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AMIANTE

L'exploitation de l'amiante dans les cantons de l'Est de la province de Québec date de 1876. En 1878 on sortait 50 tonnes. La production a depuis lors augmenté constamment pour atteindre en 1908 un peu plus de 65,000 tonnes d'amiante et 25,000 tonnes d'asbestique (roche finement broyée contenant de courtes fibres d'amiante).

L'amiante se rencontre dans certains massifs de serpentine, de faibles dimensions en général, qui appartiennent à une zone serpentineuse discontinue s'étendant au nord-est depuis la rive ouest du lac Memphremagog jusque dans le voisinage de la rivière Chaudière sur une longueur de 150 milles environ. En réalité la plus grande partie des mines sont situées à quelques milles les unes des autres dans le voisinage de Black Lake et de Thetford. Un deuxième centre se trouve à East Broughton à peu près à 25 milles du premier dans la direction nord-est ; un troisième centre est à

Planche XVII.

Mine d'amiante Bell à Thetford Que. Vue du grand ciel ouvert.

Planche XVIII.

Mine d'amiante Bell à Thetford (Que.). Vue dans une tranchée montrant de

grosses veines d'amiante.

GEOLOGIE ET RESSOURCES MINERALES DU CANADA

Danville à peu près à 45 milles au sud-ouest. Les mines sont exploitées par ciels ouverts; l'un d'eux à Black Lake a 700 pieds de longueur, 200 pieds de largeur et en certains points 165 pieds de profondeur.

Les serpentines amiantifères ne se présentent qu'en massifs de dimensions relativement petites; elle proviennent de l'altération de péridotites qui, à l'exception peut-être d'un seul massif, semblent être d'âge ordovicien et se trouvent intercalées entre des sédiments ordoviciens à l'est et des schistes pré-cambriens ou cambriens à l'ouest. A ces serpentines sont associées des massifs de pyroxénites, de granités à hornblende et de diabases; on pense que le granité est contemporain de la serpentine ou du moins d'un âge très voisin.

Planche XIX.

Ciel ouvert de la Dominion Asbestos Co., Black Lake (Que.).

L'amiante est de la variété chrysotile; elle apparait dans des fissures de retrait dont l'épaisseur varie de quelques lignes à 3 pouces quelquefois. Les fibres minérales sont en général perpendiculaires aux murs de la veine et s'étendent parfois sans discontinuité d'un côté à l'autre. Souvent aussi elles sont interrompues en leur millieu par une pellicule de fer chromé ou de magnétite.

Les veines sont extrêmement nombreuses; on en a compté jusqu'à 76 sur une distance de deux pieds seulement. Elles vont

dans toutes les directions d'une façon très irrégulière et leur largeur n'a aucune constance. Les grosses veines montrent cependant assez souvent une disposition rectangulaire comme si elles correspondaient aux plans de joint primitifs de la roche, mais comme la serpentine a été très disloquée il existe un autre système de veines plus petites plus ou moins parallèles entre elles. Une ségrégation semble également avoir eu lieu aux extrémités ou sur les bords des grands massifs où elle a donné naissance à des veinules en forme de croissant.

Les veines d'amiante sont invariablement encaissées dans des épontes de serpentine pure qui se transforme graduellement en une péridotite moins altérée. On a remarqué que le rapport entre la largeur des veines d'amiante et celle des deux bandes réunies de pure serpentine qui l'accompagnent est assez constant et se tient aux environs de ^g. Des observations précédentes, on est arrivé à la conclusion que la transformation en serpentine des murs des veines d'amiante a précédé la formation de l'amiante et de plus que ces veines d'amiante représentent une dissolution et un dépôt secondaire de part et d'autre des lignes de fracture. L'examen microscopique montre que les fibres d'amiante croissent a angles droits à partir des flancs de la fracture.

CHARBON

Le charbon est le produit minéral le plus important de la région des Appalaches. A l'exception de couches minces et sans importance dans les terrains dévoniens de Gaspé, ses gisements restent limités au Nouveau-Brunswick et à la Nouvelle-Ecosse. Cette dernière province est de beaucoup la plus grande productrice, puisqu'en 1908 elle extrayait de ses mines les deux-tiers de la production totale du Canada. Les charbons sont tous bitumineux, de bonne qualité, et conviennent parfaitement à la fabrication du coke et du gaz, et à la production de la vapeur. On l'exploite dans les province de l'Est depuis 200 ans au moins, mais ce n'est que vers 1830 que sa production devint intéressante. L'extraction annuelle atteignait pour la première fois un million de tonnes (long tons) en 1880; en 1900 elle dépassait 3,000,000 de tonnes. En 1908 elle était voisine de 0,000,000 de tonnes, la presque totalité provenant de la Nouvelle-Ecosse ,et moins de 1% provenant du Nouveau-

Brunswick. Il y a cinq districts miniers dont on peut indiquer à peu près comme suit la production individuelle par rapport à la production totale: En Nouvelle-Ecosse le bassin de Sydney avec 71.9% de la production totale, le comté d'Inverness avec 6( <', le comté de Pictou avec 12.7% et le comté de Cumberland avec 8.8%. Dans le Nou veau-Bruns wick, le district de ( irand Lake compte pour 0 . 6%.

Le bassin de Sydney s'étend sur 32 milles le long de la mer à l'extrémité nord-est de l'île du Cap Breton. On a estimé sa superficie dans l'île à environ 57 milles carrés; mais une grande aire houillère, qu'on exploite d'ailleurs, se prolonge au-dessous de la mer. Les couches ont de faibles pendages et ne rencontrent presque pas de failles, grandes ou petites. Les couches productives reposent en concordance sur le Mills tone-grit, un groupe de grès et de schistes d'une puissance d'environ 4,000 pieds. Au-dessous viennent successivement les grès, schistes et calcaires de la formation du calcaire carbonifère, puis les conglomérats de base, etc., qui affleurent au sud et qui recouvrent les terrains précambriens. L'épaisseur totale de ces séries en dessous des couches houillères productives est estimée à peu près à 8,500 pieds.

La mer recouvrant une partie du bassin, les séries houillères productives ne sont connues en affleurement que sur 1,800 pieds d'épaisseur. Les couches à pentes toujours très douces sont soulevées suivant 3 anticlinaux et forment 4 bassins secondaires, les bassins de Cow Bay, Glace Bay, Sydney Harbour et Bras D'Or. Ce sont en général des schistes et des grès renfermant en tout l'équivalent de 40 à 50 pieds de charbon. Le nombre total des veines de charbon est de 24 dont 0 ont 3 pieds ou plus de 3 pieds d'épaisseur. La ressemblance et la continuité de ces veines dans tout le district sont remarquables. Dans quelques cas peu nombreux les veines se divisent par un épaississement graduel des lits d'argile intercalés. D'autres fois une veine de bonne qualité et d'épaisseur suffisante pour l'exploitation devient inutilisable à une faible distance.

Le district houiller du comté d'Inverness comprend une série de bassins étroits qui se succèdent sur 50 milles le long de la côte ouest de l'île du Cap Breton. Ces aires productives font partie de la lisière est d'un grand bassin dont la plus grande partie a été enlevée par l'érosion. Les couches productives sont supportées à l'est par le Millstone-grit et par les diverses formations du Car-

bonîfère inférieur qui à leur tour reposent sur les terrains précambriens. En divers points des veines de charbon se rencontrent avec une épaisseur de 2 à 12 pieds, et en général avec un pendage faible.

En dehors de ces deux districts houillers, on trouve du charbon dans l'île du Cap Breton, dans le comté de Richmond où on a signalé des veines atteignant 8 pieds d'épaisseur et une veine de 11 pieds, malheureusement de qualité médiocre.

Sur le continent, en Nouvelle-Ecosse, le bassin houiller de Pictou a une superficie d'à peu près 25 milles carrés. Quoique le district soit petit les veines sont souvent de grandes dimensions; l'une d'elles attenit 38 pieds d'épaisseur. La structure géologique du district est très compliquée; les failles sont nombreuses et souvent de grande amplitude; les séries productives sont presque entièrement entourées de failles.

Le bassin de Pictou peut se diviser en trois districts, le district du centre, celui de l'ouest et celui de l'est. Dans le district du centre on exploite quatre veines; la première de 38 pieds d'épaisseur, la deuxième de 22 à 38 pieds, la troisième de 10 à 13 pieds, la quatrième de 13 à 20 pieds. Les couches sédiment aires plongent avec des angles de 10 à 30° et sont recouvertes par 1,000 pieds de schistes. Elles reposent sur le Mills tone-grit. Le district de l'ouest ou de Westville est séparé du district du centre par une faille dont le rejet peut s'évaluer de 1,600 à 2,000 pieds. On pense que les trois veines du district de l'ouest sont l'équivalent des veines du district central. Dans le district de l'est ou de Yale les couches forment un bassin synclinal dans la partie sud duquel un certain nombre de veines de houille affleurent; deux de ces dernières sont exploitées activement.

Il existe dans le comté de Cumberland deux districts productifs; le premier, qu'on peut appeler le district de Joggins, est situé sur la côte; le deuxième est celui de Springhill à peu près à 15 milles à l'est du premier. Dans le district de Joggins les veines de charbon se rencontrent sur les côtes d'un très large bassin synclinal de sédiments carbonifères qui vers le centre sont recouverts d'assises permiennes. Dans la remarquable section de terrains offerte sur les côtes de la baie Ohignecto on peut voir en affleurement plus de 70 veines de charbon. Quelques unes de 5 à (> pieds d'épaisseur; l'une d'elles mesure 9' 6" mais avec un lit de schiste de 2' 6" qui la divise. Dans le bassin de Springhill la

PQ

CD

structure géologique est moins simple et les assises plongent sous • le plus grands angles que dans le bassin de Joggins; on y exploite des veines ayant un pendage de 30°. On a compté dans le district de Springhill S veines d'une épaisseur variant de 2" 4" à 13" 0".

Quoique dans le N ou veau-Bruns wick les dépôts carbonifères occupent une superficie de plus de 10,000 milles carrés, les couches productives ne semblent devoir exister que dans un district relativement petit aux environs de Grand Lake à peu près à 70 mille au nord de 8t. John. En dehors de ce district en divers points du nord-est de la province on a signalé cependant des veines de charbon; on en connaît qui atteignent de 6" à 10" d'épaisseur.

Des mines de charbon existent depuis de nombreuses années clans le district de Grand Lake. où elles exploitent dans des assises presque horizontales et légèrement ondulées, deux veines de houille, l'une de 20" à 24", l'autre de 6" à 10" d'épaisseur; il arrive quelque fois que par suite de la diminution à 6" d'épaisseur du lit de schiste qui sépare les deux veines, ces veines se trouvent assez rapprochées pour être depilées en une seule fois. Par endroits les veines horizontales se trouvent si près de la surface qu'on peut les exploiter à ciel ouvert; nulle part sur les quelques centaines de milles carrés qui constituent le bassin houiller il ne semble probable que les veines actuellement exploitées descendent à plus de 60" au-dessous de la surface du sol. D'un autre côté il n'apparaît pas que les assises carbonifères relativement peu épaisses contiennent d'autres veines exploitables plus profondes.

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