‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 169 sur 245 · LIVRE Ve, — CHAPITRE II. 2G · texte numérisé non relu

LIVRE Ve, — CHAPITRE II. 2G

nous permette ce mot, les contours rigoureusement arrêtés des phénomènes , sans nous rien apprendre sur leur nature intime , ni sur celle des causes qui concourent à leur production; parce que chaque nature , chaque cause , dans ce qui la constitue positivement , est inétendue, et que rien d'inétendu n'a d'expression proprement mathématique, l'étendue et la quantité s'impliquant mutuellement.

Le monde inorganique , intimement lié dans l'unité du tout aux mondes supérieurs , est aussi dèslors, à un degré et d'une manière quelconque, soumis aux lois qui les régissent ; et la prédominance de la force y rend encore cette dépendance nécessaire pour qu'il y ait ordre , puisque l'ordre dérive de l'intelligence qui coordonne , et de l'amour qui unit , et qu'ainsi l'amour et l'intelligence , destinés à régler la force, doivent prévaloir sur elle dans l'unité de l'univers. Les lois donc du monde organique , se combinant avec les lois du monde inorganique , les modifient et en dirigent les effets vers une certaine fin. Suivant un mode d'opération mystérieuse encore pour nous, elles disposent des éléments simplement figurés à concourir au développement de l'organisme, à s'identifier avec lui, à entrer dans son unité en participant à sa vie ; et le monde des intelligences libres se lie d'une manière semblable au monde organique.

268 lre PARTIE. — DE DIEU ET DE L'UNIVERS.

Mais cette liaison harmonique des trois mondes , cette action exercée par les êtres plus élevés sur les êtres inférieurs , dépendant de leurs lois propres , suppose l'emploi, premièrement, de la force spontanée , secondement, de la force libre et intelligente. D'où il suit qu'une volonté éclairée, connoissant les lois de l'ensemble des choses , c'est-à-dire les lois de l'unité , doit présider à la production des phénomènes généraux de l'univers. Et à l'homme aussi a été donné un commencement de puissance , un empire , borné sans doute , mais réel , sur la création inférieure à lui. Il dispose, dans une certaine mesure , des forces spontanées et des forces brutes , et domine, par la raison qui l'élève au-dessus d'eux, les êtres purement organiques. Le même empire plus étendu , la même puissance plus grande , dirigée par une intelligence plus parfaite, constitue l'influence et détermine les fonctions des êtres supérieurs à l'homme. Liés les uns aux autres hiérarchiquement, selon leur perfection respective, dans la vaste société des intelligences , chacun d'eux a ses lois particulières relatives à sa nature propre, lois également enchaînées entre elles , et qui forment la règle immuable et permanente de leur action. La raison éternelle, infinie, le Verbe, est la source de ces lois, et comme les êtres ne sont que la réalisation extérieure des idées (JiYÎnes, les Jpis des êtres ne son^

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