‹ Esprit du p. FaberChapitre 251 sur 435 · A CEUX QUI DOUTENT DE LEUR SALUT · texte numérisé non relu

A CEUX QUI DOUTENT DE LEUR SALUT

0 notre Dieu ! ô Beauté toute ravissante ! Un théologien a dit que si une âme damnée réunissait en soi seule la rage et la haine qu'ont contre Dieu les habitants de l'enfer tous ensemble, et qu'elle pût développer et fortifier ces hideuses passions pendant des millions et des millions d'années, jusqu'à s'en faire une nouvelle nature monstrueuse et incurable, un léger rayon de la Beauté de Dieu tombant sur elle avec douceur pendant un seul instant transformerait immédiatement tout son être en amour respectueux et en adoration si intense, qu'elle ne sentirait plus les feux qui la brûlent, tant seraient plus grandes les ardeurs de son amour. Et nous sommes libres, et nous jouissons des doux rayons du soleil sur cette terre, et notre cœur est plein d'un faible mais véritable amour de Dieu, et tout un monde du saint amour de Dieu repose sur ce pauvre cœur. Comment donc douter ? comment hésiter, trembler, rester glacés au milieu de tous ces feux d'amour ? O mon Créateur, mon éternel amour ! ô mon Père, mon Père céleste ! Abattu, mais plein de confiance, indigne, mais vous aimant véritablement, encore sur la terre et bien loin du ciel, je trouverai toujours ma demeure et mon repos dans votre fidélité à vos promesses. In te, Domine, speravi, non confun-

dar in ssîernum.

(Le Créateur et la Créature, p. 4Î6.)

Beaucoup d'entre nous peut-être ont donné au monde la meilleure part de leur vie et n'en consacrent à Dieu que les restes. Oh! combien souvent on lui présente à boire la lie d'une coupe que le monde et le démon ont vidée avant lui. Et avec une adorable condescendance, il daigne y appliquer ses lèvres, il savoure avec complaisance les quelques gouttes qu'on lui a laissées, comme si c'était le vin nouveau du pur et premier amour d'un archange !

(Le Créateur et la Créature, p. 232.)

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