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LIVRE NEUVIÈME. — L'ÉGLISE

à l'autre. Le Pape est pour nous, dans toute notre conduite, ce que le Saint-Sacrement est pour nous dans toutes nos adorations. Le mystère de son Vicariat ressemble au mystère du Saint-Sacrement. Les deux Mystères s'entrelacent, pour ainsi dire, l'un dans l'autre.

La céleste contre-partie de la suprématie de Satan, ainsi que Hustado l'a fait observer, c'est la suprématie du Pape, laquelle est extérieure et correspond, du coté de Dieu et de la Vérité, à ce qu'est celle de Satan, du côté du mensonge et du pécbé. C'est pourquoi le combat de l'Église n'est point un duel entre le Saint-Sacrement et Satan, mais entre l'Ange déchu et le Souverain Pontife qui est le Vicaire de Jésus-Christ sur la terre; Et la persécution de l'Antéchrist ne sera que la continuation de cette lutte. De même, le combat qui se livra autrefois dans le ciel n'eut point lieu entre Dieu et Lucifer, mais entre celui-ci et saint Michel, (saint Michel qu'une pieuse croyance assigne toujours pour ange gardien au pontife régnant). Jésus, chef de l'Église, a délégué à son Vicaire sur la terre la tâche d'enchaîner Satan et de confiner, dans un espace déterminé, la fureur de ce Rebelle et tous les mauvais mouvements dont il est le principe. C'est sur les épaules d'hommes usés et affaiblis par l'âge (du moins c'est ainsi que le monde juge les choses), que Dieu a déposé le fardeau du gouvernement, afin de rendre plus honteuse chacune des défaites de Satan, et aussi afin que nous apprissions que jamais nous ne sommes plus sûrs de travailler pour le service de Dieu que lorsque nous faisons preuve de fidélité, d'obéissance et d'amour envers le Saint-Siège.

{Le Saint Sacrement, II, pp. 167-168).

C'est immédiatement après avoir parlé des Sacrements, que nous devons faire mention du Saint-Siège : car c'est en lui que se trouve la paternité de tous les Sacrements, et c'est en lui

que résident, avec une entière plénitude, la juridiction du Précieux Sang et les prérogatives royales de la souveraineté de la sainte humanité de Jésus. Il n'est aucune époque de l'histoire où nous puissions considérer le Souverain Pontife sans voir, pour ainsi dire, représentée en lui, comme dans un type frappant, la quatrième effusion sanglante, le couronnement d'épines. Les Pontifes rois du moyen-âge, comme les Pontifes martyrs qui se cachaient dans les catacombes, aussi bien que les Papes modernes, véritables héros de patience forcés de se frayer péniblement un chemin à travers les hostilités pusillanimes de la diplomatie, tous portent également ce trait de ressemblance avec Notre-Seigneur. Ils administrent son empire. Pour nous, ils sont sa Tète rendue visible à nos yeux. La tiare est véritablement une couronne d'épines, comme le pontificat est littéralement un martyre. C'est la tête divine toujours saignant et saignant lentement; c'est toujours la même patience, souffrant avec tant de majesté ; c'est une véritable Souveraineté. Mais les hommes la tournent en dérision, parce que son manteau royal est souillé de toute la pauvreté de la terre . C'est une royauté cachée, semblable à la royauté du corps de garde de Jérusalem ; c'est une sorte de Sacrement des sacrements, le sacrement de la royauté du Précieux Sang. La Papauté, c'est la quatrième effusion sanglante continuée jusqu'au jugement.

{Le Précieux Sang, pp. 3?2-323.)

Combien touchante est la faiblesse du Souverain Pontife, qu'il faut comparer à l'état de faiblesse de sonbien-aimé Maître ! Sa puissance est dans la patience, sa majesté dans la longanimité. Ilest lavictime de toutes les insolences, de toutes les perversités qui viennent de haut II est, en toute vérité, le Serviteur des serviteurs de Dieu. Les hommes peuvent le charger d'injures,

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