‹ Esquisse d'une morale sans obligation, ni sanction (volume 2)Chapitre 34 sur 120 · SANCTION MORALE ET JUSTICE DISTRIBUTIVE · texte numérisé non relu

SANCTION MORALE ET JUSTICE DISTRIBUTIVE

Déjà Bentham, Mill, MM. Maudsley, Fouillée, Lombroso se sont attaqués à l'idée de châtiment moral ; ils ont voulu enlever à la peine tout caractère expiatoire et en ont fait un simple moyen social de répression et de réparation; pour en venir là, ils se sont généralement appuyés sur les doctrines déterministes ou matérialistes, encore discutées aujourd'hui; aussi M. Janet, au nom du spiritualisme classique, a-t-il cru devoir maintenir malgré tout, dans son dernier ouvrage, le principe de l'expiation réparatrice des crimes librement commis. « Le châtiment, dit-il, ne doit pas être seulement une wiewace qui assure l'exécution de la loi, mais une réparation ou une expiation qui en corrige la violation. Vordre iTOuhlé par une volonté rebelle est rétabli par la souffrance qui est la conséquence de la faute commise^. » — « C'est surtout à la loi morale,

1. Par exemple M. Renouvier : « Il est permis de voir dans la rémunération future un prolongemeot naturel de la série des phénomènes qui, dès à présent, mettent Jes conditions fondamentales et même les conditions physiques du bonheur dans la dépendance de la moralité. » (Science de la morale, p. 290.)

2. M. Janet, Traité de philos», p, 707. «La première loi de Vordre, avait dit V. Cousin, est d'être fidèle à la vertu; si Ton y manquera seconde loi de l'ordre est d'expier sa faute par la punition... Dans l'intelligence, à l'idée d'injustice correspond celle de peine.» Deux

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