‹ Esquisse d'une morale sans obligation ni sanctionChapitre 23 sur 53 · L'ÉDUCATION MORALE · texte numérisé non relu

L'ÉDUCATION MORALE

à envahir la conscience, à s'y traduire sans cesse en sentiment et» produire une obsession durable;

«;<o Idée-force. Le sentiment moral, groupant autour de lui un nombre croissant de sentiments et d'idées, devient non seulement un centre d'émotion, mais un objet de conscience réfléchie. L'obligation naît alors : c'est une sorte d'obsession raisonnée, une obsession que la réflexion fortifie au lieudeladissoudre. Prendre la conscience de devoirs moraux, c'est prendre la conscience de pouvoirs intérieurs et supérieurs qui se développent en nous cl noua poussent à agir, d'idées qui tendent à se réaliser par leur force propre j de sentiments qui, par leur évolution même, tendent à se socialiser, à s'imprégner de toute la sensibilité présente dans l'humanité et dans l'univers.

« L'obligation morale, en un mot, est la double conscience : 1» de la puissance et de la fécondité d'idées-forces supérieures, se rapprochant par leur objet de Vuniversel ; 2° de la résistance des penchants contraires et égoïstes. La tendance de la vie au maximum d'intensité et d'expansion est la volonté élémentaire ; les phénomènes d'impulsion irrésistible, de simple obsession durable, enfin d'obligation morale, sont le résultat des conflits ou des harmonies de celle volonté élémentaire avec tous les autres penchants de l'âme humaine. La solution de ces conflits n'est autre chose que la recherche et la reconnaissance du penchant normal qui renferme en nous le plus d'auxiliaires, qui s'est associé au plus grand nombre de nos autres tendances durables, et qui nous enveloppe ainsi desliens les plus serrés. En d'autres termes, c'est la recherche du penchant le plus complexe et le ptlus persistant tout ensemble Or, ces caractères appartiennent au penchant vers l'universel. L'action morale est donc comme le son qui éveille en nous le plus d'harmoniques, les vibrations les plus durables en mè.oe temps que les plus riches. » Éducation et Hérédité, p. 65.

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