue un mot adressé par M. le professeur Chappuis, aux admirateurs de Vinet, le lendemain de sa mort. « Ses amis, dit-il, ne doivent jamais oubKer que le plus digne hommage à rendre à la mémoire d'un tel homme, consiste à s'attacher comme lui au culte de la vérité, à être scrupuleusement fidèle à sa propre pensée, en respectant celle des autres, et à se pénétrer comme lui de la charité de Christ. » Avenir, 1847, n° 59.
Après les pensées isolées, nous devons citer encore quelques fragments, assez longs, mais inédits, que nous avons eus également entre les mains, savoir :
2' La morale chrétienne.
3° La Nécessité ou la Providence dans VMstoire.
4" L'infaillibilité de l'Eglise. Képonse à une lettre.
5" De V inévidence du christianisme.
6" Trois brouillons de lettres sur l'union de l'Eglise et de VEtat
Nous n'avons malheureusement retrouvé que le plan d'une prédication émouvante que Vinet fit à Genève dans les dernières années de sa vie. H avait pris poiu- texte le lavement des pieds. Jamais sa voix, toujours vraie, émue et profondément spirituahste, comme sa pensée, ne réussit mieux , sans le moindre apparat, à toucher les cœurs de ceux qui eurent le privilège de l'entendre, et qui n'en perdront jamais le souvenir.