‹ Esquisse de Rome chretienne (volume 2)Chapitre 45 sur 70 · IN DEO · texte numérisé non relu

IN DEO

Dans les temps modernes, quelque variées que soient les formes parfois capricieuses de nos cachets, l'idée n'est guère venue de choisir un soulier. Elle aurait semblé peu élégante ou bizarre. Elle peut pourtant recevoir une signification trèsbelle. Pourquoi les premiers chrétiens l'ont -ils adoptée, si ce n'est pour marquer que l'homme est un voyageur en ce monde, voyageur à pied, exposé à la fatigue et à la poussière? La forme de soulier exprimait la marche, l'inscription montrait le but. C'est une assez bonne manière de sceller les tombes.

Mais que veut dire une épitaphe où nous lisons :

A Eupsik seconde, deux fois immortelle *.

On pourrait peut-être supposer qu'elle désigne, outre l'immortalité proprement dite, le souvenir impérissable que les parents de la défunte lui conservent. Cette manière de parler serait bien subtile pour le style lapidaire des premiers siècles. Il est bien plus vraisemblable que la première immortalité signifie celle de l'âme, et la seconde, celle qui est donnée au corps par la résurrection.

Le dogme de la résurrection des corps est expressément marqué dans cette autre inscription qui menace les profanateurs de la tombe :

Qu'il meure tristement privé de sépulture, qu'il soit gisant et ne ressuscite pas.

EÏWÏKI CEK0ÏAA.0Ï AICA 0ANATOS.

{E cœmet. Cyriac. Bol.iet, p. 382.)

qu'il ait sa part avec Judas,

celui qui oserait violer

ce sépulcre i.

On lit dans le dernier chapitre de VEcclésiaste : « L'homme ira dans la maison de son éternité^ . » Cette sentence semble avoir inspiré ces derniers mots d'une épitaphe :

Il a été enlevé pour la viaison éternelle 3.

L'inscription funèbre d'un enfant fait une g-racieuse allusion à cet enlèvement :

Il a été attiré par les anges le vu ''es ides de janvier ^.

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