TOPOGRAPHIE —MONTAGNES—RIVIÈRES—LITLORAL —PLACES D'EAU
La Gaspésie forme un immense plateau dont le principal versant incline vers la baie des Chaleurs. Ce plateau est divisé en deux parties distinctes par les monts Notre-Dame, qui ne sont
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\ que l’extrémité orientale de la chaîne des Alleghanys. À partir de | Gaspé, l’axe de cette arête montagneuse longe la rivé méridioji nale du golfe Saint-Laurent, à une douzaine de milles du bord de la mer. La partie la plus élevée a une largeur qui varie de deux i. à six milles. En partant de Gaspé, ces montagnes «ragvent vers ï l'intérieur, dans la direction du nord-ouesf, puis se retournent | vers l'ouest aux environs de Sainte-Anne-des-Monts et du Cap- | Chattes, où elles prennent la direction du sud-ouest, Les parties chti LL les plus élevées se trouvent dans la région où la rivière du Cap- td | Chat et la rivière Matane prennent leurs oaux. En partant de ver | | Gaspé et en allant à l’ouest, le principaux monts ont respective- He j ment la hauteur indiquée dans le tableau suivant : larg 11 La Terrasse-Est, sur les bords de la rivière Made- À | leine.. UT Te RD NO e RP 1,957 pieds heat chns de la mer. la sù [ La Terrasse-Ouest AM PA LUS Ernie : ® ENT ER 4 l | Le mont Albert, dans le haut de la vallée de la . es t ll be rivière Sainte-Anne... sus... ARE: Pr. SR ue & au 8 | Le Mont Logan. ..., Dans la val ) ..…. 3,768 « u u rale: “ Matouasi.., ) lée supérieure { ..... 3,369 4 Gi « “Bonhomme. ) de la rivière ( ..... 2,269 4, « u (1)
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La Montagne Ronde, au nord du petit lac Ma-
ane LL de D EN Ten ot UN 3,676 pieds au-dessus de la mer. Le mont Saint-Donat, entre la rivière Neigette et la rivière Métis......,.,.............. 2,035 « & «
Si hauts que soient ses principaux pics, cette rangée de montagnes ne forme pas la limite du versant nord du plateau de la Gaspésie, Les principales rivières qui se jottent dans le golfe Saint-Laurent ont leurs sources bien au delà de la ligne décrite par cette série de monts isolés et presque partout ce versant occupe à peu près le tiers de la largeur totale de la péninsule. La hauteur moyenne, dans le fond des ravines creusées nar les rivières, est à peu près de niveau avec l'élévation des eaux du lac Huron et du lac Michigan, qui sont à un peu plus de 500 pieds au-dessus du niveau de Ia mer, Les principaux cours d’eau qui ont leurs sources en arrière de certe arête montagneuse sont la rivière Madeleine, la rivière Sainte-Anne, la rivière Cap-Chat et la rivière Matane.
Sous le rapport de la continuité et de l'altitude, cette chaîne de montagnes est d’un caractère varié. (1) L’arête principale ou l'axe de cette chaîne est à une distance du Saint-Laurent qui varie de douze à vingt-cinq milles. En arrière de Métis, le sommet de ces: montagnes ne s'élève que rarement à plus de seize cents pieds, et cette région constitue plutôt un haut plateau, accidenté par quelques pics élevés, qu’une rangée de montagnes continue,
Sans être d’une qualité supérieure, le sol est pour la plus grande partie susceptible de culture et s'améliore en allant vers le Saint- Laurent, où l’on rencontre généralenrent des terrains glaiseux, profonds et fertiles, surtout dans la vallée de la rivière Métis. Au nord de cette rangée de monts élevés, il y a une autre lisière montueuse, mais plus basse, au delà de laquelle s'étend une bande de terre fertile qui a parfois une largeur considérable. Cette bande ainsi que les terrains bas qui bordent le fleuye et l'embouchure des rivières dont il reçoit les eaux, sont très propres à la culture et.presque partout recouverts d'établissements. À la rivière Sainte-Anne, la chaîne se divise en deux branchex, dont l’une court au sud tandis que l’autre s’avance vers le fleuve. A Mont- Louis, la chaîne ineline à l’est et son élévation diminue en allant vers le cap Gaspé, où elle se termine, laissant sur une longueur de vingt-milles au-dessus du cap Rosier, entre elle et le golfe, une large lisière de bonne terre.
ÂAu sud de cette chaîne, il y a une grande vallée intérieure dont la surface est souvent accidentée par des hauteurs ou rétrécie par les terrains montueux qui la bordent de chaque côté, au nord et
au sud. Sa largeur varie de dix à trente milles et elle offre généralement tous les caractères d’un plateau élevé. Le sol de cette
(1) Rapport du: Commissaire des terres de la Couronne pour l’année ‘1856 page 10.
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grande vallés est pruvre et léser en certains endroits, pierreux en d’autres, mais il est généralement arable et fertile. Ii y a même de grandes étendues d'excellentes terres, notamment dans la région où la rivière Matane a ses sources et le long du chemin Kempt.
Du côté de la baie des Chaleurs et formant la limite sud de la vallée intérieure qui vient d’être décrite, il y a une autre ligne de hauteurs, accidentée en plusieurs endroits par des monts de peu d’étendue, mais d’une certaine élévation. Vers l'angle nord du comté de Bonaventure et pas loin des bords de la rivière Bonaventure, trois de ces monts ont respectivement 1,394, 1,324 et 1,757 pieds d'altitude. Le mont Conique, vers les sources de la rivière Cascapédia, à 1,910 pieds de hauteur.
Le versant méridional de cette rangée de hauteurs s’abaisse graduellement jusqu’à la baie des Chaleurs. IL forme une bande de bons terrains arables, large de vingt à trente milles, offrant tous les caractères d’un plateau un peu élevé vers sa limite septentrionale, coupée transversalement par les vallées profondes et étroites au milieu desquelles coulent les grandes rivières qui ont leurs sources dans le plateau intérieur situé au nord de la rangée montueuse qui vient d’être décrite. La lisière qui borde la baie des Chaleurs est partout formée par des terrains d'excellente qualité. Depuis la Pointe-au-Maquereau jusqu’à la rivière Cascapédia, le littoral décrit en s’avançant dans la mer une courbe qui angmente considérablement la largeur de cette lisière de bons terrains arables. Le sol est uni et l’on pourrait avec avantage former des établissements jusqu’à une trentaine de milles de la côte. A l’ouest de la rivière Cascapédia, la surface du sol est plus accidentée et presque toutes les pointes qui projettent dans la mer sont dominées en allant dans l'intérieur par des montagnes isolées, mais qui ont jusqu’à 1,800 pieds d'élévation, comme le mont Tracadigèche, en arrière de Carleton.
Le long de la rivière Ristigouche, les montagnes sont moins élavées et bordent presque la rivière, Ces montagnes offrent au regard les paysages les plus pittoresques qu’on puisse imaginer. Leurs flancs, quelquefois abruptes, mais généralement inclinés en pentes douces, sont entourés par des vallées d’une étendue considérable et de la plus grande richesse. Le sol, même sur la cîme des montagnes, est partout riche, fertile et généralement exempt de roches, puis couvert de belles forêts de bois dur. La vallée de la rivière Nouvelle forme la plus belle partie de cette région montueuse, mais possédant un sol quisous le rapport de la fertilité ne le cède en rien à celui des plus riches régions de la vallée du Richelieu et du Saint-Laurent.
Vu de la mer, le littoral de la Gaspésie n'offre à l'œil qu'une série continue de paysages magnifiques, où le pittoresque le dispute au grandiose. Du cô‘é du golfe, le rivage forme une ligne
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courbe à peu près régulière et dont la course n’est accidentée que par de petites sinuosités, à peine perceptibles à une léwère distance. Il n’y a d’enfoncements un peu considérable qu’à l’embouchure des principales rivières, dont l'estuaire forme ce qu'on appelle dans Le langage du pays des barachois (1)
L'entrée de ces rivières fournit généralement aux goélettes et aux petits navires d’un faible tirant d’eau les mouillages où ils peuvent attérir avec plus ou moins de facilité. A Maft£ne, à Sainte- Anne, à la Rivière-Blanche, à Mont-Louis, à: l’Anse-x-Griffon. à la Rivière-au-Renard, il y a de ces mouillages qui constituent au‘ant de petits ports qui sont fréquentés par les goélettes employées dans la pêche ou le commerce de cabotage.
À Sainte-Anne, le village est bâtisur une presqu'île sablonneuse, formée par un barachois et l'embouchure de larivière. Les habitations s'étendent le long du fleuve, de chaque côté de ce point central. Une grève de sable blanc, ferme et unie, s'étend autour de l’anse. Vers l’intérieur, à quelque distance du fleuve, le ter. rain s'élève et les collines s’étagent les unes au-dessus des autres jusqu’à ce qu’elles se terminent par les Chikchâks, dont quelques cîmes, dans les environs, ont plus de trois mille cinq cents: pieds de hauteur. Saint-Anne-des-Monts est un poste agréable et salubre, offrant pour les mois d'été une retraite confortable à un valétudinaire qui aurait conservé assez de santé pour aller respirer l'air pur et frais en se livrant aux amusements de la pêche et de la chasse, A cette époque, les bords de la mer sont couverts de bandes de gibiers noirs; au printemps et à l’automne, les canards et les outartes abondent ; outre cela, dans les bois voisins des habitations, l’on trouve en tout temps des perdrix et des pores-épics. (2)
Plus loin que Sainte-Anne, en descendant, on aperçoit les Cheminées, rochers ainsi nommés à cause de leur forme, et plusieurs gentilles cascades de cinquante à soixante pieds de hauteur, dont la blancheur contraste avec la teinte sombre des arbres voisins. Toute cette côte, depuis Sainte-Anne, est haute, escarpée, coupée
ar de profondes ravines. Dans l’intérieur, les terres sont onnes et pourraient nourrir un grand nombre de familles.
À trente-six milles plus bas que Sainte-Anne est Mont-Louis, remarquable par l'abondance de la pêche, la fertilité des terres de la vallée et les avantages de son port pour les petits bâtiments employés aux pêcheries. Le blé mûrit ici aussi bien que dans les
(1; Le barachois est un étang ou lac qui se trouve ordinairement à l'entrée des petites rivières, au point où elles se jettent dans la mer. Les puissantes vagues qui arrivent du large élèvent un banc de sable à l'embouchure des rivières ; c'est derrière ce banc que se forme le barachois. Le surplus des eaux de la rivière tombe dans la mer par un canal étroit qui se creuse tantôt d’un côté, tantôt d l'autre” L'abbé Ferland, ZLa Gaspésie.
(2) L'abbé Ferland. ù
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environs de Québec. Les habitations du poste sont placées sur les bords de la rivière et abritées contre les vents par l’éperon d'une haute montagne,
La baie formée par l'embouchure de la rivière Mudeleine est bordée à l'est par un banc de gravier d'environ un mille de longueur et peu élevé au-dessus du niveau des hautes marées. Du côté de l’ouest, la baie s'étend jusqu’au pied d’une falaise, haute de quatre-vingt-dix pieds, qui se prolonge jusqu'à un quart de mille au delà de l'embouchure de la rivière et forme le cap de la Madeleine, Les strates de glaise dont se compose ce cap s’avancent à deux ou trois milles dans l’intérieur et forment une pente douce
qui offre un très beau coup d'œil. Le terrain est fertile et produit
de bonnes récoltes de blé. Le port offre un bon mouillage aux bâtiments d’un faible tirant d’eau. Cette lccalité est située à soixante milles du cap Rsier et à soixante et dix du cap Chatte.
La baiïe de la grande rivière au Renard forme un demi-cerele dont le diamètre peut être d’un mille. L'entrée est entre deux Caps, sans cesse minés par les flots; autour du bassin le terrain présente un amphithéâtre couvert de verdure et couronné de bois franc. : Vers le fond de la baie et au-dessus de i’embouchure de la rivière se déploie un barachois bordé de belles prairies, Cette baie est assez sûre; les bâtiments y mouillent sur un bon fond et à l'abri de tous les vents, si l’on excepte ceux qui viennent du nord, Autour de la rivière au Renard. le sol est excellent et naturellement couvert d'une herbe longue; il produit de bon blé de l'orge, de l’avoine, des pommes de terre qui viennent à merveille. Mais qu'est-ce que cela ? la mer n'est-elle pas là avec ses trésors inépuisables ? (1)
Environ quinze milles plus loin que la rivière au Renard, une terre basse s’avance au pied des montagnes et se termine à la mer par une pointe qui n’a guère plus de trente à quarante pieds de
‘hauteur. C'est le cap des Rosiers, ou Rosier.' À sept milles au
delà de ce cap se termine par le promontoire du Fourillon la chaîne des montagnes qui bordent la rive droite du Saint-Laurent. Le Fourillon est une péninsule ctroite qui s’avance hardiment jusqu’à une lieue dans la mer, entre l’anse du cap des Rosiers et la baie de Gaspé. Du côté nord, il présente un roc nu, taillé à pic et s'élançant à une hauteur de sept cents. pieds; c’est le reste d’une montagne dont une moitié a été précipité dans la mer après avoir été minée à sa base par la glace et par les eaux ; l'autre moitié est restée debout, droite comme une muraille, (2)
Au sud du Fourillon est l'entrée de la baie de Gaspé, belle nappe d’eau large de huit milles et s’avançant environ six lieues entre deux terres hautes. L'une, le revers du Fourillon, est montagneuse ; l’autre est diversifiée par des côteaux, des vallons, des
(1) L'abbé Ferland, passim.
(2) L'abbé Ferland. f
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bois, des groupes de maisons. La terre du nord est généralement escarpée. Sur quelques points, néanmoins, les montagnes s’'éloignent de la mer et laissent à leur base un espace plus uni, sur lequel se sont formés les établissements de la Grande-Grève, du Capaux-Os et de Penouille. Au f»nd de la baie de Gaspé est le moilleur port de toute la côte; il est séparé de la baie par deux pointes qui laissent entre elles un canal navigable pour de gros navires. Avant d'arriver à l'entrée du port, on rencontre à la côte sud l’entrée de la petite rivière Saint-Jean, près de laquelle, sur un côteau, est le village de Douglasstown. Sur la côte HE sée se tiouve la pointe au Penouille, d’où l'on aperçoit tout le port, avec une grande partie du bassin, ainsi que le village. Dans le port de (Gaspé se jettent la rivière Darmouth ou du Nord-Ouest, et la rivière York ou du Sud-Ouest, L'entrée de la dernière forme le bassin, qui a moins d’un mille de longueur et dont la profondeur varie de cinq à neuf brasses d’eau. Ce port intérieur peut recevoir une flotte considérable. (1)
A l’est et au sud, le littoral de la Gaspésie forme une ligne beaucoup moins rég ulière que sur la côte nord. Entre la pointe Saint-Pierre et le cap Canon, qui forme l'extrémité du prômontoire de Percé, il y a la baie et Je barachois de Malbaie. Le village de la Malbaie, ou plutôt les quelques maisons qui entourent l’église, sont bâties au fond de la baie et à l’entiée du barachois, qui est ‘séparé de là mer par un banc de sable qui a quatre ou cinq milles de longueur et environ deux cents pieds de largeur. De l'église, la vue s'étend au loin sur la mer. Vers l’ouest, une terre basse, coupée par le barachois etoffrant quelques habitations éparses, forme le fond de la baie, qui a une lieue de longueur sur trois delargeur. A l’autre bord de cette belle nappe d’eau se
dressent des montagnes brisées, au-dessus desquelles s'élève le:
mont Sainte-Anne, et dont les derniers contreforts forment l'île, ou le rocher, de Percé, et celle de Bonaventure.
Le village de Percé, qui est le chef-lieu du district judiciaire de Gaspé, est “bâti sur la pointe du promontoire qui borde la baie ‘de Malbaie à l'ouest. C'est un des sites les plus pittoresques de toute la Gaspésie. Au rivage sont les nombreuses embarcations employées pour la pêche; sur la terre le premier plan est occupé par les chafauds et de longs vignots; au-delà sont le palais de justice et les habitations, environnées chacune par un petit champ: en arrière, sur la colline, sont placés l’église et le presbytère, Le terrain s'élève graduellement à mesure qu’il s'éloigne de la mer et déroule à la fois toutes les parties de ce tableau, encadré par un demi-cercle de montagnes au-dessus desquelles se dresse la Table de Rolland où le mont Sainte-Anne, (2) qui a 1,230 pieds de hauteur, On peut le distinguer à une distance de quarante miiles,
(1) L'abbé Ferland.
(2) Ferland, La Gaspésie.
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lorsque le temps est clair, Aussi du sommet de cette montagne la vue est magnifique. Le regard plonge sur Porcé avec ses vignots, ses maisons, ses deux anses bordéss de barges, sur le mont Joli, le cap Percé et l’île Bonaventure, en face, humbiement courbés au pied du géant, Vers la droite une ligne bleuâtre se confond avec la mer et marque la direction que suit la côte, depuis la Grauce-Rivière jusqu’à la pointe au Maquereau ; sur la gauche, la vue embrasse la Malbaie ainsi que la baie de Gaspé et va se reposer sur les hauteurs du Fourillon, Le sommet de la Table de Rolland forme un plateau dont une partie est unie, dépouillée d'arbres et couverte d'une herbe épaisse. Le rocher de Percé paraît avoir autrefois été lié avec le mont Joli; il n’en est séparé que par un étroit canal, qui assèche à basse mer. La longueur de cette île de roc est de quatre ou cinq arpents et sa largeur n’est guère que de soixante à quatre-vingts pieds. Dans tout son pourtour le rocher n’est qu’une falaise continue, dont la hauteur moyenne est de deux cent quatre-vingt-dix pieds. (1) Vers le milieu, la mer et la glace ont percé dans ce roc nne arche a:sez grande pour permettre aux barges d'y passer sous voiles. C’est de cette arche que la localité tire son nom de Percé, qui n’est qu’un abrégé de Roc-Percé. Du côté du mont Joli, le cap Percé est coupé à pic. Dans cette direction, le plateau se retrécissant, s’avance de plusieurs pieds au-dessus de la mer et se termine en pointe.
À partir de Percé, l'aspect du littoral est à peu près uniforme jusqu’à la baie de Cascapédia. La côte est échancrée par des enfoncements plus ou moins considérables à l'embouchure des rivières et dans les parties élevées, comme au cap Désespoir, la falaise est à pic et surplombe même la mer. Mais ces points élevés sont comparativement peu communs, et presque partout les terrains s’approchent de la baie par une pente douce et graduelle, notamment dans Paspébiac et New-Carlisle. Cette dernière iocalité est situé sur une petite éminence et le village, qui est le cheflieu du district judiciaire et du comté de Bonaventure, offre un des coups d'œil les plus jolis et les plus agréables. À peu près à mi-distance entre ce village et le port de Paspébiac, on aperçoit la résidence princière de M, le Dr Robitaille, actuellement lieutenant-souverneur de la province de Québec. Cette belle résidence est bâtie sur la déclivité d’une élévation d’où la vue s'étend sur la mer et sur le port de Paspébiac, où la maison Robin a son principal comptoir.
La baie de Cascapédia, formée en grande partie par l'estuaire de la rivière du même nom, s'étend depuis New-Richmond jusqu’à Maria. Elle s’avance joliment loin dans l’intérieur et elle est entourée par des hauteurs qui offrent partout des paysages d’une
(1) Ferland, La Gaspésie.