‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 126 sur 245 · LIVRE IIIe. — CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IIIe. — CHAPITRE IX

principe de la forme, elle produit l'étendue déterminée. Par son rapport avec l'amour, principe d'union , elle produit ce qu'on nomme les corps. Et comme, dans cet ordre d'êtres, nulle volonté libre, nulle spontanéité ne modifie ses lois, elles sont naturellement immuables , absolues , et représentées rigoureusement, ainsi qu'on l'a dit ailleurs, par les rapports entre les limites.

La quantité de la force s'apprécie ou se mesure par son expansion actuelle , comparée avec la résistance que lui oppose le principe d'union, et, cette résistance étant égale, par la vitesse plus ou moins grande avec laquelle elle l'a surmontée , ou par le rapport de son développement avec le temps.

Sa direction s'apprécie ou se mesure au moyen de la forme ou des figures et des dimensions. Cette direction varie par l'opposition d'autres forces, et alors la force elle-même se divise : de là les lois du choc des corps. En tous ces cas, comme en tous ceux qui sont l'objet de la dynamique, l'observation donne les phénomènes , la science les recueille et les résume en des formules qui sont l'expression des lois.

Si l'identité des fluides électrique , galvanique et magnétique étoit constatée, et déjà il ne reste presqu'aucun doute sur ce point , les lois de ces fluides seroient encore, selon nous, des lois de la force.

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mais relatives à un mode spécial sous lequel cette énergie primitive apparoît dans la Création.

Parmi les êtres d'un ordre supérieur, où un développement plus grand de l'intelligence et de l'amour, produit ce qu'on appelle sensibilité , appétence, instinct, nous prenons ces mots dans leur sens le plus étendu; les purs phénomènes de la force , compliqués de ces nouveaux éléments et modifiés par eux , sont dès-lors soumis à des lois différentes à plusieurs égards. L'amour ou le principe d'union, moins limité, lui oppose des résistances d'un genre spécial , et l'intelligence , lui imprimant des directions complexes infiniment variées, l'oblige à manifester la substance sous de nouvelles formes. Les lois de l'intelligence et de l'amour se combinant alors avec ses lois particulières dans un degré toujours croissant de prédominance, les phénomènes ne peuvent plus fournir l'expression rigoureuse des lois de la force, et la science est contrainte de se modifier comme eux. L'observation du monde inorganique lui révèle les lois de la force inanimée, de la force pure; l'observation du monde organique lui manifeste celles de la force à un autre état, de la force vivante et spontanée.

Dans les êtres doués d'une volonté libre , l'intelligence et l'amour plus développés encore , modifient davantage aussi les lois de la force , qui se

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