LIVRE NEUVIÈME. — L'ÉGLISE
Chacun d'entre nous peut sans doute se rappeler un livre qui faisait les délices de sa jeunesse, qu'où appelle le Voyageur au coin du feu. Les scènes qu'il nous offrait sont encore présentes à notre imagination. Assis dans uue chambre riante, ou doucement bercés sur une chaise à bascule, au milieu de jouets épars et brisés (débris des jeux qui nous avaient tour à tour amusés et fatigués pendant l'heure précédente), en un mot entourés de toute espèce de jouissances, nous pouvions traverser les déserts sablonneux de l'Afrique, errer au Brésil dans des bois ombreux, dans des prés émaillés de fleurs, nous jouer sur les volcans de l'Islande ou, enfin, épier les Tartares du haut de la grande muraille de la Chine. Et, quand venait la nuit, nous regardions sous nos petits lits pour voir si quelque brigand n'était pas caché là, ou nous faisions naufrage en songe, et ces alarmes, toutes vaines qu'elles étaient, suffisaient pour que le matin fût appelé avec impatience et reçu avec bonheur. Or, l'amour de Dieu a réalisé dans notre dévotion quelque chose de semblable à ces « voyages au coin du feu. » Nous pouvons aller d'un pays à l'autre sur la terre, faisant des vœux pour que Dieu reçoive chaque jour plus de gloire, et adorant Jésus dans les tabernacles où il est abandonné. II nous est permis de parcourir tous les sombres royaumes du purgatoire, et, là. de soupirer vers la gloire de Dieu et les intérêts de Jésus. Nos yeux peuvent, sans être éblouis, contempler la cour du ciel, et notre cœur unir aux adorations des Anges ses désirs intérieurs et ses louanges muettes. Nous pouvons passer d'un attribut de la divine Majesté à un autre, et offrir à chacun d'eux l'hommage de nos félicitations, de notre joie, de nos vœux, et même du désir impossible de les voir plus parfaits. Cependant, ce n'est pas la simplement un amusement, une manière innocente d'occuper noire esprit
en le fixant sur les grandeurs de Dieu. Non : c'est un véritable culte, un hommage qui plaît à l'Éternel, une adoration qui a pour résultat de nous obtenir des grâces actuelles, et de nous assurer après chacune un degré de gloire correspondant.
(Tout pour Jésus, pp. 282, 283.)
Quand vous vous promenez ou que vous voyagez, toutes les fois que vous passez par un hameau, un village, une ville, ou devant la maison de quelque homme célèbre, demandez à Dieu, par les mérites de ceux, qui habitent cet endroit, d'avoir pitié de vous; — rendez-lui des actions de grâces pour toutes les bénédictions qu'il a répandues, qu'il répand ou qu'il répandra sur ces habitations ; — recommandez-lui tous leurs besoins et suppliez-le de prêter l'oreille à leurs prières ; — pleurez sur tous les péchés qui se sont commis dans cet endroit ; — demandez-en la rémission ; — et, enfin, recommandez à Dieu les âmes de tous les fidèles qui y sont morts.
(Tout pour Jésus, p. 192.)