LIVRE XI, CHAPITRE XII
Après la mort du roi, le sénat examinait si l'on garderait la forme du gouvernement qui était établie. S'il jugeait à propos de la gardof, il nommait un magistrat*, tiré de son corps, qui élisait un roi : le sénat devait approuver l'élection; le peuple, la confirmer; les auspices, la garantir. Si une de ces trois conditions manquait, il falhiit faire une autre élection.
r^a constitution était monarchique, aristocratique et populaire ; et telle fut l'harmonie du pouvoir qu'on ne vit ni jalousie ni dispute dans les premiers règnes. Le roi commandait les armées, et avait l'intendance des sacrifices ; il avait la puissance de juger les affaii-is civiles^ et criminelles 3; il convoquait le sénat; il assemblait le peuple; il lui portait de certaines aflaires, et réglait -les autres avec le sénat*.
Le sénat avait une grande autorité. Les rois prenaient sauvent d( s sénateurs pour juger avec eux; ils ne portaient point d'affaires :u peuple qu'elles n'eussent été délibérées = dans le sénat. •
Le peuple avait le droit d'élire ^ les magistrats, de consentir ar.x nouvelles lois, et, lorsque le roi le permettait, celui de déclarer la guerre et de faire la paix. Il n'avait point la puissance de juger. QuandTullusIIostiliusrenvoyale jugement d'Horace au peuple, il eut des raisons particulières, que l'on trouve dans Denys d'Halicarnassc ' .
La constitution changea sous Servius TulliusS. Le sénat n'eut poUt de pan à son élection : il se fit proclamer par le peuple. Il se dépouilla des jugements 9 civils, et ne se réserva que les criminels; il porta directement au peuple toutes les affaires : il le soulagea des taxes, et en mit tout le fardeau sur les patriciens. Ainsi à mesue qu'il affaiblissait la puissance royale et l'autorité du sénat, il augmentait le pouvoir du peuple i".
{. Dbnïs d'Halicaiinasse, liv. II, p. iiO; et liv. IV, p. 242 et 243.
2. Voyez le discours de Tanaquil, dans Tile-Live, liv. !«'■, et le règlement de Servius Tullius, dans Derns U'Halicarnasse, liv. IV, p. 229.
3. Voyez Denys d'Halicainasse, liv. 11, p. Ilx; et liv. 111, p. 171.
4. Ce fut par un sénatus-consulte que TuUus Hostilius en\oya détruire Albc, (Denïs d'Halicarnasse, liv. 111, p. 167 et 172.)