LIVRE CINQUIÈME. — LA VIERGE MARIE ET S. JOSEPH
immenses ressources de la vie créée. Il a dessiné lui-même ses traits humains futurs. C'était pour lui de toute éternité une joie de lire ce qu'il y avait de profondément aimable dans la variété de leur expression. Ce regard éclatant de pureté était une éloquence qui n'était pas sans signification pour lui dans cette profonde vie de l'éternité. Les accents de la voix de Marie étaient, même alors, une harmonie perpétuelle et silencieuse pour ses oreilles. Sa ressemblance avec sa mère était dne de ses joies éternelles. Ainsi, de toute éternité, l'Artiste céleste dessinait, peignait, sur l'obscurité de l'abîme incréé, cette chaste beauté de formes et de traits qui devait ravir les anges et les hommes dans les transports d'un amour immeûse et invariable. Ne trouvait-il e pas lui-même ses délices dans son œuvre ?
{Bethléem, Ire édition, I, pp. 56-57).
Si nous désirions de voir prononcer une sentence de bannissement pour tout ce qui n'est que sentiment ou sensibilité dans la religion, ce serait assurément en ce qui concerne la sainte vierge Marie. Marie est une grande réalité de Dieu, et le sentiment tend à nous dérober la Réalité des choses, parce qu'il change la substance en imagination, la solidité en élégance, et qu'il pare si bien l'extérieur que nous venons à douter s'il existe réellement un intérieur...
(Le Pied de la Croix, p. 21.)
Nous n'avons pas besoin de parler de Ja beauté vraiment artistique et idéale des douleurs de Marie. C'est là le caractère essenliel de toutes les œuvres divines. La Compassion forme une partie de la grande épopée de la création. Le caractère pathétique et les tristesses de cette Compassion ne doivent pas être séparés des terreurs sublimes et sacrées de la Passion du Verbe incarné.
(Le Pied de la Croix, p. 21.)