‹ Esprit du p. FaberChapitre 33 sur 435 · LIVRE PREMIER. — DIEU · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — DIEU

et de condescendance. Sa Justice est sans tache comme sa sainteté, et bienveillante comme sa miséricorde. Sa Puissance est illimitée, et ne respire que l'amour. Rien ne saurait approcher de sa Félicité. Toutefois, ce ne sont pas là des perfections séparées ; il est lui-même chacune d'elles, et il est unique : trois personnes égales, co-éternelles elconsubstantielles ne formant qu'un seul Dieu. Telle est, dans la sèche langue des écoles, la description de Celui qui est pour nous un père rempli d'amour et de bon té, le Dieu qui règne sur tout, Dieu à jamais béni. Ainsi soit-il (1).

(Tout pour Jésus, pp. 293-294.)

1. On comparera volontiers à cette belle exposition des Perfections divines le passage suivant de saint Augustin, admirablement traduit par le P. Ventura (Raison philosophique et raison catholique-. )

«C'est nous, catholiques, qui reconnaissons Dieu comme un êtse un dans sa nature, trine dans ses personnes, absolu dans son existence, indépendant dans son action, tout-puissant dans sa parole, éternel dans sa durée. Être toujours ancien et qui ne compte pas d'âge ; toujours nouveau et qui ne connaît pas de commencement ; toujours libre et qui ne change jamais ; toujours immuable et qui opère toujours ; qui compatit, mais sans faiblesse; qui se repent, mais sans regret; qui punit, mais sans colère; qui récompense, mais sans partialité. Être toujours subsistant, et qu'aucun temps ne mesure; présent partout et qu'aucun espace ne circonscrit ; prévoyant tout et qu'aucune prévoyance ne trouble ; mouvant tout et qu'aucun mouvement n'altère ; gouvernant tout, et qu'aucune entreprise n'occupe ; faisant tout et qu'aucune action ne fatigue; s'abaissant à tout et qu'aucun abaissement ne dégrade; donnant tout et qu'aucune donation n'appauvrit ; se communiquant à tout, et ne communiquant jamais aucune partie de lui-même.

« C'est nous, catholiques, et nous seuls qui reconnaissons la perfection de la sainteté de Dieu, les profondeurs de sa sagesse, l'abîme de ses jugements, la sévérité de sa justice, l'abondance de sa miséricorde, l'économie de sa grâce, les richesses de sa bonté. C'est nous, catholiques, nous seuls, qui reconnaissons la majesté du Dieu Créateur, le dévouement du Dieu Rédempteur, les dons du Dieu Sanctificateur, en un mot cette Unité absolue par laquelle est tout ce qui est, et qui seule est tout par elle-même, se suffisant seule à elle-même, toujours heureuse d'elle-même, parfaitement infinie et infiniment parfaite. »

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