Esquisse générale de la province de Québec [microforme]
: La province de Québec fut le berceau de la colonisation française en. à Amérique. Après la découverte du Canada par Jacques-Cartier, en 1534, ét | les tentatives infructueuses de Roberval et du marquis de la Roche pour créer des établissements en Amérique, les Français fondèrent la colonie.de Port-Royal qui, pour différentes raisons, ne prit que peu de développement. h Champlain, employé d’abord par de Monts à Port-Royal, abandonna cette fl entreprise pour consacrer son énergie à l'établissement de Québec, centre du ‘al grand mouvement colonisateur dont est sortie la Nouvelle-France. A la fix à du XVIIe siècle, les possessions françaises en Amérique s’étendaient jusqu’au à golfe du Mexique et embrassaient la partie la plus belle comme la plus riche du nouveau continent, c’est-à-dire tout le Canada et plus des deux tiers du 1 territoire actuel des Etats-Unis. +.
La colonie fondée par Champlain en 1608 a passé par bien des vicissi- À tudes. Exploitée par des monopoleurs et décimée par des guerres presque continuelles contre les Sauvages ou les colonies de la Nouvelle-Angleterre, sa fl population a dû faire preuve d’une énergie et d’une vaillance particulières || pour maintenir jusqu’en 1759 l'honneur du drapeau français en Amérique, … à
Système administratif oi * LA Fe] } Jusqu'en 1663, la Nouvelle-France fut sous le contrôle à peu près exclusif. fe des compagnies de commerce, auxquelles le roi la donnait en exploitation. 8 ke gouverneur s’occupait avant tout des choses militaires, de sorte que l’admf: || nistration des affaires intérieures sé faisait en grande partie par des officiers !| nommés par les compagnies, et, à compter: de 1647, , ar un conseil où les || habitants du pays avaient un certain nombre de représentants. En 1663,° | Louis XIV reprit le contrôle des affaires et du gouvernement de la colonie, | qu'il dota d’une constitution. Le conseil souverain fut chargé de l'adminis- # tration de la justice en dernier ressort, et peu après la prévôté de Québec et les juridictions royales de Trois-Rivières et de Montréal, en sus des justices | seigneuriales, complétaient l’organisation judiciaire, Le gouverneur représen
ne Lan tait l'autorité royale et s'dccupait. surtout de la défense du pays; la gestion des affaires financières 'ressortait À l'intendant, qui avait aussi des attributions Judiciaires assez considérables.
Lai féodalité et lu colonisation
Le régime féodal, introduit dans la colonie presque à son origine, fut un des plus efficaces moyens de colohisation de la Nouvelle-France, Pour enco&-
. Tâger les colons, ou les officiers militaires qui. se distinguaient par leur dévoue-
«ment à l'avancement du Pays et au service du roi, on leur concédait en fiefs Où en seigneuries dès. étendues de terres cultivables, à condition d'y établir Un'certain nombre de colons, faute de quoi ces concessions devenaient caduqués, Cette restriction contribia beaucoup à l'avancement de la colonisation. Pour conserver leurs concessions, les seigneurs se firent agents de colonisation, amenèrent des colons de France, quand ils n’en trouvaient pas dans le Pays, enfin prirent tous les moyens possibles pour maintenir les établissem. nts formés sur leurs terres.
à Le clergé'ét l'instruction publique
On sait le rôle glorieux que le clergé a rempli das l'établissement de la Nouvelle-France. Pendant que nos missionnaires civilisaient les indigènes, . les“ transformaient en amis et en alliés des Français, puis découvraient une grande partie des territoires qu'ils mettaient ainsi sous la domination du roi, le clergé séculier donnait ses Soins aux colons et formait cette organisation ‘Paroïssiale, qui fut notre force etnotre sauvegarde sous le régime britannique. C’est aussi au clergé que nous dévons: les maisons d'instruction classique et élémentaire que nous possédionsfors de la cession du pays à l'Angleterre : ce fut dans ces maisons, maintenues" par. lé clergé, .que se formèrent les grands Patriotes qui nous défendirent aux jours sombres de notre histoire et finirent par obtenir le gouvernement responsable, dont nous jouissons depuis un demi-siècle, *
La Nouvelle-France, en dépit des luttes presque continuelles qu'elle eut à soutenir contre lés colonies de la Nouvelle-Angleterre, les Sauvages et les monopoles, dans la première période de son histoire, avait réussi À se consti-. tuer en‘pays régulièrement Organisé, au point de vue religieux et civil, lorsque éclata la guerre qui se termina par la défaite des plaines d'Abraham, en 750, et ultérieurement par le traité de 1763, qui essura à l’Angleterré la possession dé tous les territoires français en Amérique, La population française était alors d'environ 70,000 âmes; mais elle fut abandonnée par la plus grande partie des nobles et des seigneuts, qui passèrent en France pour ne pas subir Ja domination anglaise, de sorte qu'il ne resta À cetté population que le clergé Pour guide et défenseur, mor
Domination anglaise
Malgré la foi des traités qui garantissaient aux Canadiers-français le. maintien de leur religion et de leurs lois civiles, la conduite des autorités
rest'on utions
ut un ncoûvoue:
: fiefs tablir cadution.
)nisans le 1ents
Souvérnément. Cette union causa des craintes bien fondées, qui furent aug-
— b — . d : # causa dans le: premiers temps de la domination anglaise ‘beaucoup de malaise, par suite des efforts que faisait un certain nombre de fanatiques pour anéantir tout ce qui étaient français et catholique, Le régime mibtaire fut continué jusqu’en 1774 ; mais à cette époque, on rassura les Canadiens en leur accordant une forme de gouvernement plus équitable, pour les détourner du mouvement de rébellion qui se faisait dans les colonies de la Nouvelle. Angleterre. Cette mesure eut l'effet désiré : en 1775, les Franco-canadiens prirent les armes pour repousser l'invasion américaine et défendre le’ drapeau anglais contre les attaques des oolons anglais, «
Luttes politiques
L'acte de 1774 fut remplacé par la Constitution de r79r, qui divisait le. Canada en deux provinces et âccordait à chacune une assemblée législative, composée de représentants élus par le peuple. Malheureusement, ce système gouvernemental ne comportait pas la responsabilité ministérielle, et la confiance qu’il inspira d’abord fit bientôt place au mécontentement: et à 14 défiance, occasionnés par la conduite arbitraire de quelques-uns des gouverneurs de la colanie, Après avoir donné une nouvelle preuve de leur loyauté par la part qu'ils prirent à la guerre de 1812, dans laquelle de Salaberry illustra notre race À la fameuse bataille de Chateauguay, les Canadiensfrançais protestèrent contre ies méfaits de l'administration et réclamèrent le: contrôle des deniers publics, mal administrés où pillés par les favoris de l’Angleterre, afin de contrecarrer l'influence néfaste des bureaucrates : c'était demander tout simplement la responsabilité ministérielle, telle qu’elle existait alors et qu’elle a toujours existé depuis en Angleterre. Les Caradiens furent dirigés dans cette lutte par Bédard, Blanchet, Parent, Papineau, Morin, Duvernay et toute cette pléiade de patriotes illustres, qui ont pu commettre des fautes, tomber dans certains excès, mais qui n’en ont pas moins l'honneur d’avoir introduit en Amérique, dans toute sa plénitude, le gouvernement tesponsable, Ke
Après les tristes événements de 1837 et 1838, durant lesquels les patriotes versèrent leur sang pour. la conquête des libertés qu'ils réclamaient, la constitution de 179r fut remplacée temporairement par la loi martiale—qui constitue une des plus sombres périodes de notre histoire—et définitivement par la constitution de 184r, accordant au Canada le gouvernement responsable, réclamé depuis si longtemps. Pour neutraliser l'influence des Canadiensfrançais, la constitution de 184r réunissait les deux provinces sous un seul
mentées par les efforts des bureaucrates, malheureusement secondés par Lord Metcalfe, pour atténuer les privilèges garantis par la nouvelle constitution ; mais Lafontaine, le chef des Canadiens-français, trouva moyen de triompher de tous ces obstacles, d’opposer une résistance victorieuse aux menées du lamnily Compact et de iirer de la constitution tous les avantages possibles, même ceux que ses auteurs n'avaient point prévus.
Encouragés par ces succès, quelques-uns de nos représentants dépassès rent les limites de la prudence, et, Pour mieux assurer l'influence du Bas- Canada—aujourd'hui la province de Québec—dans l’auministration. du pays,
Les mn ete | demandèrent que la représentation du peuple:à l'assemblée législative fût basée sur le nombre de la population. Une‘propositiôn dans ce sens fut
|. soumise à l'assemblée législative par M. P.-J.-O. Chauveau, député du comté
de Québec, et. combattue par Lafontaine, qui, prévoyant que la population . du Éfaut-Canada—-aujourd’hui Ontario—augmenterait plus vite que celle de nôtre province, ne voulut pas accepter ce mode de représentation, qui ne | pouvait tourner, en définitive, qu’à notre détriment Le système du gouvernement responsable fut définitivement consacré par la sage politique de lord Elgin, le, plus illustre des gouverneurs anglais que nous avons eus avant la confédération. Ce gouverneur 8€ guida exclusivement sur l'avis de ses ministres et ne dévia jamais de cette règle, même en | face de la révolte des torys, en 1849, qui attentèrent à sa vie et incendièrent
: Yhôtel du parlement, parce qu'il avait sanctionné un bill accordant une indem-
nité aux victimes de 1837, dans le Bas-Canada.
LA
Mouvement annextonn tste
(t Ce fut.la dernière tentative-du Famudy Compact pour anéantir l'influence | dés Canadiens-français. Voyant qu'ils n'avaient. pas réussi dans leur insurrection’ et que leur conduite avait été condamnée par les autorités impériales, ils *. organisèrent le mouven:ent annexionniste de 1849, auquel donnait une certaine actualité la crise commerciale que subissait alors le pays, par suite de Vétablissement du libre-échange en Angleterre, puis, de guerre lasse, finirent par s’allier en 1854 à quelques-uns des chefs libéraux qui succédaient à Lafontaine.
Ere de progrès Pour arrêter les conséquences du changement opéré par l'Angleterre dans sa politique fiscale et de la crise que ces changements avaient occasionnée au Canada, les ministères de coalition qui succédèrent à celui de Lafontaine inaugurèrent une ère d'améliorations publiques qui introduisirent des capitaux
considérables dans le pays et donnèrent une grande activité aux affaires comr-
. merciales. Cette activité fut . considérablement augmentée par le traité de réciprocité, qui ouvrit à tous nos produits naturels le marché si avantageux des Etats-Unis. Enfin l'abolition de la tenure seigneuriale coûronna ces réformes économiques, qui imprimèrent une impulsion extraordinaire au progrès matériel du pays. | est encore aux gouvernements libéraux et de coalition, qui se sont suc- . cédés de 1841 À 1867, que nous sommes redevables de l’organisation municipale et scolaire actuellement en existence dans notre province, de nos codes, civil et de procédure civile, de la décentralisation judiciaire ainsi que des | premières mesures sérieuses adoptées pour stimuler la colonisation. Lors de la coalition de 1854, une fraction du parti réformiste du Haut- Canada se sépara de M. Hincks et prit pour programme la revendicauion des droits de la province supérieure contre les nréten Canada. Posée sur un terrain aussi brûlant, la polit vives et divisa les deux partis presque également.
ne +rde
ique prit des aliures tres Reprenant avec ardeur la
dus empiètements du Bas-
prop de le à leu pour
ment tée c cons de & d’un dons polit et d défe dans légis]
1ps0 |
nion dans les à:
temp l’éne
tude 45 C
sa ba rieur ligne du la limite ou de mesu SOIxA ou pl
quan comr
LA
leurs,
Œ Om ER T7