ÉTUDES GÉOLOGIQUES
On peut dire que l'étude géologique du Canada a commencé en 1843 avec l'organisation de la Commission géologique du Canada sous Sir William Logan. Les travaux classiques de Logan et de son petit cercle de collaborateurs, Murray, Hunt, Billings, etc., ont été rassemblés dans la Géologie du Canada, publiée en 1863, qui traite de la partie sud des provinces d'Ontario et de Québec. Depuis, la Commission géologique a élargi graduellement son champ d'action qui s'étend à présent sur la moitié septentrionale du continent Nord Américain. Bien de ses travaux ne furent que des explorations. La nécessité de couvrir de grands espaces avec de faibles forces a empêché la concentration des efforts et pour aucun district on ne peut dire que les problêmes géologiques ont été complètement résolus. Les difficultés naturelles des voyages dans les pays du nord rendent très pénibles les travaux même de simple reconnaissance et une grande partie du Canada reste pratiquement inexploré. Néanmoins, ces travaux suffisent pour faire connaître les traits géologiques principaux du pays, pour indiquer grossièrement les régions minéralisées, pour prévoir le caractère des ressources minérales dans les différentes provinces géologiques et pour montrer que le Canada est destiné à devenir un des grands pays miniers du monde.
Le lecteur trouvera représentée dans la carte géologique et dans la carte des ressources minérales du Canada, la répartition des roches dominantes de la contrée et les gisements importants.
On remarquera que, dans la carte des ressources minérales, la plus grande partie du Canada n'est pas explorée. Bien plus, les parties du pays qui figurent comme étant explorées ne doivent être considérées que comme partiellement connues au point de vue des ressources minérales. Un exemple nous en est fourni par le fait suivant: la ligne délimitant les territoires prospectés eût été placée il y a 6 ans bien au-delà du nord du lac Timiskaming et cependant dans ces territoires à quelques milles d'un gîte de plomb argentifère connu depuis un siècle et demi, se cachaient, inconnues encore, les veines d'argent de Cobalt. Ce fut en exécutant les tranchées d'un chemin de fer qu'on les a mises récemment au jour.
On peut voir ainsi que l'étendue des territoires qui attendent encore le prospecteur est prodigieuse, la plus grande, en fait, qui reste dans le monde.
Si l'industrie minière n'est encore qu'à ses débuts, la raison doit en être cherchée dans la richesse du Canada en terres agricoles. Les premiers colons, obliges de subvenir à leur nourriture, furent forcément des agriculteurs. La population augmentant, les terres fertiles étant en abondance, la charrue ouvrait sans cesse des terres nouvelles; le Canada devint naturellement un pays agricole et ce furent les pays de culture qu'on rechercha surtout et que les compagnies de chemin de fer développèrent. Le manque de transport dans les régions minéralisées contribua à cet état de choses aussi bien que la trop grande étendue du pays par rapport à sa population.
En 1886, la production minière du Canada n'atteignait pas $10,250,000 soit seulement $2.23 par tête. En 1908, elle dépassait $87,000,000 soit $12.57 par tête.
Quoique les mines soient encore dans l'enfance, elles forment cependant une des grandes industries du pays; leur production est maintenant plus grande que la production combinée des forêts et de la pêche maritime, et se range immédiatement après la production agricole.
La valeur totale des minerais extraits durant les dernières 23 années se monte à $926,516,579. L'or y figure pour $267,- 700,000.
Quoique nouveau venu le Canada fait déjà bonne figure parmi les contrées minières. D'après les statistiques de la production mondiale en 1907, le Canada se tient au premier rang pour l'amiante et le nickel, troisième pour le minerai de chrome, quatrième pour l'argent, septième pour le cuivre, huitième pour l'or, et dixième pour le charbon.
Les tableaux de la production annuelle préparés par Mr. J. McLeish, de la division des mines, montrent la valeur de notre production et l'importance relative des divers minerais.