‹ Esquisse d'une histoire de la conquête et de l'administration romaines dans le nord de l'Afrique et particulièrement dans la province de NumidieChapitre 11 sur 156 · Reclus, Géographie, p · texte numérisé non relu

Reclus, Géographie, p

La première guerre punique vient de s'achever (241 av. J.-G.) : les Romains se sont établis en maîtres dans la plus grande partie de cette Sicile où Carthage a dominé pendant quatre siècles et qu'Hamilcar ne leur a abandonnée qu'en pleurant * ; et plus d'un regrette tout haut^ à l'heure même où ils prennent possession de l'île tant disputée, de ne pouvoir point encore changer la mer occidentale en un lac véritablement romain ^. Ce regret, c'est la conquête de l'Afrique qui commence.

L'insurrection éclate en Libye : mercenaires et sujets se soulèvent contre Carthage; la révolte court, comme une traînée de flammes, de garnison en garnison, de village en village, et, comme nous dirions aujourd'hui, de douar en douar : les femmes libyennes donnent leurs bijoux 3 pour la paye des insurgés. Les garnisons de Sardaigne ofirent l'île aux Romains (239), Rome l'accepte (238). Utique, insurgée, s'offre également. La tentation est grande : on refuse pourtant ; c'eût été s'engager trop loin au-delà des frontières italiennes, et dépasser l'horizon moins reculé à cette heure et les visées plus proches de la politique romaine *.

Mais l'attrait est toujours là présent; la Corse, comme la Sardaigne, a été occupée par Rome; et les galères romaines qui naviguent en paix dans ces parages et sillonnent librement ces eaux naguère carthaginoises, peuvent faire impunément la reconnaissance de ces côtes où bientôt Scipion vengera Régulus, de ces pro-

i. « Angebant ingentis spiritus virum Sicilia Sardiniaque amissae ; nam et Siciliam nimis céleri desperatione rerum concessam, et Sardiniam inter motum Africae fraude Romanorum... interceptam. » T. L., XXI, I.

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