‹ Esprit de l'encycloped́ie: ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l (volume 5)Chapitre 28 sur 56 · DISPOSITION · texte numérisé non relu

DISPOSITION

Disposition. (Bellea^Lettres.) Partie de la rhëtoriquey qui consiste àplacer et à ranger avec ordre et justesse les différentes parties d'un discours.

La disposition est y dans l'art oratoire 9 ce qu est un bel ordre de bataille dans une armée, lorsqu'il s'agit d'en venir aux mains 5 car il ne suiEt pas d'avoir trouvé des argumens et des raisons qui doivent entrer dans le sujet que l'on traite , il faut encore savoir les amener , les disposer dans l'ordre le plus propre à faire impression sur Tesprit des auditeurs. Toutes les parties. d'un discours doivent avoir entre elles un juste rapport pour former un tout qui soit bien lié et bien assorti , ce [qu'Horace a dit du poëme étant exactement applicable aux productions de l'éloquence :

Singula quœque locwn tentant forûla decenter:

La disposition est donc l'ordre ou Farrangement des parties d'un discours qu'on met ordinairement au nom-* bre de quatre ; savoir , l'exorde ou début , la narration , la confirmation et la péroraison ou conclusion : quelquesuns cependant en distinguent jusqu'à six ; savoir, l'exorde, la division , la narration , la confirmation , la réfutation et la péroraison qu'ils expriment par ce vers technique :

^xorsus^ narroj seco jfirmOf refello , peroro^

2l8 ESPRIT

Mais il est beaucoup plus simple de comprendre la division dans Texorde , et la réfutation dans la confirmation.

La disposition est ou naturelle ou artificielle ; la naturelle est celle dans laquelle on vient de ranger toutes les parties du discours. En efiet , ce ne sont pas les règles , mais la nature elle-même qui dicte que pour persuader les auditeurs , il faut : i° les disposer à écouter favorablement les choses dont on veut les entretenir ; 2° il faut leur donner quelque connaissance de Taffaire que Ton traite j afin qu'ils sachent de quoi il s'agit ; 5^ on ne doit pas se contenter d'établir ses propres preuves, il faut renverser celles de ses adversaires ; et enfin , lorsqu'un discours est étendu et qu'il est à craindre qu'une partie des choses qu'on a dites ne se soit échappée de la mémoire des auditeurs j il est bon de répéter en peu de mots , sur la fin , ce qu'on a dit plus au longé

P^rmi les modernes, un discours se distribue en eiordc, idivisfon ou proposition; première , seconde, et quelquefois troisième partie , et péroraison ; et , dans l'éloquence du barreau , on distingue l'exorde , la narration ou le fait ; ou la question de droit , la preuve ou les moyens 5 la réplique oti réponse aux objections , et la conclusion , ou , comme on dit en style de palais , les conclusions.

Par disposition artificielle , on entend celle où , pour quelque raison particulière , on s'écarte de l'ordre naturel ea mettant une partie à la place de l'autre.

Uabbé Mallet.

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