SUR LES COMBINAISONS BU SILICIUM
par simple dîstUlation , ce liquide se décompose en donnant du cblorosulfur e Si S Cl' et en laissant un résidu, solide^ qui jouit des propriétés que M. Ber^élius assigne au suUîire de silicium, nous serons conduits encore à une autre manière d*^Ti« sager la constitution possible de cette substance : ne.sexait-elle pas un mélange de cblorosulfure et de sulfure de silicium tenu en dissolution dans la première de ces deux substances?
la formule cl Sî» S' CP = 3 Si S Cl* + Si S'
rendrait compte du genre de décomposition que la distillation fait éprouver à cette substance.
Mais, hjpotbèse pour hypothèse, on pourrait encore admettre que la substance qui contient de. 53 à 54 °/o de chlore , si on la suppose représentée par Si'S^ CV y est un mélange des deux composés
Si 8 Cl» et Si 8» Cl
en effet Si S Cl»-|-Si S^Cl =Si* S^ CH;
11 suffirait, pour expliquer le résultat final de la distillation , d'admettre que Si S^ CL se décompose en chlorosulfure et en sulfure , comme Tindiquerait la formule
2 Si S, Cl=;=Sii.S CU+Si S^.
Mais, comme jusqu'à présent, aucune analyse corff-^ plète ne permet de choisir entre ces différentes manières de voir , tcmt ce que nous pouvons conclure des quelques faits qui viennent d^^étre exposés, c^est que le chlorosulfure Si S Cl^ , soumis à Taction simultanée de la chaleur et du gaz sulfbydrique
4o6 BECBEKCHES
peut encore perdre du chlore et gagner du soufre, et que le produit qui résulte de celte réaction, soumis à la distillation , se décompose en chlorosulfure Si S Cl^ et en une matière solide , qui parait contenir du sulfure de silicium , et sur laquelle nous reviendrons dans un instant.
Peut-être qu'en variant les conditions de l'opération, et surtout , en opérant sur de très-grandes quantités de matière » il sera possible d'arriver à des résultats plus précis que ceux qu'il m'a été donné d'observer.
J'ai fait quelques tentatives pour résoudre » d'une manière détournée, cette importante question qae je n'avais pu résoudre directement.
Lorsqu'on traite par l'alcool absolu , ou par l'esprit de bois anhydre , la substance liquide que je vieas de considérer comme un mélange, la température s'élève beaucoup et la liqueur se trouble. Si , lorsque la réaction parait terminée , on ajoute de l'eau, il se sépare une matière éthérée que l'on peut obtenir parfaitement neutre.
Celle qu'on obtient avec l'esprit de bois est douée d'une insupportable odeur d'oignons très-tenace, et l'élévation de sa température d'ébullition , qui dépasse ioo<^ , ne permet pas de confondre cette substance avec le monosulfure de méthyle (élher sulfbjdrique de l'esprit de bois).
Cette matière éthérée, incolore, traitée pair l'acide azotique de concentration moyenne , donne lien à une réaction très- vive, accompagnée d'un violent dégagement de vapeurs rutilantes, et l'on trouve dans le résidu de l'acide sulfuriquo ; enfin, cette
SUR LES COMBINAISONS DU SlLIClUSf. .407
substance , dans son étal le plus parfail de neutralilé , après des lavages réitérés à Teau distillée, brunit Tazolate d'argent.
Le produit que j'ai obtenu avec Talcool avait Todeur du bisulfure d*étbyle , dont je possédais alors une petite quantité , qui a pu me servir de ternie de comparaison ; du reste, celte odeur est tellement forte qu'il est impossible , avec un peu d'habitude , de la confondre avec celle du monosulfure d'éthjle. Sa température d*ébullition , que je n'ai pu déterminer exactement , à cause de la petite quantité de matière que je possédais , surpassait de beaucoup celle de l'eau bouillante , et la distillation était accompagnée de vapeurs blanchâtres.
Cette substaqce éthérée se comportait , avec Tacide azotique et l'azote d'argent , comme celle qui s'était produite avec l'esprit de bois.
Du reste , la petite quantité que j'ai obtenue de chacun de ces produits , ce qu'il en a fallu sacrifier pour étudier les caractères généraux, ne m'a pas permis de les soumettre à une purification dont la vérification était nécessaire avant d'en faire une analyse en règle.
D*après l'ensemble de ces caractères^ on doit tout naturellement être porté à croire qu'il s'était produit dans ces réactions du bisulfure d*étbjle et du bisulfure de méthjle.
Pour se rendre exactement compte de la formation de ces substances , il faudrait connaître la nature de tous les produits qui prennent naissance en même temps qu'elles dans la réaction ; mais pour
4o8 RECHBECHES
y parvenir , il faudrait opérer sur uoe plus graode éebelle et je me suis vu à regret fprcé d'ajourner cet examen , faute de matière première.
EuHMi II Gerps $mt |M roi obiM cmm làMi k b «Mita
les KOMO cUironlfirès Intt.
J'ai dit j à plusieurs reprises , que lorsqu'on distille du chlorosulfure liquide brut , il y a, dans là cornue» un dépAt blanc grisâtre , qui ne parait pas sensiblement Yolalil à la température à laquelle distille le soufre dont il est ordinairepient souillé. Lorsque ce dépôt a été maintenu pendant quelque temps â une température de 280^ à 3oo* dans la cornue 9 il ne retient plus que des traces à peine sensibles de chlore, et l'on pourrait le confondre , au premier aspect , avec un mélange de soufre et de silice. Mais vient-on à le mettre en contact avec l'eau, il se produit à l'instant même une réaction des plus énergiques : la température s'élève considérablement, il se dégage de l'acide sulfhydrique en très-grande abondance « et Ton trouve pour résidu de Tacide sillcique et le soufre qui était piéalablement en mélange avec la matière.
Il se dépose souvent , surtout dans les opération» qui ont pour objet les prodoits les plus sulfurés, une matière solide dans l'allonge et dans le tube condenseur. Cette matière solide, blanc-grisâtre, fumant à l'air, donne, lorsqu'on la chauffe à i5o ou 200° , du chlorosulfure Si S Gl^ et perd sa propriété de fumer à l'air , en laissant pour résidu
SUE I4BI9 COMBIMAISONi DU SILICIUM* ^og
un corps solide , jouissant des mêmes propriétés que le précédent. Il est impossible de ne pas recon* nattre , daus le résidu fiïe , le sulfure de silicium , qui ^ à ma connaissance du moins^ n'avait encore été obtenu jusqu'à ce jour que par la combinaison directe de ses deux éléments.
Si l'oa chaque avec précaution , dans un courant d'A^çpte, ce mélange de soufre et de sulfure de silicium, op pçirvient â; obtienjt ce dernier presque chimiquement par*
Résumant donc, Texposé des faits contenus dans C9 travail 9 nous pouTon$ dire que :
1^, Par Tac^ioa de' Tacide sulffajdrique, a «ne température élevée, 091 peut enlever au chlorop» de silicium la tots^Uté de so^^ chlore, et la remplacée par une quantité équivs^lci^te de soufre , en passant par une série de composés intermédùaures, conlc9iaii| du silicium, du çhlorç et dM "soufr^.
2,^, L^ premier ^e ces o^nnposés intermédiaires Si Cl^ S^st facile à isoler ^ à cause de sa grande stabilités
3^. L'existence du copnposé Si Cl &* est rendue^ très-probable par certaines réactions que nousiaveas signalées entre TalcoQl qu Tespril de :bois et les produits chlorosulfurés intértiiédlaires.
Il ne sera peut;-étrç pat sans intérêt, en ter* minant, de réunir , daes.un tableaucomparatif^ les expressions par lesquelles seront représentés ces divers composés, dans chacune des trois manières d'envisager la constitution moléculaire du chlorure de silicium.
4lO SOm LBS COHBINAISOMS DU SlUCHnH.
Si=:266,8a Si= 177,88 81=88,94 Chlor desilic. . . Si CU . . Si CU . . Si Cl. Chlorosulfure . . . Si SCI*. . Si^S'Cl*. Sî^SCI- Chlorobisulfure . . SiS»C17 • S^S*C1»7 Si^SiCl? Sulfure SiS^ ... Si S» ... Si s"
Si la régularité et la simplicité méritent d'être prises en considération dans la question qui nous occupe , nul doute que nos préférences doirent être pour la première série, pour l'équivalent Si=266,8!i. Nous devons convenir , cependant , d'après les remarques judicieuses de M. Damas et de M. A. Laurent, qu'en admettant Texistence de plusieurs modifications de l'acide silicique , modifications auxquelles correspondent des capacités de saturation différentes , on aplanirait peut-être les difficultés qui peuvent s'élever contre l'opinion des chimistes qui admettent pour l'acide silicique Si O.
J'ai déjà rassemblé quelques faits qui paraissent militer en faveur de l'existence de ces modifications de Facide silicique ; mais ces faits sont encore trop peu nombreux, et quelques-unes des expériences demandent à être répétées et variées plos que je n'ai pu le faire jusqu'à ce jour.
J'espère y revenir bientôt, dans une nouvelle série de recherches , dont j'aurai l'honneur de présenter les résultats à l'Académie.