ILLUSION DU PLAISIR ÉGOÏSTE
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chose se passe dans notre cœur, où viennent s'imprimer, dès le sein maternel, toutes les joies et toutes les douleurs du genre humain : sur chacun de nous, quoi qu'il fasse, ce sceau doit rester. De même que le moi, en somme, est "^ pour la psychologie contemporaine une illusion, qu'il n'y a pas de personnalité séparée, que nous sommes composés d'une infinité d'êtres et de petites consciences ou états de conscience , ainsi le plaisir égoïste , pourrait-on dire , est une illusion : mon plaisir à moi n'existe pas sans le plaisir des autres , je sens que toute la société doit y collaborer plus ou moins , depuis la petite société qui m'entoure, ma famille, jusqu'à la grande société où je vis'.
En résumé, une science vraiment positive de la morale peut, dans une certaine mesure, parler d'obligation, et cela, d'une part sans faire intervenir aucune idée mystique, d'autre part sans invoquer avec M. Bain la « contrainte » extérieure et sociale ou la « crainte » intérieure. Non, il suffit de considérer les directions normales de la vie psychique. On trouvera toujours une sorte de pression interne exercée par l'activité elle-même dans ces directions ; l'agent moral, par une pente naturelle et rationnelle tout ensemble, se sentira poussé dans ce sens, et il reconnaîtra qu'il lui faut faire une sorte de coup d'état intérieur pour échapper à cette pression : c'est ce coup d'état qui s'appelle la faute ou le crime. En le commettant l'individu se fait tort à lui-même : il diminue et éteint volontairement quelque chose de sa vie physique ou mentale.