‹ Esquisse géologique sur le Canada [microforme]Chapitre 4 sur 14 · TT · texte numérisé non relu

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Les calcaires de cette formation sont rarement compactes et le plus souvent à gros grains. Is sont blancs ou de couleur rougeûtre, bleuâtre et grisâtre ; ces couleurs sont quelquefois disposées en bandes qui coïncident avec la stratification. Les principales espèces minérales qui se rencontrent dans ces calcaires sont : apatite, fluorine, serpentine, phlogopite, scapolite, orthose, pyroxène, hornblende, wollastonite, quartz, idocrase, grenat, tourmaline brune, condrodite, spinel, corindon, zireon, sphène, fer oxydulé, fer oligiste et graphite. La condrodite et le graphite sont souvent arrangés en bandes parallèles avec la stratification, On trouve quelquefois des couches d'un mélange de wollastonite et pyroxène, qui sont très-riches en zircon, sphène , grenat et idocrase. Les variétés les plus cristallines exhalent souvent une odeur très-fétide quand on les écrase. Ces calcaires ne fournissent pas partout des minéraux bien cristallisés ; près de la baie de Quinté, il se trouve des couches qui ont conservé le caractère sédimentaire, et dans lesquelles on voit le commencement de métamorphisme.

Les conditions dans lesquelles se trouvent quelquelois ces calcaires montrent que les agents qui les ont rendus cristallins, ont été de natu e à rendre le carbonate de chaux presque liquide, et que dans cet état il a subi une grande pression, A l'appui de cette opinion, nous trouvons que le calcaire remplit souvent des fissures dans les couches siliceuses environnantes, et enveloppe des fragments détachés et souvent pliés, de ces strates moins fusibles, à la manière d’une roche ignée.

Ces schistes, feldspaths, quartzites et calcaires, tels que nous les avons décrits, constituent la partie stratifiée du système laurentien ; mais il y à en outre des graaites, syénites et diorites intrusifs qui forment des masses assez importantes; les granites sont quelquefois albitiques et contiennent souvent de la tourmaline, du mica en grandes lames, du sphène et du sulfure de molybdène.

Parmi les minéraux économiques de cette formation, les minerais de fer sont les plus importants, et se trouvent pour la plupart dans les calcaires, Le fer oxydulé qui alimente les forges de Marmora dans le Haut-Canada, vient de Belmont, où il forme une succession de couches intercalées avec le calcaire cristallin et un sehiste talqueux verdâtre. Les assises sont ici arrangées en forme de bassin, et le fer oxydulé y domine dans une épaisseur de 35 mètres. À quelques lieues de cette dernière localité, dans le canton de Madoc , on a exploité une couche

de fer oxydulé qui se trouve dans un schiste micacé, ex a une puissance de 8 à 40 mètres. Le minerai, d’un grain extrêmement fin, est souvent doué de polarité magnétique, et il contient en mélange un peu d’actynolite, avec des petites quantités d'uranite jaune ; il fournit un fer d’une qualité supérieure. Dans les districts environnants , plusieurs autres masses de fer oxydulé ont été trouvées; celle de South- Sherbrooke a 20 mètres, et celle de Crosby, sur le canal de Rideau, plus de 60 mètres d'épaisseur. À Hull, sur l'Outaouais, une assise de 30 mètres est mise à jour par suite d'une ondulation des couches en forme de dôme, de sorte qu'on l'exploite avec une grande facilité. Ces minerais sont, pour la plupart, de fer oxydulé pur, ou mêlé seulement avec quelques centièmes de mica ou de quartz.

Une variété compacte de fer oligiste (hématite rouge) remplace souvent le fer oxydulé dans cette formation. A Mac-Nab, sur l’Outaouais, une couche de cette espèce, ayant une épaisseur de 8 mètres, se trouve dans un calcaire cristallin ; le minéral est mêlé avec un peu de silice et de cartrr te de chaux; M. Murray, l'un des géologues de la commission, a récemment reconnu l'existence d’une immense étendue de fer oligiste cristallin sur l’une des iles du lac Nippissing.

Les calcaires cristallins du système laurentien sont souvent traversés de veines de spath calcaire et de baryte sulfatée, contenant du sulfure de plomb en masses disséminées, ou en filons qui ont souvent cinq et six centimètres d'épaisseur. Une de ces localités. dans le canton de Lansdowne, est déjà exploitée; et ce qui paraît & e une continuation de la mème veine se rencontre dans le canton de B ford. Ces gisements ont une direction générale du N.-E, au S.-0. La 4 ‘ène est quelquefois accompagnée d'un peu de blende et de pyrite de er; elle est très-peu argentifère, ne donnant par coupellation qu'en ron deux onces d'argent par tonneau de minerai.

Des veines contenant de la pyrite de cuivre ont été remar àées dans plusieurs endroits de la formation laurentienne; mais j ,qu’à présent la quantité du minerai parait être très-peu considérable, ne de ces localités se trouve dans la seigneurie de Lanoraie, dans le comté de Berthier; et dans le voisinage, dans la même seigneurie, il y à une veine de quartz de douze mètres de largeur contenant une grande quantité de pyrite cubique et de pyrite magnétique. Dans la seigneurie voisine de Daillehout, se trouve une veine considérable de pyrite de fes qui contient des petites portions de cobalt et de nickel. D'ailleurs

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cette même formation, dans l’état de New-York, a déjà fourni du sulfure de nickel cristallisé.

Le graphite est très-fréquemment disséminé en petites paillettes dans les calcaires cristallins, et forme aussi des veines, qui ont quelquefois une épaisseur considérable. Deux de celles-ci se trouvent près de Grenville, sur l'Outaouais, dont l'une a été exploitée il y a quelques années. Le graphite, d'après la description que donne M. Logan, est en trois filons détachés, ayant chacun une épaisseur d'à peu près douze centimètres, et ilest ici accompagné de wollastonite, orthose, idocrase, grenat, zircon et sphène, De beaux échantillons de graphite ont été trouvés en plusieurs autres localités. Le graphite Ge ces calcaires étant tis-cristallin et lamelleux, il ne peut pas être seié comme le graphite de Cumberland, et d’ailleurs sa couleur est grisâtre et son éclat métallique, de sorte qu'il n° conviendrait pas à la fabrication des crayons. Il peut pourtant très-bien servir pour les creusets réfractaires.

Le sulfate de baryte, qui est maintenant beaucoup employé dans la fabrication des couleurs, est assez commun dans la formation laurentienne. La gangue des veines plombifères dont nous avons parlé plus haut, est souvent du sulfate de baryte; et dans une partie de celle de Lansdowne, la galène cessant d'apparaitre, la veine, qui a une largeur de soixante-dix centimètres environ, est composée de sulfate de baryte parfaitement pur, et quelquefois en gros cristaux. Bathurst et Macnab sont aussi des localités où se rencontre le même minéral.

Les fers titanés de la formation laurentienne méritent bien l'attention des minéralogistes, par leur abondance ainsi que par leurs associations ; bien que ces minéraux ne soient guère adaptés à la fabrication des fers, surtout si la proportion de l'oxyde de titane y est un peu forte , ils peuvent devenir importants comme sources de titane.

Les principaux gisements de fer titané au Canada sont à la baie Saint-Paul, où une seule masse de trente mètres d'épaisseur et de près de cent mètres de longueur se trouve, avec beaucoup d’autres plus petites, dans une roche composée, pour la plupart, d'un feldspath du sixième système, Le minéral qui est granulaire a la composition de l'ilmenite des monts Ourals; il a fourni à M. Hunt : acide titanique 48,60 , protoxyde de fer 47,06, peroxyde de fer 10,42, magnésie 3,60 = 99,68; il contient en quelques parties une proportion considérable de grains rouge orangé et transparents, qui sont de l'acide

titanique pur, soit rutile où brookite. Les roches à base de feldspath contiennent, en plusieurs autres endroits, du fer titané, souvent en lits d'une épaisseur de quelques centimètres, et marquant toujours les lignes de stratification. Si jamais, dans les progrès des sciences chimiques , le titane ou ses combinaisons prennent quelque importance dans les arts, les gisements du Bas Canada fourniront des sources inépuisables de fer titané.

Un calcaire cristallin près de Grenville fournit une grande quantité de mica en gros cristaux, capable d’être divisé en plaques très-minces, d'une largeur de trente à cinquante centimètres, et d’une netteté parfaite. Ce gisement est déjà exploité, et le mica est beaucoup employé dans la construction des poêles et des lanternes.

Les gneiss et les quartzites du système laurentien fournissent, en beaucoup d'endroits, d'excellentes pierres de construction ; mais comme ces roches se trouvent, pour la plupart, dans les endroits peu habités, et que d’ailleurs elles sont plus difficiles à travailler que les calcaires du terrain silurien, elles ne sont guère exploitées jusqu'à présent. Les calcaires laurentiens cependant fournissent un marbre blane, qui est souvent marqué d'ondulations bleuâtres ou grisàtres , comme par exemple celui d'Arnprior; ou, mêlé avec des grains de serpentine verte, formant le marbre de Grenville, qui est maintenant exploité, Ces calcaires sont rarement d'un grain bien fin: mais la dolomie du lac Mazinaw peut être comparée avec le marbre de Carrare.

Parmi les minéraux possédant une valeur économique, il ne faut pas oublier le phosphate de chaux, si précieux pour l'agriculture , et qui est disséminé en petits grains dans les calcaires cristallins. Dans le canton de Burgess, il existe un gisement remarquable de ce mincral dans une assise de calcaire rougeâtre à gros grains, contenant de grands cristaux de miea, Le phosphate de chaux, d'une couleur vertpâle forme souvent des longs prismes ayant un diamètre de sept à huit centimètres; les angles ne sont jamais bien nets, et le minéral prend souvent les formes de masses arrondies, donnant au calcaire l'aspect d'un conglomérat, et rappelant les couches de caleaire silurien que l'on trouve remplies de coprolithes de phosphate de chaux. L'apatite peut former à peu près un tiers de la masse du calcaire de Burgess.

Comme pierres capables d'être employées dans les objets d'orne-

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ment, nous pouvons citer le feldspath aventurin, auquel Thompson a donné le nom de perthite, mais qui n'est qu’un orthose, et le peristérite du même auteur, qui est un albite blanc et translucide, remarquable par ses beaux reflets de bleu, jaune et vert, ressemblant au feldspath labrador. Une belle variété de cette dernière espèce, dont nous avons signalé plus haut l'existence en grande quantité dans les roches hypersthéniques, se trouve en plusieurs localités sous forme de blocs erratiques, et il existe en place dans la seigneurie de Mille-fsles. Dans le canton de Burgess , se trouve une variété rose de corindon qui approche du rubis, et les zircons rouges de Grenville sont quelquefois d'une beauté et d'une transparence parfaites.

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