‹ Esquisse sur la GaspésieChapitre 29 sur 29 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Tous les renseignements donnés dans cette esquisse ont été contrôlés avec soin et représentent les choses exactement telles qu'elles sont. Ils prouvent clairement que la Gaspésie offre à l'émigrant des avantages incontestables et la perspective non seulement de vivre à l'aise dès son arrivée, mais de s'acquérir en peu de temps un joli patrimoine, d'assurer un bon établissement à ses enfants et même d'arriver à la richesse. Comment pourrait-il en être autrement ? Le pays abonde en ressources et en richesses de toutes sortes. Le sol est partout fertile, des plus faciles à cultiver et comme le dit si bien le commandant Lavoie, an moins l'égal des meilleures terres du pays. Les forêts ont aussi leurs richesses et n'attendent qu'une occasion favorable pour alimenter une grande exploitation. La pêche est là, abondante, facile, ouverte à tous7 avec ses produits qui trouvent toujours un écoulement assuré ; c'est un revenu aussi sûr que celui de l'agriculture, un revenu qui depuis plusd'un siècle a fait vivre la plus grande partie de la population et accumuler des millions aux marchands qui font le commerce du poisson.

Sous tous les rapports, il n'y a pas de pays plus riche que la Gaspésie, principalement la partie qui avoisine la baie des Chaleurs. Les chemins sont bons, les moyens de transport faciles et peu dispendieux, le climat est sain — il n'y a pas dix médecins dans toute la Gaspésie — ■ doux, des plus favorables aux fins agricoles ; les paysages sont superbes, offrent partout à la vue des panoramas ravissants ; il y a des égli ses et des écoles, une administration civile et religieuse qui ne laisse rien à désirer, une population paisible, morale, honnête et sympathique, enfin tout ce qu'il. faut pour rendre la vie agréable et facile : est-il possible de désirer davantage ? Où sont les contrées qui pourraient offrir plus à l'émigrant européen ? Il nous est souvent arrivé de lire des récits de voyage "et d'ouvrages faisant connaître la pénible vie que mène une bonne partie des populations qui habitent les cotes de la Bretagne, de

l'Ecosse et de l'Irlande. Nous admirons le travail opiniâtre de ces populations, leur courage, leur énergie. Nous nous représentons en esprit comme ces gens-là seraient heureux, comme ils réussiraient dans la Gaspésie, où ils pourraient se livrer avec beaucoup plus de profit à leurs occupations favorites ! Peut-être cette esquisse, si elle parvient à leur connaissance, aura-t-elle pour effet de leur faire partager ces sentiments, puis de les amener dans le bon pays que nous voudrions leur faire connaître, et alors nous aurons atteint en bonne partie le but que nous recherchons, car c'est surtout pour eux que nous avons écrit cet opuscule. Qu'ils viennent et ils seront accueillis comme des amis, des frères par nos braves gens de la Gaspésie. Bonheur, aisance et prospérité, ils auront tout à souhait et l'avenir qu'ils prépareront à leurs enfants leur fera bien vite oublier ce qu'ils auront laissé de l'autre côté de l'Océan.

Tous les avantages qu'offre cette région, principalement la partie qui avoisine la baie des Chaleurs, ont été fort bien résumés par M. Alex. J. Russell, un des hommes les plus compétents et les mieux renseignés. " Le comté de Bonaventure, dit-il, et la région de la rivière Ristigouobe, à cause de la supériorité de leur sol et de leur climat, mais particulièrement à cause de leur excellente position quant aux communications avec l'Europe, offrent autant d'avantages, pour s'y établir, que les Cantons de l'Est, et presqu'autant que les meilleures parties de la contrée de l'Outaouais.

" Le sol du comté de Bonaventure est une terre franche, riche, sans roches ; il n'y a que dans les endroits où il est trop en déclivité pour être labouré, qu'il n'est pas arable. Il produit de grosses récoltes de blé du printemps, d'avoine et d'orge, bien supérieures, en ce qui regarde le rendement à l'acre et la qualité, à celles que l'on obtient dans les comtés qui boadent le Saint-Laurent. Il en est de même pour Gaspé.

•'J'ai constaté que la région de l'intérieur, jusqu'au Saint-Laurent, sur la route adoptée plus tard par le major Kobinson comme lignes pour le chemin de fer Intercolonial, est en général une région arable et fertile, et ce jugement est basé sur l'expérience que j'ai acquise en faisant travailler le sol sur un parcours de cent milles, pendant que je dirigeais les travaux de confection du chemin.

" Cette région est la partie la plus salubre et la plus pittoresque de tout le Canada. La température d'hiver est de dix à quinze degrés plus chaude que celle de Québec, tandis qu'en été ses riches vallées et ses hautes collines sont rafraichies par les douces brises de la mer.

" Les rivières sont navigables sans interruption pour de grands bateaux plats, remorqués par des chevaux depuis leur embouchure jusqu'aux environs de leurs sources, puis entre les ports de cette région et ceux de l'Europe le prix du fret est d'une piastre moindre, par tonneau, qu'à partir de Québec, et sur ses rivages toutes les exploitations, sur mer et sur terre, s'offrent à l'entreprise du colon. "

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