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il n’y a pas eu introduction de matières étrangères, mais qu’au contraire tous les minéraux
qui se trouvent dans ces roches cristallines dont
on vient de parler, ont été produits par les réactions et combinaisons chimiques des matières déjà existant en état de mélange dans les sédiments. Les schistes du terrain non métamorphisé fournissent par l'analyse quatre ou cinq centièmes d’alcali, qui suffit pour constituer les feldspaths et les micas que contiennent les schistes cristallins ; les dolomies et les magnésites contiennent toujours beaucoup de silice et bien souvent une portion d'oxyde de chrome, qui, sous la forme de fer chromé, caractérise les serpentines de cette région. L'origine sédimentaire de ces serpentines est bien évidente, et il paraît très-probable qu’elles ont pris naissance par suite d’une réaction entre la silice et le carbonate de magnésie, en présence de l’eau, et aidée par une température plus ou moins élevée. Bischoff a fait voir que la silice, même dans sa modification insoluble, décompose ainsi les carbonates de chaux, de magnésie et de fer, même à une température de 100° centigrades. Une telle réaction avec des magnésites très-siliceuses fournirait un
silicate hydraté de magnésie qui ne serait autre chose que la serpentine, et avec des dolomies il résulterait des amphiboles ou des diallages. Des magnésites moins siliceuses donneraient des talcs et des stéatites, tandis que des dolomies mélangées de trop peu de silice pour former des amphiboles, produiraient des mélanges si communs de serpentine avec calcaire,
Parmi les schistes onctueux à éclat nacré, il y en a beaucoup qui ne sont pas magnésiens, mais qui doivent leurs caractères lithologiques à un minéral micacé qui, en certains cas au moins, est un silicate hydraté d’alumine identique avec le pholerite de Guillemin. Il est à remarquer que la plupart des espèces’ de ces roches métamorphiques sont des minéraux hydratés, tels que la serpentine, le talc, la chlorite et la phalérite ; le diallage est aussi hydraté. Parmi les silicates anhydres, il faut signaler le pyroxène, l’orthose, l’épidote, et, plus rarement, le grenat, le sphène et la tourmaline.
Il est facile de voir, à mesure qu’on se rapproche de la limite nord-ouest de la région métamorphique, la transition graduelle par laquelle les schistes perdent leur aspect chloritique ou
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Dans le comté de Gaspé, les calcaires du système silurien supérieur qui n’ont subi aucune transformation minéralogique, reposent sur les couches métamorphisées du silurien inférieur, et renferment même des fragments de ces dernières couches; mais vers le sud-ouest les fossiles contenus dans ces calcaires fournissent, par leur
altération, la preuve d’un commencement de métamorphisme, et, dans les vallées de la rivière Saint-François et du lac Memphramagog, les calcaires deviennent cristallins et micacés, quoique les fossiles de: étages siluriens supérieur et devonien peuvent être encore reconnus sur l’extérieur des couches, et dans des sections minces du calcaire. Vers le sud-est, ces calcaires cristallins sont recouverts par des schistes micacés et plus ou moins calcaires, associés avec des schistes macliferes, des quartzites, et des roches hornblendiques renfermant des grenats, le tout provenant du métamorphisme du terrain palæozoïque, et pénétrés par des granites dg l'époque devonienne. Les faits que nous avons cités font voir que l’action métamorphique dans cette région, ainsi que les forces qui ont causé les ondulations, ont été prolongées jusqu’à la fin de la période palæozoïque.
Les roches cristallines que nous venons de décrire contiennent beaucoup de veines métallifères qui traversent les deux étages du terrain silurien ; et celles-ci, avec les matières minérales des couches métamorphiques, rendent cette région très-intéressante au point de vue métallur-
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gique. Une série des schistes très-ferrugineux du groupe de la rivière Hudson donnent lieu, dans les cantons de Bolton et Brôme, à des couches de minerai de fer, dans lesquelles le métal, sous les formes de fer oxidulé et oligiste, est disséminé en cristaux, ou plus souvent en petits grains et paillettes, dans un schiste chloritique associé avec de la dolomie. Ces couches ont une épaisseur de deux à cinq mètres, et fourniront de 20 à 50 p. 100 de fer métallique. Les minerais contiennent souvent de l’acide titanique, mais en quantité ordinairement très-petite. Le titane se présente aussi sous la forme de sphène cristallisé dans une veine traversant une des couches du fer oxydulé; et dans une autre localité sous forme de cristaux de rutile avec le fer oligiste. L'analyse chimique accuse déjà la présence de titane dans les schistes ferrugineux du terrain non métamorphisé. Ces minerais sont très-abondants, mais à cause des mélanges de chlorite et de titane, ils ne peuvent pas être comparés avec les gisements des mêmes espèces dans le système laurentien. Des fers oligistes et oxydulés se rencontrent aussi en plusieurs autres localités dans cette formation.
Un gisement remarquable de fer oxydulé et de 4 fer titané se trouve à Vaudreuil, dans la Beauce, ! où les deux espèces, en mélange intime, forment une couche ayant une largeur de quinze mètres dans la serpentine. Le minerai est granulaire, et après avoir été pulvérisé il se laisse séparer par l’aimant en deux portions; la partie magnétique, qui forme à peu près les deux-tiers de la masse, est un fer oxydulé pur, tandis que la partie non magnétique est de l’ilmenite, donnant 48,6 p. 100 d'acide titanique.
Les serpentines de cette région offrent, en plusieurs localités, des grains disséminés de fer chromé, dont une couche de trente centimètres a été trouvée dans le canton de Bolton, et une autre de trente-cin centimètres dans Ham. Ges minerais contiennent de A6 à 50 p. 100 d'oxyde de chrome. Le fer chromé se trouve aussi disséminé dans les dolomies et les magnésites.
Les minerais de cuivre de ce terrain métamorphique se trouvent en veines qui sont généralement concordant avec la stratification, et sont associés avec les dolomies de la formation de Québec. Dans Upton, il y a une veine de trente centimètres de pyrite cuivreuse argentifère, dans une
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(4 dolomie ferrugineuse contient du cuivre sulfuré
et du fer oligiste avec un peu d’or natif. De petites quantités de minerais de cuivre se rencontrent dans plusieurs autres localités : elles sont souvent disséminées dans les couches de dolomie, avec de la blende et de la galène,
Les seigneuries de Vaudreuil et de Saint- Georges, dans la vallée de la Chaudière, offrent des veines de quartz qui traversent des schistes appartenant à la base des calcaires siluriens supérieurs, et contiennent de l'or natif en petite quantité, avec de la galène, de la blende, du fer arsenical, et des pyrites cubiques et magnétiques. La blende et la pyrite sont toutes deux aurifères, et la galène d’une localité aujourd’hui
| exploitée, contient un millième d’argent. Les dé-
bris de ces schistes et de ceux de la formation de Québec, ont fourni les sables aurifères qui recouvrent la pente sud-est de la chaîne métamor-
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phique sur une grande étendue. L'or, dont M. Logan a déjà constaté l’existence dans l’alluvion sur une superficie de plus de mille lieues, est associé avec du fer oxydulé, titané et chromé, du rutile, du zircon, de petites quantités de platine natif, et d’iridosimiun. L'or, qui se trouve quelquefois en fragments pesant deux cents grammes, mais plus souvent en forme de poudre, contient de onze à treize centièmes d'argent. Nous ne sommes pas en état de dire la proportion d’or contenue dans ces sables, mais des expériences sur une grande échelle font voir que les exploitations ne peuvent se faire avec profit dans les conditions actuelles du prix de la main-d'œuvre,
Le cobalt et le nickel n’ont été trouvés qu’en traces dans ces roches ; un oxyde de nickel arséniaté existe en petite quantité à Bolton, et les oxydes des deux métaux sont associés avec le fer chromé de Ham.
Parmi les matériaux économiques de cette région , il ne faut pas omettre les ardoises tégulaires. Il n’y a que cinq ans que la commission géologique a signalé leur existence, et déjà on exploite de grandes carrières qui fourniront en abondance des ardoises d’une qualité supérieure.
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cs OÙ Les carrières de Melbourne, Richmond et Kingsey, appartiennent au groupe de la rivière Hudson, mais celles de Westbury et de Rivière-du- Loup se trouvent vers la base du silurien supérieur. Ces schistes ont un clivage qui est indépendant de la stratification , et présentent des surfaces luisantes ; des schistes siliceux, servant de pierre à aiguiser, sont communs en beaucoup d’endroits dans ces mêmes formations.
La stéatite, qui accompagne presque toujours les serpentines du bas Canada, est abondante dans Bolton, Potton, Vaudreuil et plusieurs autres localités. Elle forme des couches intercalées, pour la plupart, avec des schistes argileux ou amphiboliques, et peut être obtenue en grandes masses. Une chlorite compacte, ou pierre oilaire, est aussi très-abondante dans quelques parties de la même formation, et peut être facilement sciée en gros blocs. Les serpentines, dans toute l'étendue de leur gisement, fournissent de très-beaux marbres vert de mer, souvent ressemblant au vert antique. Les serpentines vertes de différentes nuances sont mêlées avec des calcaires blancs et grisâtres, donnant ainsi plusieurs variétés dont les plus belles
proviennent de Brompton et d'Oxford. Près de Philipsburg les calcaires de Trenton sont métamorphisés en un beau marbre blanc; dans leur prolongation au sud, ces calcaires deviennent plus cristallins, et forment les marbres blancs de Vermont, qui sont très-célèbres. Les calcaires du silurien supérieur de Dudswell sont grisâtres et jaunâtres, avec des veines et taches de noir; ils offrent encore, sur des surfaces polies, des traces de fossiles, et forment souvent des marbres d’une grande beauté,
Les dolomies et les carbonates de magnésie de cette région fournissent en abondance des matériaux pour la fabrication des sels de magnésie. Un dépôt de magnésite à Bolton a une largeur
de plus de cent mètres; le minéral est cristallin et coloré en vert par un oxyde de chrome; une autre couche a été trouvée à Sutton, L'analyse des deux a donné:
Sutton. Bolton.
Carbonate de magnésie. 83,35 60,13 — magnésie. . . 28,62 Carbonate de fer . . ., 9,02 8,32 — oxyde defer.. 5,13 Silice, insoluble. . ... 8,03 32,20
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La partie insoluble de la magnésite est un sable siliceux presque pur. il est digne de remarque que la roche de Bolton contient de la silice et de la magnésie dans les proportions suffisantes pour former une serpentine.
Les granites du terrain devonien ont un grain très-fin, une couleur grisâtre, et fendant avec facilité, donnent une belle pierre de construction ; le granite de ©tanstead est le mieux connu. Vaudreuil fournit une belle variété d’an bleu grisâtre qui est employée par les habitants pour la construction des pierres à meules.
A l’est du grand axe anticlinal qui divise en deux parties les formations palæozoïques du bas Canada , se trouvent les montagnes de Brôme, de Shefford et d’Yamaska, qui sont formées de orandes masses de roches d’épanchement. Ces roches se composent d’une variété de diorite à gros grains, ayant souvent l'aspect d’un granite, et contenant pour la plupart un feldspath blanc avec de l’augite et un peu de mica. Les montagnes de Monnoir, Belœil, Montarville, Montréal et Rigaud, à l’ouest du même axe, sont aussi formées de roches d’épanchement. Belæil, qui est la plus élevée, a une hauteur de quatre cents