CHAPITRE V
Réformes de Gallien et d'Aurélien. — Réorganisation de l'Afrique, après l'expédition de Maximien Hercule : 297. — Constantin. — ■ Les Vandales. — Restauration Byzantine.
PIISSIMOIMP M'COCCEIO ANNIVS'^-'MINVSVC.
MAXIMIANO ANICIOFAVS C • S • F- P- N- C '
INVICTOAVG TOFLAVIANO
ACSVPEROMNES PATRICIO
RETR 0 P R I N C I P E S CONSVLABI
FORTISSIMOPRIN OMNIVMVIR
CIPIS V O A V R E L I V S TVTVMVIRO- OIOGENESVP. P- p. N NVMIN lEIVSDI
catissimvs •
i ntempon ibvsco nstantiniimperatoris- fl* g r e g 0 r i o p at r i c i o ». loannesdvxdetiqisiofferetdomvmdei- • • '
extinctam qv epe rsolom onemglori03i38 etexcell. magistromilitvm-exconsvl. praepkctlibyakacpatriciovniverSammavrvsiamoentem» • (I. A. UO, 1852, 1318, 3089).
Les gouverneurs que nous allons rencontrer désormais dans la province de Numidie ne porteront plus, définitivement, que le titre de prseses, et ce titre aussi bien représentera exactement, dans le sens légal et officiel de ce mot, les pouvoirs amoindris et l'autorité restreinte dont ils seront maintenant investis. En effet, ils ne commanderont plus l'armée, ils ne seront plus que des administrateurs civils : ils n'ajouteront plus à leur titre de prseses la formule sénatoriale, vir clarissimus :
ils n'auront droit qu'à celle des simples chevaliers, vir perfectissimus. Tant il est vrai que, même dans ce domaine des vanités et des glorioles humaines, où les abus, les infractions mondaines, les empiétements des uns, les complaisances des autres se sont toujours glissés si aisément, les vieilles règles traditionnelles subsistaient et tenaient bon encore ; tant se perpétuaient, à travers les âges, les maximes et les pratiques de la hiérarchie primitive et de la disciphne nationale !
Nous avons indiqué comment le légat propréteur, chargé par l'empereur d'administrer et de commander la province de Numidie, en ajoutant, depuis l'époque de Septime Sévère, et même avant ce règne, à son titre de légat celui de praeses, signifiait ainsi qu'il réunissait en sa personne la double autorité civile et mihtaire. Du moment que nous ne trouvons plus sur les inscriptions que la simple mention de prseses provincise, accompagnée de la formule plus humble, sinon modeste, de l'ordre équestre, vir perfectissimus, c'est que nous n'avons plus là devant nous que des administrateurs civils. Le vir perfectissimus n'est qu'un chevalier : le gouverneur prœses vir perfectissimus n'a plus le commandement de l'armée.
Le plus ancien de ces gouverneurs nouveaux tirés de l'ordre équestre paraît être un certain M. Aurelius Decimus que mentionnent des inscriptions nombreuses. (L A. 103, sq.) C'est, par exemple, une offrande qu'il fait au Génie du camp de Lambèse, pour le salut des deux empereurs régnants; ou bien ce sont des ex-votos à Mercure ou à quelque autre divinité. Voici comment est mentionné son titre sur ces différents monuments :
M. AVRELIVS- DEGIMVS. V- P- P- P- N
Ces sigles, qui sont reproduits d'une façon identique dans toutes les inscriptions relatives à ce personnage.
doivent se lire , vir perfectissimus prseses provinciae Numidise *.
Une inscription de Verecunda, une aussi de Cirta nous donnent l'époque où vivait ce Marcus Decimus. Celle de Verecunda (LA. 1433) est un débris de la frise d'un temple élevé à l'empereur Garus, après sa mort (283) et pendant le court règne de son fils : c'est M. Decimus qui en fait la dédicace, qui l'inaugure.
« Pro sainte imperatorum felicissimorum dominorum nostrorum Garini et Numeriani Augustorum, Divi Gari, genitoris eorum, templum... respublica Verecundensium constituit, dedicante Marco Aurelio Decimo, viroperfeC' tissimo, preeside provincise Numidise ^. »
Le monument de Girta (LA. 1843) est élevé par le même Decimus à l'empereur Gésar Marcus Aurelius Karinus, que l'inscription décore de la pompeuse série de titres que portaient les empereurs romains : « Invicto, Pio, Felici , Auguste, Pontifici maximo, Germanico, Maxime, tribunicise potestatis, bis consuli, patri patrise, consuli, proconsuli. »
Ce monument est de l'année 284.
J'ai dit que le chevalier-praeses de la province de Numidie Y.P.P.P.N. (vir perfectissimus prseses provincise Numidise) n'était plus qu'un gouverneur civil, et n'avait plus d'attributions militaires. Nous avons de ce fait une preuve fort nette et fort intéressante dans une inscription de Lambèse, sorte de dédicace commémorative d'une restauration de l'aqueduc de la 3« légion, entreprise par les ordres de Dioctétien et de Maximien, et achevée par les soins à la fois d' Aurelius Maximianus, vir perfectis-