‹ Esprit des lois, livres I-V;Chapitre 126 sur 279 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

De la puissance des peines.

L'expérience a fait remarquer que, dans les pays où les peines sont douces, l'esprit du citoyen en est frappé, comme il l'est ailleurs par les grandes.

Quelque inconvénient se fait-il sentir dans un État, un gouvernement violent veut soudain le corriger ; et au lieu de songer à faire exécuter les anciennes lois, on établit une peine cruelle qui arrête le mal sur-le-champ. Mais on use le ressort du gouvernement; l'imagination se fait à cette grande peine, comme elle s'était faite à la moindre, et comme on diminue la crainte pour celle-ci, l'on est bientôt forcé d'établir l'autre dans tous les cas. Les vols sur les grands chemins étaient communs dais uelques États; on voulut les arrêter: on inventa le supplice de la ^^, qui les suspendit pen-

1. Elle fut faite par Valerius Fublicola, bientôt après l'expulsion des rois ; elle fut renouvelée deux fuis, toujours par des in;ij(istrats de la même famille, comme le dit Lite-Live, liv. X. — Il n'était pas question de lui donner plus de force, mais d'en pertectionni>r les dispositions. Dilii/entius sanctam, dit Tile-Live. [Ibid.)

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