PRÉCIEUX SANG A JAMAIS ÉTÉ SOUILLÉE DE LA TACHE DU PÉCHÉ
qu'elle a fait partie pendant quelque temps du royaume du Démon, et que ce qui devait fournir le prix libre et gratuit de notre rédemption a été soumis à l'esclavage du cruel ennemi de Dieu? N'est-ce pas pour nous la cause d'une joie ineffable de penser que l'Église nous a imposé, comme article de foi, cette douce vérité que les instincts de notre dévotion avaient déjà depuis si longtemps mise au nombre de nos croyances?
(Le Précieux Sang, p. 37.)
Arrêtons -nous encore un moment yur l'Immaculée Conception, et des hauteurs où repose ce mystère voyons quelle étendue s'ouvre devant nous.
J'ai comparé ce mystère a une source d'eau vive, et j'ai dit que ces eaux deviendraient un jour le précieux Sang : j'aurais pu dire qu'elles apporteraient un jour le corps et le sang de Jésus-Christ sur les autels de l'Église. J'ai appelé le mystère de la Conception Immaculée la Source originelle d'où jaillit pour la première fois sur la terre la lumière des Décrets éternels de l'amour du Dieu qui nous racheta. Suivez, suivez, à mesure qu'il se déroule, le fleuve delà grâce. Depuis la montagne de riminaculée Conception, il poursuit son cours pendant neuf longs mois au milieu de faveurs incomparables et de merveilles qu'on ne peut dire. Il reparait une fois encore à la lumière lorsque les yeux des hommes sont admis à se rassasier
Dieu. Il a baigné de ses flots les marches du temple le jour de la Présentation, l'union de Marie avec Joseph à la maison de Nazareth, et déjà il coule depuis quinze ans. Mais reportons encore une fois nos regards vers la Source. C'est une fontaine de sang dans le cœur immaculée de Marie, et hélas ! elle s'écoule inaperçue. Regardez encore. C'est une autre fontaine de sang, dans le coeur sacré de Jésus, autour de laquelle se groupent tous les mystères de la sainte Enfance, de l'adolescence à Nazareth, des trois années du ministère évangélique et de sa salutaire Passion. Quel spectacle nous offrent ces trente-trois années ! Reportez , reportez encore une fois vos regards vers la Source. Ses eaux se répandent sur la poussière du jardin des Olives, sur les pierres des rues de Sion, sur les lanières du fouet, sur la couronne d'épines, sur les vêtements qui en furent inondés, sur le Calvaire, sur les mains de Marie et sur l'arbre de la croix qui en demeure imprégné. Les Anges ont recueilli cette eau sacrée, l'ont adorée et lui ont rendu le culte divin qui lui était dû.
Et maintenant, regardez : voici une autre source. Elle se ^trouve dans le sacré Cœur de Jésus ressuscité . Il la porte en secret sur la terre durant quarante jours. Elle remonte avec lui dans le ciel. Et maintenant elle est adorée dans sa divine beauté sur une montagne plus élevée que l'Immaculée Conception, à la droite de son Père. Elle s'est élevée au-dessus de son niveau. Elle poursuit majestueusement son cours, à travers des siècles de grâce, dont les courants semblent s'élargir et grossir à toutes les époques. Et, là, cher lecteur, se trouvent enfin les grâces, les préparations à la grâce, les fruits de la grâce qui nous concernent vous et moi, ainsi que notre retour à Dieu.
Et ce panorama, qui s'est ouvert avec l'Immaculée Conception, se ferme sur l'Eucharistie.
(Le Saint Sacrement,!, pp. 182-184).