CXXX EXPLICATION
tenons encore cette distribution de la réflexion et de notre penchant à généraliser. Nous avons pris par les sens la connaissance des individus réels : soleil, lune^ siriuSj etc.^ astres : air^feUj terre y eau, etc., élémens :/7/i^£e5;^ neiges ^ grêles, tonnerres^ etc., météores; et ainsi du reste de l'histoire naturelle. Nous avons pris en même tems la connaissance des abstraits: couleur ^ son^ aat^eurj densité ^ rareté j chaleur, froidj mollesse ^ dureté , fluidité j solidité^ roideur^ élasticité ^ pesanteur^ légèreté^ etc.; figure j distance y mout^ement, repos ^ durée, étendue y quantité, impénétrabilité»
Nous avons vu par la réflei^ion que de ces abstraits , les uns convenaient à tous les individus corporels, comme étendue, mouvement, impénétrabilité, etc. Nous en avons fait Tobjet de \dL physique générale, ou métaphysique des corps; et ces mêmes propriétés, considérées dans chaque individu en particulier, avec les variétés qui les distinguent, comme la dureté, le ressort, la fluidité y etc. , font l'objet de la physique particulière*
Une autre propriété plus générale des corps, et que supposent toutes les autres, savoir, la quantité, a forme l'objet des mathématiques. On appelle quantité ougran-' deur, tout ce qui peut être augmenté et diminué.
La quantité y objet des mathématiques, pouvait être considérée , ou seulement et indépendamment des individus réels , et des individus abstraits dont on en tenait la connaissance j ou dans ces individus réels ou abstraits; ou dans leurs effets recherchés d'après des causes réelles ou supposées ; et cette seconde vue de la réflexion a distribué les mathématiques en mathématiques pures ^ mathémortiques mixtes, physico-mathématiques.
Dû 8Y8TBMB IflGC^àk JtHXt]
YA^tumtité ahatraite^ objet des matlii^tiiatî<{ttfii pores, fsSt ou nombrable on étendue. La qtumtUi ahHraiie nom-arable est devenue Fobjet de VarUhmétique \ et X^quan^ . tité abstraite étendue ^ celui de là géométrie.
JJarithmétique se distribue en arithmétique numéri* que ou par chiffresy et en algèbre ou arithmétique uni^ verseliepar lettres , qui n'est autre chose que le calcul des grandeurs en général, et dont les opânitions ne sont pro^ prement que des opérations arithmétiques indiquées d'utie manière abrégée $ car , à parler exactement, il n'y a calcul que de nombres.
If algèbre est élémentaire ou infinitésimale^ sdon la nature des quantités auxquelles on Taj^que. Uinjmité^ siniate est ou différentielle on intégrale : différentielle^ quand il s'agit de descendre de lexpression d'une quantité finie, ou considérée comme telle , à l'expression de son accroissement, ou de sa diminution instantanée ; intégrale ^ quand il s'agit de remonter de cetti expression i la quantité finie même.
La géométtiej ou a pour objet primitif les propri^és du cercle et de la ligne droite, ou embrasse dans ses spéculations toutes sortes de courbes, œ qui la distribue en élémentaire et en transcendante.
Les mathématiques mixtes, ont autant de diviaions et de sous-divisions, qu'il y a d'êtres réds dans lesquels la quardiié peut être considârée. La quantité ecmsidérée dans les corps en tant que mobStes, ou tendant à se mouvoir, est Tobjet de la mécanique. La mécanique a deux branches , la statique et la dynamique. La statique a pour objet k quantité considérée dans lea corps en équilibre et tendant aenlement à se mouvoir* La
eXXxi) BXPUCATIOK
dynamique a pour objet la quantité considérée dans les corps actuellement mu3. La statique et la dyna^ mique ont chacune deux parties. La statique se distribue en statique proprement dite y qui a pour objet la quantité considérée dans les corps solides en équilibre f et tendant seulement à se mouvoir^ et en hydrostatique, qui a pour objet la quantité considérée dans les corps fluides en équilibre » et tendant seulement à se mouvoir. La dynamique se distribue en dynamique proprement dite y qiû a pour objet la quantité considérée dans les corps solides actuellement mus; et en hydrodynamique y qui a pour objet la quantité considérée dans les corps fluides actuellement mus» Mais si l'on considère la quanr icté dans les eaux actuellement mues y \ hydrodynamique prend alors le nom êihydraulique» On pourrait rapporter la noifigntion k l'hydrodynamique » et la balUatique ou le jet des bombes à la mécanique.
La quantité considérée dans les mouvemens des corps célestes donne Vastronomie géométrique ; d'où la cosmographie ou description de VunU^ers , qui se divise en ura* nographie ou description du cîel^ en hydrographie ou description des eaux y et ea géographie ^ d'où encore la chronologie, etlà gnomonique ou Yart de construire des cadrans»
La quantité considérée dans la lumière ^ donne Vopti^ que ; et la quantité considérée dans le mouvement de la lumière y les différentes branches aseptique» Lumière mue en ligne directe , optique proprement dite $ lumière réfléchie dans un setd et même milieu » catoptrique ; lumière rompue en passant d'un milieu dans un autre , dioptrique. à V optique qu'il £aut rapporter la perspective.
BU SYSTÈME FieUlli. CZXzH)
La quantité considérée dans le son , daxis sa ▼éhétaence , ton mouvement, 9es réflexions, sa vitesse, etc., donné Vacoustique*
La quantité considérée dans l'air, sa pesanteur 9 son mouvement , sa condensation, raréfaction , etc* » donne la pneumatique^
La quantité considérée dans la possibilité des événe* mens 9 donne Vart de cor^eeturer^ d'où naît Vanafysedea Jeux de haeard.
L'objet des sciences mathématiques étant purement in.-> tdOiectuel , il ne &ut pas s'étonner de l'exactitude de ses. divisions.
La physique paHicukUère doit suivre la même distribution que l'histoire naturelle* De l'histoire prise par les sens, désastres, de leure nunwenwnaj appasrencea sen^ eibksf etc^ , la réflexion a passé à la recherche de leur ori« gme , des causes de leurs phénomènes, etc. , et a produit la science qu'on appelle astronomie physique f k laquelle 3 faut rapporter la science de leurs influences 9 qu'on nomme astrologie ; d'où V astrologie physique^ et la chimère de V astrologie ju^iaire^ De l'histoire prise par les. sens, des vents , des pluies 9 grébsj tonnerres jetc^^hité* flexion a passé à la recherche de leurs origines ^ causes ^ ^ets , etc«9 et a produit la science qu'on appelle météo^ rologie.
De l'histoire prise par les sens , de la mtsr 9 de la terre ^ Aes fleuves y des rivières , des montagnes , des flux et reflux 9 etc» , la réflexion a passé à la recherche de leurs causes , origines , etc 9 et a doimé lieu à la cosmologie ou science de Vunivers , qui se distribue en uranologie ou science ducielf en uéroîogie ou science de Vair^ en géor
exciv BXPLIGATIOir*
hgie ottdCiMC» cIm oontinem,, et en hydrok^ie on science dst eau4» De l'histoire des mines , prise par les sens , la réflexion a passé à la recherche de leur formation , travail , etc«^ et a donné lieu à la science qu'on nomme minera-^ logis. De l'histoire des plantes , prise par les sens, la réflexion a passé à la recherche de leur économie , propagation , culture, végétation, etc. , et a engendré la botaniquey dont Vagriculture et le jardinage sont deux branches*
De l'histoire des animaux^ prise par les sens, la réflexion a passé à la reck^che de leur conservation , propagation , usage, organisation, etc* , et a produit la scien<se ^'on nomme zoohgie , d'où sont émanés la médecine , la vétémUÊÙns ctk mtmégeih, chasse fhi pèche ^ h. Jku^ cûmnsfrie f Xapaà^mie sinqile. et comparée.* La médecine ( suivrait la. division de Bœrhaave), ou s'occupe de l'économie du eotps humain et raisonne son anatomie, d'où naît la pJ^ymcJogisf ou s'occupe de la manière de le ga<rasKtir des malacKes, et s'appeUe hygiène : ou considère le ooirps malade et traite des causes, des difllfrences et des symptômes des maladies, et s'appelle /laiAo/c^iie .^ ou a pour ob}et les s^nes de la vie, de la santé, et des maladies ^ leur diagnostic et pronbstic , et prend le nom ^e séméio^ tique ; ou enseigne Tart de guérir , et se sous -divise en diète , pharmacie et chirurgie , les trois brandhes de la thérapeutique.
Uhygiène peut se considérer relativement k la santé du corps , a sa beauté et à ses forces , et se sous « diviser en hygiène proprement dite , en cosmétique et en athlétique* La cosmétique donnera Y orthopédie^ ou Yart de procurer au^ membres Ufke belle cof^muitioni et Y athlétique domera \H.gYmaastique^ ou Xart de les e^ercer^
DU StaTBHB FIGURÉ. tXXXf
D^ la coimaissaiice expérimentale ou de lliîstoire prise par les sens , des qualités extérieures , sensibles , appon rentes , etc. , des corps naturels ^ la réflexion nous a con** duits à la recherche artifideUe de leurs propriétés inté-« rieures et occultes $ et cet art s'appelle chimie. La chimie est imitatrice et rivale de la nature : son objet est presque aussi étendu que celui de la nature même : ou âitdicomr-, /KMe lès êtres; ou elle les re(^À^{^; ou elle les ^mn^rnie» etc. La chimie a donné naissance à Vcdchimie et à la moffie naturelle. La métallurgie ou Yart de traiter les mé^ taux en grande est une branche importante de la chimie. On peut encore rapporter i cet art la teinture,
La nature a ses écarts et la raison ses abus. Nous avons rapporté les numstres aux écarts de la nature; et c^est à Tabus de la raison qu'il dut rapporter toutes les science^ et tous les arts , qui ne montrent que l'avidité ^ la méchan-» ceté , la superstition de Phomme , et qui le déshonorent*
YàSk tout le philosophique de la connaissance humaine^ et ce qu'il en faut rapporter à la raison.
MAGINAÎION, d'où POÉSIE.
L'HistôiRÉ a pour objet les individus réellement exis-
tans , ou qui ont existé; et la poésie /les individus imagi-> nés à l'imitation des êtres historiques. Il ne serait donc pas étonnaott que la poésie suivit une des distributions de l'histoire. Mais les difiEérens genres de poésie , et la différence de ses sujets , nous en offrent deux distributions tf è^naturelies. Ou le sujet d'un poème est sacré , ou il est profane r ou le poète raconte des choses passées , ou il les rend préV
CXXXV) SXPLICATIOVr
sentes» en le5 mettant en action; ou il donne dn corps â dea êtres abstraits et intellectuels* La première de cespoé*^ sies sera narrative ; la seconde » dramatique ; I4 troisième , parabolique^ hejpoème épique^ le madrigal^ Vépigtamme^ etc. , sont ordinairement de poésie narratipe. La tragédie^ la comédie j Yopéra^ Yéglogue^ etc., de poésie dramortiquei et les an4gorks ^ etc. 9 de poésie poroio/ijfzie.
POÉSIB.