‹ Esprit du p. FaberChapitre 155 sur 435 · LE CRUCIFIX · texte numérisé non relu

LE CRUCIFIX

Le monde est un mystère. La vie, le temps, la mort, le doute, le bien et le mal, et l'incertitude qui plane sur notre sort éternel, sont autant de mystères. Quelquefois, ces mystères demeurent brûlants sur notre cœur. Mais le crucifix en est le sens ; il est la solution de tous. Il fait la question et y répond. Le crucifix est la lecture de toutes les énigmes, la certitude de tous les doutes, le centre de toutes les croyances, la source de toutes les espérances, le symbole de tous les amours. Il révèle l'homme à lui-même, et Dieu à l'homme. Il présente une lumière au temps pour qu'il regarde dans l'éternité et se rassure. Le crucifix est doux à voir dans le temps de notre joie : car il attendrit notre joie sans la réprouver et 'élève sans qu'elle éprouve de tension. Dans la douleur, il n'y a nul objet dont la vue soit pour nous comme celle du crucifix. Il fait sortir nos larmes. Il les fait couler plus abondamment, de sorte qu'elles deviennent bientôt plus douces que les sourires mêmes. Il donne de la lumière aux ténèbres ; le silence de sa prédication est toujours éloquent, et la mort est vie en présence de ce grand gage de la vie éternelle. Le crucifix est toujours le même, et cependant il varie toujours son expression de manière à être pour nous, en toute disposition d'esprit, ce dont nous avons le plus grand besoin, et ce qu'il nous est le meilleur d'avoir. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner si des saints onl embrassé leur crucifix en de telles extases d'amour satisfait...

(Le pied de la Croix, pp. 289-290.)

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