SOL
Au point de vue de la qualité du sol, notre province peut être divisée en trois régions distinctes : l:: région ‘des Laurentides, la région des Cantons de l'Est et la vallée:du Saint-Laurent proprement dite, que nos géologues ont appelée région de ia Champagne.
Les couches dures des Laurentides sont coupées par de nombreuses bandes de calcaire cristallin qui, par leur peu de dureté et leur décomposition, ont donné naissance à un grand nombre de vallées d’un sol fertile. Les versants des collines sont couverts d'une couche de terre végétale supportant une végétation apparemment abondante ; mais ce sol est en partie détruit par le feu, dans les défrichements, ce qui laisse le roc À nu. Dans les vallées des rivières ct les parties basses de ce grand plateau, il y a cependant des étendues considérables de bons terrains, composés d’un sol profond et recouverts de riches forêts. C’est là que se trouve la plus grande partie de notre domaine forestier, notamment ces superbes forêts de pins et d’épinettes qui alimentent le commerce d'exportation et fournissent à la province sa principale source de revenu, après le subside fédéral,
Les terrains des Cantons de l'Est comprennent toute la région montueuse qui s'étend de la frontière du Vermont à l'extrémité est de la province. Ces terrains, comme ceux des Laurentides, sont formés par des roches cris-
tallines, mais plus molles et produisant par leur décomposition un sol beaucoup plus abondant—terre jaune un peu sablonneuse; des mieux appropriées au pêturage ainsi qu’à la culture du blé-d’Inde et des autres céréales. Dans la Gaspésie, les formations calcaires et dévoniennes, qui ont une très grande étendue, ont donné naissance à' des terrains agricoles d’une grande richesse. Les forêts de cette région renferment beaucoup de bois franc, qui fait presque défaut dans beaucoup de parties des Laurentides.
La grande plaine du Saint-Laurent repose sur des couches de roches siluriennes et dévoniennes, non altérées, composées de grès, de calcaires et de schistes. Ces couches sont planes, recouvertes par des lits de glaise, parfois interstraufiées de sable et de gravier. Ces strates superficielles, qui atteignent souvent une épaisseur de plusieurs centaines de pieds, sont en grande partie d'origine marine et datent de l’époque où toute cette région était submergée par l'océan.
Elles se composent de glaises fortes et comhactes qui, dans des terrains nouvellement défrichés, sont recouvertes en beaucoup d’endroits d’une épaisse couche de terreaü végétal. Les parties avoisinani la région des Cau.ons de l'Est, et principalement celle des Laurentide * recouvertes de dépôts sablonneux, principalement aux environs de 1 t de Trois-Rivières ; mais la partie centrale, qui forme de beaucoup la. :ande étendue, se compose d’une glaise bleue, tenace, plus où moins calcaire, d’une grande épaisseur, constituant un sol riche, produisant en abondauce des récoltes de toutes sortes, particulièrement adapté à la culture du blé, Ces bonnes terres, dont à fertilité est proverbialé, ont été épuisées par un excès de culture &: :: aire aux principes élémentaires de l’art agricole ; on les a constamment ensemen. cées, sans recourir à la jachère, à la rotation des récoltes, aux labours profonds
ns chaman
et aux' engrais, pour refaire leur fertilité ; mais avec une culture inte'ligente, de l’engrais' et du repos, elles reprennent bien vite leurs qualités naturelles, ainsi que le prouvent les améliorations qui se voient depuis un certain nombre d’années, principalement aux environs de Montréal et de Saint- Hyacinthe.
L'immense région du lac Saint- -Jean possède dans sa plus grande partie un sol absolument semblable —- et aussi riche—à celui de la valiée du Saint- Laurent, composé de glaise et également propre à la culture du blé,