LIVRE VIII, CHAPITRE III
Il est vrai que ceux qui corrompirent les republiques grecques ne devinrent pas toujours tyrans. C'est qu'ils s'étaient plus attarliés à réioquence qu'à l'art militaire; outre qu'il y avait dans le cœur de tous les Grecs une haine implacable contre ceux qui renversaient le gouvernement républicain : ce qui fait que l'anarchie dégénéra en anéantissement, au lieu de se changer en tyrannie.
Mais Syracuse, qui se trouva placée au milieu d'un grand nombre de petites oligarchies changées en tyrannie i; Syracuse, qui avait un sénats dont il n'est presque jamais fait mention dans l'histoire, essuya des malheurs que la corruption ordinaire ne donne pas. Cette ville, toujours dans la licence 3 ou dans l'oppression, également travaillée par sa liberté et par sa servitude, recevant toujours Tune et l'autre comme une tempête, et, malgré sa puissance au dehors, toujours déterminée à une révolution par la plus petite force étrangère, avait dans son sein un peuple immense, qui n'eut jamais que cette cruelle alternative de se donner un tyran ou de l'être lui-môme.