PÊCHERIES — STATISTIQUES — ENGRAIS ARTIFICIELS
Les pêcheries de la Gaspésie sont peut-être les plus riches de l'Amérique du Nord et même du monde entier. Elles sont exploitées depuis plus de deux siècles et ont fourni au commerce des produits dont la valeur se compte par millions. La maison Chas Robin & Cie, de Jersey, a réalisé là une fortune de plusieur millions et qui Ta mise a la tête du commerce de poisson en Amérique comme en Europe. Les maisons Le Bouthiller & Frères, J. & E. Collas, J. Le Bouthiller & Cie et Yalpy & Le Bas, font aussi des affaires considérables.
Les poissons qui font l'objet de cette exploitation sont la morue, l'aigrefin, le hareng, le maquereau^ le saumon, le homard ainsi que le gaspereau et plusieur autress poissons de moindre importance, mais qui pourraient fournir beaucoup au commerce d'exportation, si on savait les apprécier et trouver les marchés où ils sont en demande.
La morue est le plus précieux de tous les poissons et de beaucoup ie plus abondant. Dans la Gaspésie elle constitue une ressource aussi sûrfe que le produit de la culture ; avec un peu d'activité, l'homme le plus dénué peut toujour trouver dans la pêche à la morue de quoi vivre et faire vivre sa famille.
Cette pêche, dans la Gaspésie, se fait dans le voisinage des côtes, dans les anses et les baies, c'est ce qu'on appelle la pêche de rivage ; elle se fait aussi sur les bancs, à ving-cmq à trente milles des côtes. Les pêcheurs qui ont des moyens construisent eux-même leurs embarcations, se pourvoient à leurs frais de tous leurs appareils nécessaires, pèchent pour leur propre compte et vendent leur poisson frais aux marchands ou bien le préparent et attendent l'automne pour le vendre aux spéculateurs, qui parcourent toutes les côtes pour acheter tout le
poisson qu'ils peuvent trouver. Ceux qui n'ont pas le moyen de se procurer les embarcations ainsi que les autres appareils nécessaires les louent des grandes maisons qui font le commerce du poisson. Le loyer d'une embarcation toute gréée varie de $25 à $35 par saison et le bail stipule invariablement que tout le poisson qui sera pris dans une embarcation ainsi louée devra être vendu exclusivement au marchand qui fournit cette embarcation. Ces embarcations ont une trentaine de pieds de longueur et de six à dix pieds de largeur. Elles sont faites de cèdre et pointues aux deux bouts, comme les baleinières. Elles ont deax voiles et se comportent admirablement à la mer.
Pour la pêche de rivage, les gens partent le matin, vers deux ou trois heures, et reviennent entre quatre et cinq heures de l'après midi, afin d'avoir le temps de préparer leur poisson avant la nuit. Chaque embarcation est montée par de ux hommes, qui emploient chacun deux lignes, quand ils pèchent dans trente ou quarante brasses d'eau, et jusqu'à quatre lignes quand ils pèchent dans une dizaine de brasses. Lorsque le poisson donne, c'est-à-dire que la pêche va bien, les hommes n'ont pas un instant de repos ; pendant qu'ils décrochent le poisson pris à une ligne, l'autre est attaquée par d'autres poissons et prête à tirer. Chaque ligne est munie de deux hameçons, et quand ça mord bien, chaque coup de ligne rapporte deux morues. Dans ces circonstances, une embarcation revie nt chaque jour avec 2,000 livres de poisson, c'està-dire mille livres pour chaque homme qui la monte.
La pêche sur les bancs se fait avec des lignes dormantes de 600 à 1200 brasses de longueur, retenues à chaque extrémité par des ancres qu'on attache à des bouées. On Lisse les lignes six ou huit heures dans l'eau et à certaines saisons, notamment dans le mois de septembre, deux hommes prennent en quelques heures, avec une ligne de 500 brasses, jusqu'à cinq ou six mille livres de morues. Du 15 juin au 15 octobre, deux hommes faisant la pêche des bancs, peuvent facilement prendre 600 quintaux de morue ; la moyenne est de 400 quintaux et comme le poisson se vend sur les lieux une piastre ou une piastre et quart le quintal, cela fait une recette d'environ $500 par embarcation ou de $250 par homme pour ces trois mois.
Le temps de la pêche dure ordinairement du mois d'avril au mois de novembre. Cette période est divisée en deuxp&rties qu'on appelle pêche d'été et pêche d'automne, La pêche d'été finit au 15 août. La morue prise jusqu'à la fin de septembre est séchée ou préparée pour l'exportation ; celle qu'on prend après cette date est salée, mise en barils et ven- (lue sur les marchés locaux.
Comme on le voit, la pêche à la morue constitue un emploi très lucratif et peut facilement rapporter de $300 à $400 par été à un homme actif et laborieux.
La pêche au hareng dure depuis le mois d'avril jusqu'au mois de décembre- Elle se fait avec des rets et avec des seines.
Ces rets ont généralement trente brasses de longueur et cinq ou six de largeur. On les tend verticalement, dans les endroits où passent les
bancs de harengs, et on les visite chaque matin pour enlever le poisson. Au printemps, quand la pèche est bonne, il se prend chaque nuit de cinq à dix barils (de 200 livres) de harengs dans un rets.
La pèche à la seine est plus expéditive. Ces seines ont de 100 à 150 brasses île longueur et de huit à onze brasses de largeur. On les tend au large, généralement et d'un seul coup on prend assez de hareng pour remplir 500. 1,000, 2,000 et même 3,000 barils, de deux cents livres. Pour cette pêche, on se sert d'une grande embarcation, montée par huit hommes, à bord de laquelle on met la seine. Une vingtaine d'hommes, montés dans de petites embarcations, rament dans toutes les directions pour découvrir les bancs de harengs et donnent le signal dès qu'ils en aperçoivent. Alors la seine est tendue et traînée sur le rivage, quand elle n'est pas trop chargée. Si elle est trop remplie et qu'on craigne de la rompro, on ne fait que l'approcher de terre, puis on la vide au moyen de plus petites seines. Ce mode de pêche est peu en usage dans la Gaspésie, vu que le prix des grandes seines est élevée et hors de proportion avec les moyens des pêcheurs.
Il est presque impossible de se former une idée de l'abondance du hareng. Au printemps, il forment des bancs si pressés, le long du rivage que cette pression des poissons les uns sur les autres et l'action des vagues les tuent par milliers. Le Dr Fortin, qui a pendant plusieurs années eu la garde des pêcheries de la Gaspésie dit qu'il a vu bien des fois la grève, sur des distances de plusieurs milles, recouvertes d'une couche d'œufs de harengs de deux ou trois pieds d'épaisseur. " Ceci ajoute-t41, paraîtra peut-être étonnant à quelques personnes ; mais elles reviendront vite de leur étonnement en réfléchissant au fait que la f melle du hareng porte dans ses ovaires de six à huit millions d'œufs. "
Ces données montrent assez ce que le hareng peut fournir à l'industrie de la pêche.
Le maquereau se pêche à la seine ou à la ligne. La pêche à la seine se fait absolument de la même façon que celle du harang. Pour la pêche à la ligne, on emploie des lignes de chanvre ou de coton dé six à huit brasses de longueur. Pour appâter on met sur l'hameçon un petit morceau de peau du cou du maquereau. Chaque pêcheur prend deux lignes qui sont attachées à l'embarcation, et quand le poisson donne, un équipage de quinze hommes peut prendre en six heures de vingt à trente barils de maquereau, qui se vend de hnit à vingt piastres le baril, selon la qualité.
La pêche du homard est aussi une occupation très payante. Elle ne se fait que sur les bords de la baie des Chaleurs, attendu que le homard ne fréquente pas les rivages du golfe Saint-Laurent, qui forme la limite nord de la Gaspésie. Cette pêche est des plus faciles. Elle se fait au moyen de trappes en bois, fermées aux deux bouts par une espèce de rets au centre duquel on ne laisse qu'une petite ouverture. Au milieu de la trappe, on suspend ou l'on fixe comme appât un morceau de poisson. Le homard passe facilement dans l'ouverture pour aller
chercher cette proie, mais ne peut plus revenir sur ses pas. La trappe est munie d'une pierre qui la retient au fond de l'eau, et attachée à une corde dont l'extrémité supérieure est assujettie, à la surface de l'eau, à une bouée qui est elle-même fixée sur une grande ligne ou câble qui retient le tout. Ces lignes ont plusieurs arpents de longueur, selon l'étendue des hauts-fonds sur lesquels se fait la pêche. Le pêcheur visite ses trappes une couple de fois par jour. Pour cela, il se rend avec son embarcation à la première bouée et suit la ligne jusqu'au bout. Au moyen de la corde reliant la bouée à la trappe, il amène celle-ci à la surface de l'eau et s'il y a un homard ou des homards, car on en prend souvent plusieurs dans la même trappe, il ouvre le dessus de la boîte, saisit le homard par les barbes et le jette dans son embarcation. Il remplace l'appât enlevé puis renvoie la trappe à l'eau.
Le homard ainsi pris est vendu à des industriels qui ont de grands établissements où ils le mettent en conserves pour l'expédier sur les marchés Le homard vivant se vend ordinairement quarante cents ou deux chelins le cent livres et il n'est pas rare qu'un pêcheur en prenne jusqu'à cinq ou six cents livres par jour. Cela dit assez que la pêche du homard est une occupation payante et qui laisse au pêcheur la moitié de $on temps pour travailler à la culture.
La pêche au saumon se fait au moyen de rets que l'on tend sur le bord de la mer, dans les anses et surtout à l'embouchure des rivières. A la ha ute marée, le poisson passe audessus des rets pour se rendre près de terre ou remonter dans les rivières ; mais du moment que l'eau baisse, il s'éloigne de terre et retourne vers la mer, où son passage est inter cepté par les rets. 11 se prend dans les carreaux des rets et y reste prisonnier tant que le pêcheur ne vient pas le dégager pour le jeter dans son embarcation. On a vu des pêcheurs prendre ainsi jusqu'à quinze et vingt barils de saumon dans une seule marée et dans un seul rets. Le baril de saumon, 200 livres, se vend de $15 à $20.
Les pêcheries qui viennent d'être décrites sont exploitées pour alimenter le commerce d'exportation et la consommation dans les grande» vijles du Canada. Les chiffres suivants, pr's dans les statistiques officielles du ministère de la marine et des pêcheries, peuvent donner une idée de l'importance de cette industrie, qui constitue une des principales sources de richesse de la Graspésie.
Tableau indiquant la quantité et la valeur du poisson pris dans la Gaspésie, en Vannée 1882.
Morue :
Pêche d'été
" d'automne Langues et noues, îlog. de morue...
Huile drt morue..
58,101 qtx à $4.00...
170 bar à 9.00...
1,106 " à 1.00... 67,283 gai. à 0.60...
Hareng :
Hareng salé 20,571 bar. à $4.00... $ 82,284.00
' fumé 3,078 bts. à 0.25... 769.50
" eDgrais 23,488 bar.à 1.00... 23,488.00
Maquereau :
Maquereau salé 994 bar. à $6.00 *3,976.00
Saumon :
Saumon salé 27bar.àl5.00... $ 405.00
" frais 147,408 lbs. à 0.07... 10,318.56
Homard :
Homard en canistres. 147,430 lbs. à $0.15 36.964.50
Divers poissons :
Aigrefin 366 qtx à $4.00... $ 1,464.00
Linoue 203 " à 4.00... 812,00
Flétan 122bar.à 6.00... 732.00
Truite 203 " à 8.00... 1,624.00
Anguille 36 " à 7.00... 252.00
Sardine 729 « à 3 00... 2,187.00
Petit poisson 99 " à 2 00... 198.00
Divers poissons pour la consommation locale. 9,632 " à 4.00... 38,528.00
Eturgeon 70 « à 5.00... 350.00
Poisson employé comme engrais et appât :
Capelan 9,642 bar. à $1.00... $ 9.642.00
Eperlan 229 " à 1.00... 229.00
TruiU 88 " à 1.00... 88.00
Lançon 866 " à 1.00... 866.00
Encornet 1,845 " à 1.00... 1,845.00
Moules 702 " à 1.00... 702.00
Divers poissons 3,424 « à 2.00... 6,848.00
Loups-marins :
Peaux de loups-marins 40 i: à $1.00...$ 40.00 Huile de loup-marin... 120 gai. à 0,60... 72.00
Marsouins :
Peaux de marsouins. 2 à $4.00... $ 8.00 Huile " 28 gai. à 0.60... 16.80 24.80
Baleine :
Huile de baleine (6) 5;580 gai. à 0.60 3,348.00
Ces $647,919.16 représentent 25,719,470 livres de poisson et 72,891
gallons d'huile. Et constatons de suite que l'année 18823 à laquelle s'applique le tableau qui précède, a été pour la pêche l'une des plus mauvaises. Cela ressort clairement de la comparaison suivante, entre les années 1879 et 1882.
Morue: (1879) (1882)
Pêche d-été... 101,776 qtx $ 407,104... 58,101 qtx $ 232,404 " d'automne 31,103 " 124,412 ... 36,116 " 144,464
Saumon :
Saumon salé. . 14,500 lbs $ 870.00... 5,405 lbs $ 405.00
frais... 492,372 " 21,379.10 ... 147,408 " 10,318.56
Homard :
Homard en con
serves 398,648 lbs $59,797.20 ... 147,430 lbs $36,964.50
Ces trois seuls items accusent pour l'année 1882 un déficit de $ 189, 006.24. Dans les années ordinaires, le produit des pêcheries est d'environ $800,000 et il serait facile de le porter à un milion en se livrant à cette exploitation avec un peu plus d'activité.
D'ailleurs, il est plusieurs espèces de poissons dont les pêcheurs de la Gaspésie, notamment dans la baie des Chaleurs, ne font aucun cas et qui pourraient cependant leur fournir beaucoup s'ils savaient les préparer pour l'exportation. Citons entr'autres le thon et le chogset.
Le thon, d'après M. le Dr Fortin, pénètre dans la baie des Chaleurs et dans la baie de Gaspé. Il atteint souvent de très grandes dimensions on en cite qui avait une longueur de huit et même neuf pieds et dont le poids dépassait cinq cents livres. Sa taille ordinaire, cependant, est de cinq à six pieds et son poids de cent à cent cinquante livres. La chair du thon est excellente et tient le milieu entre la chair du poisson et (fslle des mammifères ; elle ressemble beaucoup à celle du veau et l'endroit le plus délicat est la poitrine. On la mange à l'état frais on la sale aussi pour V exportation et on la marine soit avec de l'huile soit avec du sel. C'est dans cette état qu'on en exporte des quantités considérables de France et d'Italie. "
Ce yoisson fréquent en très grand nombre les rivages de la baie des Chaleurs et pourrait devenir l'objet d'une exploitation aussi importante que lucrative. Actuellement, tout cela est perdu.
On peut dire la même chose du chogset {Blue fisli) qui est exc lient a manger et des plus faciles, à pêcher. Il mord à toutes sortes d'appât et sa chair, assez résistable, se prêterait fort bien à la salaison. Il est si commun qu'on pourrait sans la moindre peine en prendre des milliers de barils.
Complétons ces. derniers renseignements par quelques statistiques
>ur le nombre d'hommes, de navires, etc. employés pour la pêche datte la Gaspésie. Tout cela est résumé dans le tableau suivant :
Embarcations Nombre Tonneaux Hommes valeur
Navires 70 ... 5,609 ... 390 ... $299,560
Bâtiments pêcheurs... 1,612 ) ± ç\r\c "' 81,053
Bateaux plats 1.343 J.vVtJ ... 14,837
Seines et rets nombre Verges Valeur
Rets à saumon 883 57,902 $18,411
• à hareng 3,501 114,032 37,504
M à maquereau 243 8,114 3,169
Seines à maquereau. .. . 3 150 100
• àcapelan 181 8,304 5,993
u à lançoo 21 700 829
La valeur des embarcations et des appareils mentionnés dans ce tableau forme un total de 461,456. Cela montre assez qu'il ne faut que très peu d'argent pour se procurer uu agrès de pêche et que même les plus pauvre peuvent y parvenir aisément.
Les pêcheriesde la Gaspésie pourraient aussi fournir la matière pre mière d'une industrie importante à tous les points de vue, la préparation des engrais artificiels, industrie fort lucrative par elle-même et si avantageuse à l'agriculture.
L'emploi du poisson dans la préparation de certains engrais artificiels est connu et pratiqué depuis longtemps sur les côtes de l'Ecosse, du Cornouaille et de la Bretagne et de quelques parties du littoral des Etats-Unis. C'est en France que cette industrie de la préparation de» engrais avec les déchets de poisson a le mieux réussi : M. Demolon l'exploite depuis plus de trente ans et y a réalisé une fortune colossale. Son principal établissement est à Concarneau, petite ville de Bretagne où l'on transforme en engrais les déchets de la sardine qui se pèche en abondance sur les côtes.
Le procédé suivi par M. Demolon est des plus simples. Après avoir fait cuire les déchets dans des chaudières en cuivre chauffées à la vapeur, on les soumet à une forte pression pour en extraire 1 eau et l'huile on râpe la masse ainsi pressées, on dessèche le produit en le soumettant à l'action d'un courant d'air chaud, puis on le moud pour le réduire en poudre, forme sous laquelle il est livré au commerce. L'expérience acquise à l'usine de Concarneau établit que 100 parties de déchets frais produisent en moyenne 22 parties de poudre-engrais et de 2 à 2J parties d'huile. L'établissement emploie — du moins employait il y ; a ^quelques années — six hommes et dix petit garçons et pouvait transformer chaque
jour de dix-huit à vingt tonnes de déchets de poisson produisant de quatre à cinq tonnes d'engrais pulvérisé. Cet engrais renferme 80 pour ©ent de matières organiques et 14.1 pour cent de phosphate de chaux et de magnésie, ainsi que du sel ordinaire, du carbonate de chaux, du sulfate et du carbonate d'ammoniaque, puis seulement un pour cent d'eau. L'azote existe presque exclusivement à l'état de matière organique et correspond à 14.5 pour 100 de l'ammoniaque. L'acide phosphorique, qui est insoluble à l'état dans lequel il se trouve dans cet engrais, représente à peu près 7 pour 100.
D'après les meilleures données, les déchets de poisson produisent 10 pour 100 de cet excellent engrais, qui est presque aussi bon, aussi précieux et aussi recherché que le. guano du Pérou. Enfin le poisson des pêcheries de la Gaspésie fournirait au moin la moitié de son poids brut en déchets. Les chiffres suivants, pris dans le recensement de 1881, indiquent le poids du poisson pris cette année-là et montrent la quantité de déchets qu'on pourrait transformer en un engrais valant au meins vingt piastres la tonne.
Poisson Bonaventure Gaspê Rimouski Total en tonnes
Morue, qtx 38,112 . 257,653 ... 5,898 ... 15,083.0
Aigrefins, barbues, mer.
lans, qtx
Harengs, barils
(Jaspareaux, "
Maquereaux, "
Sardines " ,
Flétans, "
Saumons, "
Aloses,
Anguilles, '*
Truites, '?
Ce chiffre total de 30,732.5 tonnes représente le poids net du poissûta après qu'il est préparé pour le marché et débarrassé des déchets, qui pèsent autant. On pourrait donc conpter sur 30,000 tonnes de dééhets pour la préparation de l'engrais, ce qui donnerait environ 6,000 tonnes d'engrais valent sur les lieux au moins $20.00 la tonne, et en totalité $120,000 par année. On pourrait en faire autant avec plusieurs espèce de poissons qu'on ne pêche pas parce qu'ils ne sont d'aucun usage mais qui se trouvent eu immenses quantités dans les eaux de îa mer qui environne la Gaspésie. On pourrait donc compter chaque année sur environl 0,000 tonnes d'engrais de poisson et un produit annuel d'une couple de cent mille piastres.
Ça vaut la- peine d'être ramassé et il fout espérer qu'avant longtemps on prendra les moyens d'utiliser ces richesses qui se perdent chaque an née. La transformation de ces déchets en entrais est une industrie payante dont le succès est assuré, ainsi que cela est démontré ailleurs par l'expérience ; mais, comme il est généralement assez difficile de trouver dans le pays des gens qui veuillent consentir à se livrer à leurs risques et périls et par leurs seules ressources, à l'exploitation d'une nouvelle industrie, le gouvernement devrait encourager celle-ci à même les deniers publics. Pourquoi, à même l'indemnité des pêcheries, le gouvernement fédéral ne donnerait-il pas quelques milliers de piastres pour aider à partir cette industrie ? Il ne saurait employer cette indemnité d'une manière plus avantageuse pour les pêcheurs. Le gouvernement de Québec pourrait aussi donner sou concours en appropriant à cette tin quelques mille piastres pendant deux ou trois ans. Le bas prix auquel cet engrais pourrait être vendu aux cultivateurs serait un excellent moyen de les induire à en faire l'essai et de leur faire voir par la pratique qu'il y a incontestablement avantage à faire usage des bons engrais artificiels. Il n'y a que le commencement qui soit difficile.