‹ Esquisse d'une classification des chaînes de montagnes d'une partie de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 3 sur 7 · IV. Système des monts Notre-Dame · texte numérisé non relu

IV. Système des monts Notre-Dame

Si le système précédent n’a que très-faiblement brisé et relevé les strates, il n’en est pas de même avec ce système que j'appelle systéme des monts Notre-Dame et qui a eu lieu à la fin du dépôt des roches formant le silurien inférieur. Les couches formant le troisième groupe du silurien inférieur, ou ce que j'ai appelé depuis la partie supérieure du silurien moyen, sont composés de nombreuses strates de schistes marneux de couleur noirâtre, connues dans l’État de New-York sous le nom de groupe d'Utica et de la rivière Hudson. Ges assises, qui forment presque entièrement les bancs de la rivière Richelieu, du fleuve Saint-Laurent au-dessous (le Montréal, et sur lesquelles est située la ville de Québec, ont été relevées tout le long de cette ligne et jusqu'au cap Rozière, à l'extrémité de Gaspé.

Les monts Notre-Dame, formés de roches éruptives et métamorphiques et dont quelques sommets atteignent 1.190 mètres, doivent entièrement leur origine à ce mouvement de dislocation, dont la direction moyenne à Gaspé paraît être EF. 90° N. à l'O. 00° 8, Je

pense que beaucoup d'accidents orographiques des chaines de montagnes qui s'étendent entre la pointe Lévy, près de QuéL.…, jusqu'au lac Champlain, doivent leur origine à ce système de relèvement : cependant les directions sont peu distinctes, par suite du croisement des chaines avec le système de dislocation qui a suivi immédiatement et qui a formé les montagnes Vertes du Vermont.

V. Système des montagnes Vertes ou Méridien de la Nouvelle-Angleterre,

Depuis longtemps M. Hitchcock à distingué ce système, qu'il a désigné sous le nom de Oldest meridional and Hoosac Mountain system. Très-développé dans Ja partie occidentale de l'État de Massachussets , il forme entièrement les Green mountains du Vermont et s'étend dans le Bas-Canada jusqu’à la rivière Chaudière, Sa direction générale est très-voisine du méridien, avec une légère déviation vers l'Orient, ce qui donne pour moyenne N. 7 E.etsS, 7° 0.

Les dislocations qui ont donné naissance à cette ligne de chaînes de montagnes ont eu lieu avant l'apparition des Alleghanys, et même immédiatement après le dépôt du silurien supérieur, comme le prouve les roches métamorphiques fossilifères que MM. Jackson et Logan ont trouvés sur les bords des lacs Memphremagog et Saint-François. De sorte que je le regarde comme s’étant élevé et ayant mis fin à la période silurienne en Amérique et avant le dépôt des couches dévoniennes.

Les roches ignées, qui ont alors fait éruption à travers la surface solide de la croûte terrestre, ont relevé très-fortement toutes les strates sédimentaires déposées antérieurement, et de plus, elles les ont souvent renversés, ployés et contournés, en les soumettant en

même temps à des actions métamorphiques très-puissantes, et qui se sont fait sentir jusqu à d'assez grandes distances des centres éruptüifs.

Le système des montagnes Vertes s'étend, ainsi que je l'ai dit précédemment, depuis la rivière Chaudière, dans le Bas-Canada, jusque dans l'État de Vermont, qu'il forme presque entièrement; 11 comprend ensuite le comté de Berkshire et la ligne de collines qui s'étend entre la rivière Connecticut et la ville de VW orcester, dans l'État de Massachussetts; puis il occupe les comtés de Litchfeld et Fairfield, dans l'État de Connecticut , et il se termine dans les environs de Bridgeport sur le Sound de la Longue-sle.

Sur la iigne frontière, entre les États de Connecticut et de New-York, on voit des croisements de ce système avec celui des Alleghanys; ce dernier, à une époque bien postérieure, étant venu se suttcr contre les dislocations du système Méridien, qu'il a même pénétré en plusieurs endroits. La carte géologique de l'État de New-York, publiée par ordre de la Législature de cet État, montre très-clairement les points de rencontre de ces deux systèmes.

La vallée du fleuve Hudson, depuis Saratoga jusqu’à West-Point, a été formée entièrement par le système des Green mountains, et elle est parallèle à cette direction. Les montagnes Vertes présentent sur plusieurs points du Vermont et plus spécialement à la rivière Chauditre. dans le Bas-Canada, des veines de quartz qui traversent des itacolumites et contenant de l'or natif en assez grande quantité.

Les montagnes Blanches de l'État de New-Hampshire doivent probablement une partie de leurs élévations à ce système. Mais l'insuffisance et la difficulté des observations dans ce pays de montawnes agrestes et sau-

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vages ne me permettent pas de risquer des suppositions sur l'âge ou les âges des chaines qui forment ce groupe des White mountains. |

Je considère comme appartenant au système des montagnes Vertes les brisements et élévations qui se trouvent dans la Nouvelle-Écosse, entre Mérigomish, Arisaig et le cap Saint-Georges.

VE. Système des monts Catskill.

La fin de la période dévonienne a été marquée par des brisements et élévations des assises de l’old red sandsione Sur presque touie la ligne méridionale de l'État de New-York. La disposition générale des assises, particulièrement près du village de Catskill, donne pour direction du soulèvement E. 15° S. à l'O. 15° N., direction qui coïncide avec les systèmes n° 3 et 6 que M. Hitchcock a indiqué dans la partie sud-est de l'État de Massachussetts. Ges systèmes de M. Hitchcock ont disioqué des assises qui, quoique très-altérées par le métamorphisme, peuvent cependant être reconnues comme de l’époque du dévonien; elles forment les contours du bassin anthraxifère du comté de Bristol. Dans le Nouveau-Brunswick, on observe sur le contour du terrain houiïller diverses lignes de dislocations dont la direction rentre dans celle des monts Gatskill.

M. J.-W. Dawson, le savant géologue de Pictou, vient dans un récent et très-remarquable livre, intitulé Acadian Geology, de rapporter à la fin de Ja période dévonienne : les monts Cobequids, les montagues du cap Porcupine, dane la nouvelle-Kcosse, et presque toutes les collines de la partie sud-est de l'ile du Capreton. Suivant cet habile observateur, la direction de cette ligne de dislocation serait O. 10° 8., ce qui diffé-

rerait de 25° avec la direction des monts Gatskill.

VIT. Système des Alleghanys et des monts Ozarks.

Les géographes et les géologues ont appelé Alleghanys ou chaîne des Appalaches toutes les montagnes qui s'étendent depuis Montgomery, dans l'État d’Alabama, jusqu'au cap Rozière et à Gaspé à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent. D’après la classification précédente, la presque totalité des montagnes qui se trouvent dans les États de Massachussets, Vermont, New-York et Maine, et dans le Haut et Bas-Canada, sont de beaucoup antérieures à l'apparition des Alleghanys; et de plus, j'ai distingué six systèmes de chaînes de montagnes d’âges et de directions différentes et n'ayant aucune connexion avec l’âge et la direction des Alleghanys. Ainsi je suis conduit par là à considérer, au point de vue géographique, les Alleghanys comme commençant entre Montgomery et Tuscalosa, dans l’Alabama, et s'étendant sans interruption jusque sur la rive gauche de la partie inférieure du fleuve Hudson, dans le comté de Putnam, État de New-York. Et au point de vue géologique, ce système de dislocations alleghaniennes se continue dans l’État de Connecticut jusqu’à l’est de New-Haven; il traverse l’État de Rhode-Island, qu'il forme presque en entier, puis il traverse la partie orientale du Massachussets, passant par la ville de Lowell et se terminant à Portsmouth, dans le New-Hampshire ; puis il reparaît au cap Sable, dans la Nouvelle-Écosse, et s'étend sans interruption jusqu'au cap Canso et à l'extrémité de l’île du Cap- Breton, et enfin il forme toutes les parties orientales et centrales de Terre-Neuve.

La direction générale du système des Alleghanys est du nord-est au sud-ouest. On remarque une déviation plus à l'est dans la partie de ces montagnes qui s’éten-

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dent des environs d'Harrisbur en Pensylvanie, jusqu'aux environs de la ville de v-York. Cette déviation provient de la rencontre s dislocations de ce système avec ceux du système Méridien de la Nouvelle- Angleterre, qui, en se croisant et pénétrant l’un l’autre, ont eu pour résultante une direction mixte faisant un angle de 8 ou 10 degrés plus à l’est, pour la région des Alleghanys qui se trouve entre les rivières Susquehannah et Hudson. L'influence de cette déviation s’est fait sentir beaucoup plus au sud-ouest, et je n’hésite pas à lui attribuer des failles considérables, que l’on rencontre en suivant les pieds des plus hautes chaînes des Alleghanys, dans les parties occidentales de la Pensylvanie, de la Virginie et du Tennessee, et qui présentent de temps à autre des courbes très-anguleuses en forme &e baïonnettes.

L'époque précise de la dislocation et du relèvement du système alleghanien est la fin du dépôt du groupe carbonifère où terrain houiller proprement dit. L'on doit presque entièrement à ce système l'élévation des États du milieu et de l’ouest de l'Union américaine.

Le groupe connu sous le nom de montagnes Ozarks appartient à ce système de dislocation des Alleghanys : il a eu lieu aussi à la fin du dépôt du terrain houiller, qu'il a reievé et disloqué dans la même direction nordest au sud-ouest. Seulement il y a une distinction géologique essentielle à établir sur ce que l’on a nommé les Ozark mountains. Les géographes . et plus spécialement le major Long, qui le premier à fait une exploration scientifique dans ces régions, ont compris sous cette dénomination d'Ozark toutes les montagnes qui se trouvent entre le Mississipi, le Kansas, les Prairies et

la rivière Rouge. Mais précédemment on a vu que j'ai rapporté au système des momagnes Laurentines plu-

sieurs massifs de montagnes granitiques qui se trouvent compris dans les limites que je viens d'indiquer et qui sont dirigés de l'E. 5° N. à l'O. 5° S. Les roches carbonifères reposent horizontalement aux pieds de ces massifs qu’elles environnent, et par conséquent les dislocations qu’elles ont subies dans ces régions sont de beaucoup postérieures à l'apparition de ces îlots de roches éruptives. D'ailleurs les directions des brisements et relèvements du terrain houiller sont tout à fait différentes, et elles coïncident avec celles du système des Alleghanys.

Les chaînes de montagnes formant le système Ozark proprement dit, en en excluant les massifs granitiques du fort Washita, de Little-Rock et de Potosi, sont composées de lignes parallèles courant du nord-est au sud-ouest, avec une légère Géviation vers le nord et ayant une largeur qui varie de 40 à 00 lieues. Ges chaînes partent des sources de la rivière Little-Sioux, dans le nord-ouest de l’État d’Iowa ; elles traversent le Missouri et la Platte, un peu au-dessus du point de jonction de ces deux rivières, et forment la limite entre la Prairie et les pays boisés. Dans l’Arkansas, on les voit très-développées dans le comté de Washington , près des villes d’Ozark, de Van Buren et de Shawnee ; le mont Delaware, près du fort Arbuckle, en fait aussi partie. Enfin ce système, qui est traversé par la rivière Rouge près de Preston, se poursuit dans la partie nord du Texas, où il forme des lignes de collines sur les rios Brazos, Trinity et Colorado.

Le groupe des monts Ozarks n'est percé nulle part par des roches éruptives. Il doit être considéré comme un second ploiement des monts Alleghanys, qui s’est ePectué parallèlement au premier et à une distance de oo lieues. L'élévation de ces montagnes n'est Jamais

bien considérable, elle varie entre 00 et 1.000 pieds au-dessus du niveau des plaines environnantes.

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