‹ Esquisse sur la Gaspésie [microforme] (volume 2)Chapitre 12 sur 33 · SE U · texte numérisé non relu

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lement de la serpentine et du fer chromique ; mais comme ces minCraux accompagnent partont des gisements de chrysolite ou d’asbeste, ainsi que de cuivre, de plomb, d’antimoine et de fer, même d'or ou d'argent, dans la région qui sc trouve plus au sudouest, il n’est pas invraisembable de prédire qu’on trouvera aussi ces minerais dans la région non explorée de la péninsule de Gaspé.”

La même opinion est exprimée par M. le professeur Hunt, dans une brochure publiée en 1865. “ Sous ce titre, dit-il en parlant des Cantons de l'Est, est comprise la zone montueuse, située au sud du Saint-Laurent, ainsi que la région plus au sud-est s'étendant jusqu’à la frontière et formant une succes. sion de vallées qui se suivent depuis les sources de la rivière Connecticut en allant vers le nord-est jusqu'à la baie des Chaleurs. Il est vrai que les Cantons de l'Est, tels qu’on les désigne ordinairement, ne comprennent pas ce prolongement vers le nordest ; mais, comme il leur appartient au point de vue de la géographie et de la géologie, on peut avec raison l'inclure sous la même désignation... Les Cantons de l'Est, en sus, abondent en minéraux métalliques, eu marbres, en ardoises, etc.”

Ces citations établissent clairement la richesse minière de la Gaspésie. Puis nous avons la preuve

irréfutable de ces richesses dans l'existence des gisements et des espèces qui ont été bien constatés et dont nous allons donner une brève énumération.

Pétrole. — La présence du pétrole dans les roches de Gaspé a été constatée il y a plus de trente ans, pour la première fois, par les membres de la commission géologique du Canada. Des explorations subséquentes ont établi que ce minéral existe en plusieurs endroits de cette région, sur les bords des rivières Dartmouth, York, Saint-Jean et Malbaie. A beaucoup d’endroits, dans cette région, le calcaire est recouvert d’un grès dont la partie inférieure est de même âge que la formation d'Oriskany. Ce grès se trouve près de l'embouchure de la rivière York, et comme le calcaire, il est imprégné de pétrole. Sur les bords de cette même rivière, à douze milles environ du bassin de Gaspé, on trouve des parcelles de bitume solide dans les cavités d’un dyke coupant le grès. ‘

À la source d'où provient le pétrole de Silver Brook, l’un des tribntaires de la rivière York, cette huile sort d’une masse de grès et de calcaire arénacé qui plonge vers le sud-est à un angle de 13° et se trouve à près d’un mille de la couronne de l’anticlinale. L'huile, qui se ramasse dans les mares d’eau, le long du ruisseau, a une couleur verdâtre et une

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Résine fossile—Cette matière se trouve dans quelques lits des grès d‘voniens de Gaspé. Elle se présente sous forme de lâmes irrégulières, dans les

bords de ces lits de grès, en couches de aqmeïques

lignes d'épaisseur. Elle ressemble un peu à lambre; |

mais elle se rapproche davantage de la selérétinite et de la middletonite.

On pourrait tirer de cette matière de grandes quen-

tités d'huile à bruler et à lubrifier, en la distillant |

comme on distille la houille et les schistes bitumineux. Des expériences faites sur une petite échelle, dans le but de constater si cette résine pourrait ser.

vir à la production du gaz d'éclairage, ont donné pour |

résultat 2 + rieds cubes de gaz, de qualité supérieure, par livre de résine, laquelle perdit par la distillation 26 pour cent de son poids. Comme la matitre volatille représente environ 33 pour cent de la résine, ilest évident que si l’on pouvait se procurer cette résine dans un état de plus urande pureté, elle rempla-

cerait fort avantageusement la houille pour la pro- |

duetion du gaz d'éclairage.

Cuivre—-Ce nrnerai doit exister en abondance dans la Gaspésie, puisque le: monts Shickshocks sont composés des roches chloritiques du groupe qui, dans les Cantons de l'Est, renferme Les mines d’Acton, de Wickham et de Harvey-Hills.

Les seuls endroits où l’on ait constaté l'existence de dépôts de cuivre, dans la Gaspésie, sont l’'embouchuxs de la rivière du Grand-Capucin, à quatre milles

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LA GASPÉSIN 79

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euivre dans une mine de

quartz enfermée dans une gangue de schiste rouge.

On a trouvé de

bons échantillons de cette pyrite pres du mont Serpentine, à six milles de Ia tête de la baie de Gaspé. Enfin, on a constaté que la partie inférieure des schistes et des calcaires de Port-Daniel renferment aussi de petites quantités de cuivre, et sir William Logan prétend qu’il y a les mêmes probabilités de la présence des dérêts de cuivre dans

Btoute la région de l’est (de la Gaspésie) que dans M

cantons situës plus au sud-ouest.

Plomb--La galène se trouve en quantités assez

à cousidérables pour être exploitée dans des veines qui

traversent le calcaire de Gaspé, au cap de Gaspé et à l'Anse-des-Sauvages. À la baie du Petit-Gaspé, le

filon.-se trouve dans une masse de calcaire stratifié qui plonge environ $. ©. 24 et forme vers le nord

une montagne d'environ 700 pieds de haut, c’est-à dire le promontoire de Gaspé. Ce filon a une largeur d'environ dix-huit pouces: 11 se compose de calcite renfermant des masses de galène ainsi que des petits

morceaux de blende et de minerai de cuivre. KE

ereusant un puits de vingt pieds dans la veine prin-

cipale et quelques autres veines parallèles, on a À obtenu vingt tonneaux de minerai qui ont donné Re douze tonneaux de plomb pur, Mn a aussi trouvé M vert Ce la galène dans plusieurs autres localités, notam- tod EL ment dans les calcaires qui se rencontrent au sud du promontoire de Gaspé, ainsi que du côté nord, dans une veine qui semble être la continuation de celle de l'anse du P:tit-Gaspé. On a aussi trouvé des petites quantités de galène en veines dans les calcaires de

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Percé, de même qu'à l'anse à Cousin et il est évident Canto qu'on en trouverait encore ailleurs, dans ces endroits, d en faisant des recherches un peu plus soignées. Dans va tous les cas, ce qui est déjà connu pourrait faire peau l'objet d’une exploitation payante. M même Chrome—Ce minerai se trouve en quantité suscep- consid tible d'exploitation dans les serpentines du mont M enfais Alert, sur les bords de la rivière Saint-Anne. Onle plus é rencontre sous la forme de fer chromique, par masses Sy détachées pesant jusqu'à vingt livres chacune, et bons d’après l'examen des lieux fait par sir William Logan, sen il est constaté que les couches de ce minerai, qui ont nn été suivies sur une distance de plus d’un demi- la, sép mille, forment un dépôt considérable et offrent un Vésau vaste champ à l'exploitation. 4 Alb d C’est de ce fer chromique ou oxyde de chrome D vers] qu'on obtient le bi-chromate de potasse, avec lequel long «

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on prépare les chromates de plomb rouge et jaune —ou jaune chrome—ainsi que l'oxyde de chrome vert, dont on se sert en peinture comme couleur verte indélébile et pour préparer une encre verte d’imprimerie. On emploie aussi de grandes quantités de bichromate de potasse dans la teinturerie et pour l'impression des indiennes.

Asbeste —Ce précieux minéral, qui est l’objet d’une exploitation considérable dans queques parties des Cantons de l'Est, a été trouvé par sir William Logan dans les environs du mont Albert, à l'extrémité des montagnes Shickshock, dans le voisinage de la “er;entine. Ce gisement n’a guère d'importance par luimême; mais il indique l'existence de couches plus considérables, qu’on ne manquera pas de découvrir en faisant des examens plus soignés et des explorations plus étendues.

Serpentine—A lextrémité orientale des montagnes Shickshock il y a une grande exposition de serpentine qui paraît venir au-dessus des conglomérats calcaires, avec une bande mince de schiste noir qui la sépare des conglomérats, et fait un contour vers l’épaulement sud-est de la chaîne, formant le mont Albert, un de ses principaux pics. Elle se continue vers le sud-ouest sur une distance considérable, le long &u tributaire de la grande rivière Cascapédia, constituant le flanc sud de là chaîne, et finalement

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elle disparaît plus loin sous les terrains siluriens moyens. L’épaisseur de cette grende masse de serpentine est estimée à environ 1000 pieds. Le tout présente des stratifications, très claires et très distinctes dans quelques endroits et plus obscures dans d’autres. Une grande partie des 600 pieds inférieurs est d’un vert bouteille, avec des lits, vers le haut, de couleur rougeûtre et panachée et brun verdâtre, très bien parsemés de petits cristaux .de diallage. Les 400 pieds du haut montrent trés bien leur disposition en lits par les différences de couleurs sur les tranches changées par l'influence atmosphérique ainsi que sur los surfaces récemment exposées. Les surfaces exposées à l'air sont marquées d’une série de bandes rouges et blanches opaques, les blanches étant plus larges que les rouges ; elles varient d’une ligne à un demipouce et deviennent souvent interstratifiées de lits de couleur chamois brunâtre, qui varient en largeur de la même manière. Quand la serpentine est taillée et polie, elle présente des bandes parallèles brunes, avec des lignes ressemblant à des veines rouge sang, qui coupent celles qui sont rouges sur la surface exposée à l’air. Ces lignes rouges sont quelquefois disposées en faux lits.

Au mont Albert, dans Gaspé, les serpentines qui sont là associées avec des schistes chloritiques, épido-

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LA CASPÉSIE 83

tiques et hornblendiques et qui ont été décrites à la page 281 (de la Géologie du Canada) recouvrent une étendue d'au moins dix milles carrés. Une grande

* partie de la serpentine est distinctement stratifiée et

souvent rubannée de couleurs rouge brun. Ilya peu de doute qu’on puisse obtenir là et dans beaucoup d'autres localités de cette région toute quantité voulue de belles variétés de serpentines propres à étre employées comme marbres.

Il y a d’autres gisements considérables de serpentine dans les environs du mont Serpentine et là aussi on : pourrait ouvrir des carrières capables d'alimenter une exploitation importante. ,

Pierre à ciment — D'après M.James Richardson, de la commission géologique du Canada, les dolomies noires jaunissant par l’action du temps et de l'air, que lon trouve au portage de la. Montagne et qui sont semblables à celles de la Grande-Coupe, à six railles plus bas que la rivière du Grand-Etang, forment une matière qui fait un ciment hydraulique très fort, se durcissant en quelques minutes, sous l’action de l’eau, en une masse très dure et tenace, de couleur jaunâtre. L’étendue de la formation qui renferme ces bandes de matières à ciment démontre qu’on pourra trouver une quantité considérable de cette pierre dans les différentes localités qui bordent la rive sud du Saint- Laurent,

84 LA GASr£sie

Ardoises et pierre meulière—Sir William Logan, qui a lui-même exploré ces localités, constate que l’on pourrait obtenir de magnifiques dalles ct de bonnes ardoises à toiture de quelques couches de calcaire arénacé qui se trouvent un peu à l’ouest de l’anse à la Vieille ; elles se fendent facilement en plaques de presque toutes les épaisseurs voulues, d'un quart de pouce à trois ou quatre pouces, ce qui est dû à'la présence du mica dans les plans de division. Le lit de conglomérat siliceux, à la base de la série des calcaires, ainsi que d’autres d’un caractère semblable et en plus grande quantité, sur la rivière de l'Ouest, pourraient fournir de bonnes pierres meulières.

Pierres à aiguiser—A la chute de la rivière Dartmouth, dans la détour que la rivière fait au nord du mont Serpentine, et le long cette riviére, les couches à la base des calcaires sont un peu tendres

et arénacées et passent parfois en grès à lits minces:

propres à fournir des pierres à faux. On a aussi trouvé dans la vailée de la rivière Ponaventure des roches qui feraient d'excellentes nierres à faux et même de bonnes pierres à aiguiser les autres outils. Ces roches sont par lits et pourraient se travailler facilement. |

Marne—Cette substance peut servir à de nombreux usages, Quand elle est pure, on l’emploie pour

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blanchir les bâtiments, nettoyer les métaux, ete. En la calcinant, on obtient urte chaux très blanche et on ne peut plus propre à faire du mortier de première qualité. Mais son principal usage se trouve dans l'agriculture, pour l'amélioration des sols trop sablonneux ou trop glaiseux, Aux sols glaiseux, elle fournit la chaux qui leur manque et aux terres sablonneuses elle donne une consistence qui les fait produire abondamment, En Europe, mais en France surtout, la marne est considérée comme une source de richesse et comme l’un des meilleurs amendements par tous les cultivateurs.

Dans la Gaspésie, la marne se trouve en plusieurs endroits, notamment sur les bords du lac Métis, à son extrémité supérieure, sur la côte du Saint-Laurent, à cinq ou six milles plus bas que la rivière Matane, dans les lacs. de Port-Daniel et ceux de New-Richmond et principalement aux environs de New-Carlisle, sur les bords de la baie des Chaleurs. A une couple de milles du village, dans une vallée d’un mille et demi en superficie, il y à quatre ou cinq petits lacs au fond et sur les bords desquels on trouve un lit de marne blanche et pure d'une épaisseur de cinq ou six pouces. À Matane, le dépôt, qui a une quinzaine de pouces d'épaisseur, forme le fonds de plusieurs marais qui occupent une aire de soixante et

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quinze arpents carrés, Ces gisements pourraient être exploités avec le plus grand avantage par les agriculteurs des régions environnantes.

Pierre à chaua—Les calcaires siluriers inférieurs de la formation de Chazy et du groupe de Trenton, qui fournissent de la pierre à chaux de: première qualité, se rencontrent en plusieurs endroits dans les terrains calcaires de la Gaspésie. Le dépôt le plus considérable et le plus pur se trouve à Port-Daniel. I] fournit d'excellente chaux. De grandes quantités sont exportées chaque année à l’Ile-du-Prince- Edouard, où il n’y a pas de pierre à chaux. Cette exploitation est considérable. De la carrière, la pierre est transportée sur un tramway jusqu'aux bâtiments à bord desquels elle est chargée. Ilen est expédié plusieurs cargaisons chaque année et ca augmente d’année en année. C’est une industrie importante pour cette localité, qui peut aussi fournir d'excellente chaux, pour les fins de construction ct de l’agriculture, à toutes les paroisses de la baie des Chaleurs.

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