‹ Esquisses biographiques extraites des tablettes généalogiques de la maison de Goethals par le Chevalier L'ÿvêque de la BasseMouturieChapitre 7 sur 75 · MO · texte numérisé non relu

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noine de l’église collégiale de Saint-Amé, et il y finit pieusement sa vie le 1 5 février 1 599.

•f XLIII. François Goethals, alias Pawagathus et Eucollüs, né en i539, frère du précédent, était déjà Docteur fameux en droit canon et romain à l’Université de Louvain, en l’année 1570. Ecrivain fécond, poète élégant, juriste profond, il a, dans plusieurs ouvrages estimés, imprimé le sceau de son savoir et de son génie (1). 11 obtint le premier la chaire du droit canon à l’Université de Douai; et il s’y fit une telle réputation , que le Pape lui permit, quoique marié et père de onze enfans , d’embrasser le sacerdoce. Il devint Chanoine de l’église collégiale de Saint-Amé de Douai, tandis que son épouse, Catherine van Gobelsroj , Dame de Saint- Quentin, se faisait recevoir à l’abbaye de Denain en Hainaut.

Il mourut en 1616, après avoir reçu les sept sacremens.

•j- XLIV. François-Albert-Ingelbert Goethals, que V. Andræas qualifie d’homme pieux et docte (2), fils de François, qui précède, et de Catherine van

(1) Foppcns, p. 293. — Ephémérieles historiques de la ville de Douai, p. )j 3 . — Van Yaemewjck, et 10' Miscellanée , de M. Jules de Saint-Génois.

(2) Foppens , p. 295.

Gobelsroy, fut Licencié en l’un et l’autre droit , et Chanoine de l’église collégiale d’Anderlecht, près Bruxelles. Il obtint une prébende de chanoine royal A l’église cathédrale deSaint-Bavon à Gand , et devint Aumônier et Prédicateur extraordinaire de Leurs Altesses Albert et Isabelle, Souverains des Pays-Bas.

Il mourut à Bruxelles le a 4 décembre 1627, et fut, d’après l’acte de ses dernières volontés, enterré aux Dominicains dans la même ville. Il avait légué à l’Université de Douai la riche bibliothèque de feu son père.

XLV. François Goetiials, fils de Jean et de dame Marie Laerbauts, Maître-ès-arts , fut un grand amateur des sciences et des lettres, qu’il cultiva avec distinction. Il habitait Bruges, où il postula une place dans la magistrature, et d’où il adressa à son homonyme et cousin germain François (n° 71), qui précède* une épître en vers, à l’occasion de son traité de felici et in/elici Republicâ , ad Senatum brugenseih. Le Docteur lui répondit par une missive au commencement de laquelle on trouve cette phrase, qui corrobore ce qui est dit p. vi, lig. 5 de l’Introduction :

Gandâ Oriundus

Mobile Franciscus, Colli Eücollus à bonitate, etc.

On trouve cette épître, avec la réponse, en tête

*«Ot)lSS*S BIOGRAPHIQUE».

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de la huitième édition dudit traité, imprimé à Louvain, en 1567.

François Goethals a figuré dans la magistrature de la ville de Bruges, dans les années i 56 a et i 56 c), comme Conseiller (Ledoux Wetten van Brugghe, p. a 35 et 24°)-

XLVI. Henri Goethals, fils de Henri et de Marie JVenemaere (n° 1 3 des présentes Esquisses biographiques), sixième Seigneur de Nieuwland, naquit en 1289, et mourut célibataire en 1367. Il avait occupé, pendant longues années, la charge de Proviseur de l’hospice de Saint-Jacques, dont il fut le bienfaiteur (1), et huit fois celle d’Echevin de la ville de Gand (2). Il était agrégé au corps des métiers, et nommé Doyen de la corporation des brasseurs , ce qui lui fit, comme à Jacques van Artevelde, donner le surnom de Brasseur ( 3 ).

(1) Il habitai! la maisun seigneuriale de JVieuwland, qu’il tenait de son grand-oncle et parrain Henri de Gand, le Docteur solennel. Cette maison, appelée hooghuys , à cause de son élévation, était située vis-à-vis la chapelle et l’hospice Saint-Jacques, qui, comme nous l'avons dit, p. 12, avaient été fondés par son oncle.

(a) L’Espinoy, Recherche des Antiquitez et Noblesse de Flandres , p. 448) 4G5 , 471 , 474» 499. 5oi , 5i 1 et 5ia.

(3) Chacun des corps de métiers de la ville de Gand , au nombre de cinquante-trois, avait pour Doyen quelque citoyen re-

XLVII. Hubert Goeth als , fils d’Hubert et de dame Alix de Yriendt, fut Chevalier du Saint-Sépulcre,

cmnmandable par sa naissance, sa fortune et sa considération. Celui-ci était, avant son élection, tenu de se faire agréger à la corporation (*) dont ensuite il devenait le protecteur. 11 la représentait devant le magistrat, devant les tribunaux, partout enfin où il était besoin de soutenir ou de défendre scs droits ou ses prérogatives. Ces sortes de protectorats étaient à vie, et la succession des temps identifiait, tellement le patron à la corporation, qu’habituellement il se faisait gloire d’en prendre le nom. C’est ainsi que, dans les anciennes chartes, on voit les plus nobles citoyens, tels que les Borluut , les Varnewyck , les Bette, les Uutcnhovc , etc. , affublés des sobriquets de Boucher, de

(*) L'agrégation dans les difTércns corps de métiers était d’un usage presque général parmi les Gentilshommes gantois , parce qu’elle était une des conditions indispensables pour être admis au magistrat de la ville. On pourra se faire une idée du prix qui y était attaché par l’épitaphe suivante, que j’ai vue, le i 01 juillet dernier, à l’hôtel-dc-ville de Gand:

« M. le vicomte de Varnewyck d’Angcst, issu d’une de ces familles « nobles et patriciennes qui, déjà dès les treizième et quatorzième siècles, « inscrivaient souvent leurs noms parmi les corporations des métiers, « alors toutes-puissantes, etc. »

Lors de la prise de Liège par Charles-le-Témérairc, en l’an 1465, le sire d’Himbercourt, envoyant aux Liégeois des parlementaires, leur dit: « Allez, mes amis, parlez à' ce peuple; dites-leur que vous venez de u ma part; faites-les souvenir que j’ai été gouverneur de leur ville; que « je les ai toujours traités doucement ; que je ne voudrais pour rien au « monde consentir à leur ruine. Ne suis- je pas un de leurs confrères? « J’ai été reçu du métier des forgerons ; ils m’ont vu portant la robe « de livrée de leur corporation et marchant sous leur bannière; ne « doivent-ils pas se fier à moi? » ( Histoire des ducs de Bourgogne , 6 « édit, de Bruxelles, t. y, p. 6j.)

ESQUISSES BIOGRAPHIQUES. 3g

Ilallebardier du Duc de Bourgogne Philippe-le-Bon , et jouteur distingué.

Boulanger, de Maçon , de Tisserand , etc. , ce qui a quelquefois égaré la perspicacité des chroniqueurs étrangers , de Froissai t lui-même.

Le spirituel roman historique intitulé le Brasseur Roi a été conçu dans cette préoccupation; cependant Artevelde appartenant à une famille illustre, puissante, alliée à des maisons souveraines; Artevelde, petit-fils de Sohier-le-Courtraisien, l’un des plus nobles Chevaliers et des plus vaillans Capitaines üamands; Artevelde, qui pendant sept ans a tenu la Flandre sous sa domination; le célèbre Jacques Artevelde n’était point brasseur, mais il était agrégé au corps du métier des brasseurs , et l’on avait , pour cette raison , ajouté à son notn la qualification de Brouwer.

Il était de plus chef Do\en de toutes les corporations. Cette espèce de consulat lui donnait, sur la classe nombreuse et ar-i . niée des artisans, une autorité redoutable; et c’est à ce titre, non moins qu’à la noblesse de son origine, à sa valeur dans les combats, à la puissance de son génie, à la magnificence de ses dépenses, à la popularité de scs manières, qu’il dut son élection b la dictature , sous le titre de Rwwaert (*}.

La mémoire de cet homme extraordinaire est encore chère aux Gantois. Yoici comme s’exprime, b son sujet, M. Cornelissen, dans ses Recherches sur van Artevelde :

« La justice dans l’histoiie est, sous quelques rapports,

« semblable b la justice divine , si énergiquement dépeinte dans « une strophe d’Horace : elle arrive lentement et en boitant,

« mais elle arrive. C’est qu’elle aussi est vengeresse du nîcn- « songe et de la calomnie; elle détache du pilori de l’opinion « l'homme véritablement grand et vertueux que d’injustes pré-

(*) Étymologie tentonique, Ruh, paix, Gward, gardien. Ici le mot, paix est synonyme de Keure, loi ou plutôt constitution

Il mourut à Home au retour d’un pèlerinage à la Terre-Sainte. Son épouse, Marie Metteneye , se retira après sa mort au couvent de Sion-lès-Courtrai , auprès de ses filles Marie et Isabelle.

XLYI1I. Liévin Gokthals, troisième fils d’Henri Goethals-Wenemaere, Chambrier du Gomte de Flandre Louis de Nevers, et Echevin de la ville de Gand en 1 348 (i), épousa damoiselie Tiburce de Calckine, fille de Baudouin et de Marguerite Rym.

XLIX. Pierre Goethals, septième Seigneur de Nieuwland, fils de Liévin, qui précède, et de Tiburce de Calckine , fut très-attaché aux Comtes de Flandre, auxquels il resta fidèle pendant la dictature de Jacques d’Artevelde et de Philippe son fils (a). Il fut du nombre des gentilshommes qui dé-

« ventions y avaient attaché; et Jacques d’Artevelde, se levant a une seconde fois, après un intervalle de cinq siècles, est ré- « concilié avec la postérité, le patriotisme et l'houncur. »

Une chose bien digne de remarque, c’est que ce fut à l’instigation de Jacques d’Artcveldc, et pour dissimuler aux yeux de la multitude l'iniquité de ses prétentions, qu’Edouard III prit le titre et les armes de Roi de France. C’est donc à un Gantois que les Rois d’Angleterre sont redevables de l’honneur d’avoir vu figurer, pendant quatre siècles, trois Jleurs-de-lis sur leur écusson.

(l) L’Espinoy, p. 478 .

(3) La dictature du lluwaerl Jacques d'Arlevelde dura depuis l’annce i33^ jusqu’en 1 345. Celle de Philippe , son fils, depuis

fendirent, en i38a, la ville d’Audenarde contre le» insurgés.

L. Olivier Goethals, fils de Justaes et de dame N... de Gaule , né à Blois en i35o, devint Chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Chambrier de Charles V, et ensuite Ecuyer du Duc de Bourgogne et Comte de Flandre Philippe-le-Hardi. Il fut, en 1397 , chargé par ce Prince de l’importante mission d’aller traiter de la rançon de Jean deNevers, son fils, qui avait été fait prisonnier à la funeste journée de Nicopolis (i).

LI. Geresi Goethals, fils de Pierre (n° 49 ) ci-dessus et de Catherine Mahieu , huitième et dernier Seigneur de Nieuwland (qu’il vendit en i43i an

février l38i jusqu’à la bataille de West-Hoosebcke , où il fut tué. Je 14 novembre i58î. Diericx, dans son Appendice aux Mémoires sur la ville de Gand, p. 168, porte la date de cette bataille au 5 décembre, en affirmant que le iq novembre Philippe van Arlevelde se trouvait au siège d’Atidenaerde,

(1) La rançon du Comte de Nevers fut fixée à deux cent mille ducats, qui feraient aujourd’hui treize millions de lianes. Desmet, dans son Histoire belpir/ue, dit qu’un seul négociant de Bruges se rendit caution du paiement de cotte somme, qui fut piçsquç aussitôt acquittée par les villes de Gand, Bruges et Ypres. Telle était, ajoute-t-il, l’opulence des Belges à cette époque, qti'en l’an i 539, Jean, Duc de Brabant, mariant sa fille au fils d'Edouard III, roi d’Angleterre, lui fit une dot de 3oo,ooo livres sterling qui, d’après le cours de la dépréciation des monnaies , représenterait de nos jours la somme de 5oo millions.

4l ESQUISSES BIOGRAPHIQUES.

Chevalier Clocman) , naquit en i 3 üo; il assista avec son frère Baudouin et ses cousins Hubert (n° 47) et Georges-Goethals-Vander-Hecke, aux tournois de Bruges en i 3 g 2 , ainsi qu’aux joutes que le Duc de Bourgogne, Jean-sans-Peur, tint pendant trois jours, à Gand, à l’époque de la Saint-Jean 1416. Il fut du nombre de ceux qui , cinq ans plus tard, allèrent en France venger la mort de ce Prince à la suite de Philippe-le-Bon son fils.

Echevin des Parchons en 1417 et i 4 a 3 (1), en i 4 a 6 il contribua à la construction de la nouvelle halle , située auprès du beffroi (a).

LII. Baudouin Goethajls, frère de Gerem, qui précède, né en i 365 , fut armé Chevalier en 1396, après la bataille de Nicopolis, où il s’est couvert de gloire. 11 fut Echevin de la ville de Gand en i 4 io ( 3 ).

LUI. Baudouin Goethals, fils de Baudouin, précité, et de Marie Struybels , Sire de Puyvelde et Chambellan de Philippe-le-Bon. Il accompagna ce Prince dans ses conquêtes de France; assista, en 1421» au siège de Pontarlier, en Franche-Comté, ainsi qu’à la conclusion du traité d’Arras, en i 435 . Il fut ensuite

(1) L’Espinoy, p. 61 1 .

(2) L’Espinoy, p. 624.

( 3 ) L’Espiuov, p. 599.

Haut-Echevin du pays de Waes et de Tenremonde.

LIY. Gilles Goethals, frère de Baudouin , cidessus, fut Archer de la noble garde du Duc de Bourgogne Philippe-le-Bon. Il assista, en 1427, auxjoutes de l’épinette à Lille (i). Puis ayant été reçu dans l’Ordre des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalém, résidant alors à l’ile de Rhodes, il se distingua, l’année suivante, dans le combat d’une galère de l’ordre, conduite par le Commandeur d’Almeida, contre deux vaisseaux sarrasins qui furent pris à la' hauteur de l’île de Candie.

En 1437, il fut tué à Bruges avec le Maréchal de

( 1 ) Ces joutes ou tournois, fondés à Lille par saint Louis, eu ia4*i» avaient lieu, chaque année, après les fêtes de Pâques. Ils furent régulièrement suivis pendant trois siècles, suspendus par Charies-Quinl en i5a8, et definitivement abolis, en i55g, comme ils le furent presque partout après que la mort de Henri II, roi de France, tué cette même année dans le tournoi des Tourneiles, eut fait reconnaître les dangers de ces sortes de diverlissemens militaires. {Voir ci-après. Notice sur les tournois.) C’était, dans ces temps chevaleresques , une des magnificences de la noblesse européenne, qui comparaissait à ces jeux par l’élite de ses Chevaliers. Louis XI, Roi de France, étaut à Lille en 1464 , y jouta en personne contre Baudouin Gomer, Roi de l’épinetle. Il en fut de même de plusieurs Ducs de Bourgogne, Archiducs d’Autriche, et autres Princes des maisons de France et d’Angleterre.

L’étymologie du nom donné à cette fête est dans la branche d’aubépine qui était le seul prix donne au vainqueur. ( Histoire ries Rois deCèpinelte , bibliothèque de Lille, lettres KM , p. 69 .)

Yilliers de l’Isle-Adani , par les habitans de cette ville, insurgés contre leur Souverain (i).

LV. Pierre Goethaes , fils de Jacques et de Marie van der Coutere , né à Gand vers l’an i388, passa pour un des plus braves Officiers de Philippe-le-Bon, qui le créa Chevalier de Bourgogne et son Ecuyer. Il fit les campagnes de France, se distingua à la prise de Provins (en Brie), et, après la paix d’Arras (i435), devint Gouverneur de Chiinay dans le Hainaut ( 2 ).

(1) Philippe-le-Bon , voulant tirer vengeance de la mutinerie des Brugeois, prétexta un voyage en Hollande pour passer par leur ville. Il y fit son entrée le 2 1 mai 1 407 > avec une suite nombreuse dans laquelle on remarquait : Roland d'Uvtkerkc, Collaert de Cotnines, le Comte d’Estampes, Jean de Yilliers, sire de l’Isle-Adain, Gilles Goethals , Jacques de Crève-Cœur, Pierre de Roubaix , Philippe de Thcrouanne, Jacques de Kiville , Jossc de Lichtervelde, les Seigneurs d’Humièi es, d’Hauhourdin et beaucoup d’autres. Bientôt le peuple de Bruges s’inquiète de l’attitude hostile du prince; il courut aux armes et tomba sur sou escorte avec tant de fureur que Philippe lui-même faillit en être la victime , et n’échappa que par miracle. Bon nombre de ses chevaliers furent tués en le défendant, et de ce nombre furent Villiers de l’Isle-Adam, chevalier de la Toison-d’Or, et Gilles Goethals, chevalier du Saint-Sépulcre. Ils furent inhumés à l’hôpital Saint-Jean. (Beaucourt, Epitaphes de Bruges, MS. in- 4 °, n° 356 , p. 28 et 29.)

(2) Il est cité par Sanderus parmi les gentilshommes qui, en 1421 , accompagnèrent Philippe-le-Bon en France , alors qu’il s’y rendit pour tirer vengeance de la mort de son père Jean-sans-

En i 44 o, il fut envoyé en mission diplomatique vers Charles VII , Roi de France, avec les Sires de Lichtervelde,de Commines, de Cachtem, de Saint- Georges et de Hâutbourdin; il y fut également Député en i 45 t>, alors que ce Prince se trouvait à Montbrison.

Il mourut en 146G, par suite de blessures reçues au siège de Dinant, et fut enterré dans l’église de Saint-Lambert à Liège. Sa tombe , placée vis-à-vis celle de son parent le Doyen Henri (n° 27, p. 24), était décorée de seize quartiers (1). Sa mort inopinée empêcha sa réception dans l’ordre de la Toison-

Peur, assassiné sur le pont de Montereau; on trouve à la page 79 du toinc I er de sa Flandria illustrata : Elenchus virorum in Flandrid nobilium sub PIlilippo Bono ad annum 1421 in Franciam ad ullionem paternæ necis runte : E Gandavo E. fVasia, Petrus tioetbals , etc.

(1) Voici la traduction de l’épitaphe de son tombeau, telle qu’elle est inscrite en tlamand dans les archives de l’église de Saint-Lambert :

Monument de très-valeureux et très-noble homme Messire Pierre Goetlials, grand Capitaine au service du très-excellent Duc Philippe-le- Bon , Chevalier de l'ordre de Bourgogne , marié à damoiselle de Hondt. Sa carrière fut des plus glorieuses. 11 se distingua par sa grande bravoure dans toutes les guerres qui eurent lieu sous le bon Duc, dont il fut grandement estimé , et mourut le 24 aofit 1466. — Goethals, de Calckinc , Mahieu, F. D. Briele, F. D. Coutere, Bym, Baronaige, de Friendt ; — de Hondt , van Faemewyck de Jaegere , Ulomme , Sanders , F. />. Linden, Jioggcmans , F. D. Abcele.

d’Or, qui lui était promise, et pour laquelle il avait fait ses preuves nobiliaires.

LVI. Philippe Goethals, fils de Pierre, qui précède, et de Catherine de Hont, né en i 4 a 4 > fut Archer de Philippe-le-Bon , qui le créa Chevalier et Ecuyer de la Duchesse son épouse. Il fut tué à la bataille de Montenaken, en i 465 , près de Liège, où il se trouvait sous les ordres de Philippede-Horne, sire de Gaesbeke.

LVII. Everard Goethals, son frère, Chevalier de la milice dorée, fut, en 1 4^4 ? chargé d’une mission à la Cour d’Allemagne. Il fut tué à la bataille de Granson, en 147 5 .

LYIII. Loois Goethals, frère des deux précédens, Franc-Archer de Philippe-le-Bon et de Charles-le- Téméraire. Il fut créé Chevalier par ce dernier, et reçut la mort à ses côtés à la bataille de Nancy, en 1476.

LIX. Gerolf Goethals, fils de Gerem (n° 5 i) et de Jeanne de Kejsere, licencié en l’un et l’autre droit, Conseiller pensionnaire des Parchons et Gouverneur des Pauvres Claires à Gand, du vivant même de la réformatrice de cet ordre (sainte Colette, qui y est morte le 6 mars 1 447)» eut, ainsi que son frère Henri, beaucoup à souffrir lors de l’insurrection des Gantois en i 4 Ô 2 , à cause de son attache-

chement à son souverain Philippe-le-Bon (i); mais, après la victoire de Gavere , ils reçurent l’un et l’autre , de la part du Duc , une indemnité de 5 oo livres d’or et la charge d’Avocats du Prince.

LX. IIügues Goethals, aussi fils de Gerem et de Jeanne de Keysere , servit pendant quelque temps en France, et fut, à la prise de Pontoise, créé Chevalier par Charles VII, dit le Victorieux, Roi de France, avec deux autres Chevaliers flamands: Jean van Schoonvelt et Pierre van Lembeke.

Il fut Maître-ès-lois et décrets de l’Université de Paris, et fit partie du Magistrat de Gand en i 44 i> 1460 et i464 (2).

LXI. Simon Goethals, fils de Laurent et de Marguerite de Lannoy , fut Prieur des Chartreux à Bruges, où il mourut vers la fin du quinzième siècle. Pierre de Coninck lui succéda en 1 497 ( 3 )-

LXII. Jacques Goethals, fils de Pierre et de Jeanne fFittenbroot, fut Capitaine d’une compagnie de picquenaires au service de Philippe-le-Beau , puis Panetier de la maison du même Prince; plus

(1) Cc fait est amplement rapporté dans l’ouvrage intitulé : Chvonyke van Vlaeiuleren , p. 285.

(2) L’Espinoy, p. 65 g, 702 et 708.

( 3 ) Voyez le Généalogie-bock de Devos , t. i* r , p. j 5 ; elle Cbronicon Carthusiarum de Lambert Surius.

tard il fut confirmé dans cette charge par Charles Quint. En i53o, il devint Colonel de la garde bourgeoise de Gand.

Il fut inhumé dansl’églisedeSant-Michelen i54i. Voici son épitaphe :

« Sépulture van Jo' Jacobus Goethals f* Pieters, « en van Joncv. Joanna JFittenbroot , die overl. den a 1 5 in lauive 1 54 1 . »

LXIII. Hejtri Goethals, frère du précédent, Ecuyer de l’Archiduc Philippe d’Autriche et Officier dans une compagnie de francs-archers de ce prince. Il obtint l’agrément de son Souverain pour suivre en Italie le Roi de France Charles VIII, et se signala à la bataille de Tortone, où il fut créé Chevalier de l’ordre royal de Saint-Michel.

f LXIV. Egide ou Gilles Goethals, fils de Liévin et de Claire van der Beken , né à Gand, le a5 février de l’an i5oo(i), fut Docteur en médecine de l’Université de Louvain et fort expert en chirurgie; puis il embrassa l’état ecclésiastique et devint Chanoine gradué de la cathédrale de Saint-Bavon (autrefois Saint-Jean), Protonotaire apostolique par bref de Sa Sainteté le Pape Alexandre III, du 12 mars 1 546.

( 1 ) Le même jour où Cliarles-Quint vint au monde, dans le palais nomme la Cour des Princes , b Gand.

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« Il exerçait gratuitement dans sa ville natale la « médecine et la chirurgie, faisant servir son expé- « rience et son savoir à soulager les malheureux « et les pauvres qui venaient réclamer son secours (i). » •

Gilles Goethalsj auteur de plusieurs ouvrages ascétiques et médicinaux en langue flamande, mourut le 10 avril 1670, à Gand, où il fut enterré à Saint-Bavon, dans la chapelle des Trois-Rois , dite du Pénitencier, fondée par sa piété, et qui fut longtemps désignée sous le nom Goethals-Capelle. On trouvera ci-contre la représentation du vitrai de cette chapelle tel qu’il était naguère. Le tableau tumulaire établi sur le pilier extérieur contenait l’épitaphe suivante :

É. Regione sepultcs est magjster ÆG 1 DIUS GOETHALS,

Hiijus ecclesice Canonicus graduât us,

Protonotarius apostolicus, J. U. L.

Médicinal Docior , chirurgiæ expertissimus ,

( 1 ) Ce paragraphe est extrait de la huitième Misceltanèe , de M. Jules de Saint-Génois. V. en outre, la Notice biographique sur ce vénérable ecclésiastique, broch. in-8°, publiée à Gand , par Yanderhaegen; voyez aussi Hellin, f» 3oi , et Foppcns, p. 3o.

Qui pauperibus et miseris hominibus libenter Et gratis opitulando omnibusque beue consulendo, Moriens magnum desiderium sui reliquit.

LXV. Baudouin Goethals, fils de Henri et de Catherine van Lembeke , Seigneur de plusieurs fiefs dans le pays de Nevele, et à Vosselaere, fut Docteur en l’un et l’autre droit, et Echevin de la ville de Gand en différentes années, ainsi qu’Electeur au renouvellement de son magistrat, en i5i 6 (i). Il

(i) L’Espinoy, p. 765, 810 et 8 1 4 - . Baudouin avait épousé Marie van Ravcschoot, dont il eut deux fils enterrés a Vosselaere, en 1 558 et i 55 g, sous une pierre bleue qui existe encore telle qu’on l’a représentée ci-conlre.

Le caveau est encore aujourd’hui à l’usage de la famille dans la branche des comtes Goethals-Pecsteen.

La pierre carrée qui ferme ce caveau est ornée de seize quartiers qui sont : Goethals, Mahieu , de Keysere , V. de Putle , y , Lembeke, V. Seclin, V. de Kerchçve, de Vriendt , — V. Raveschoot, Sersirnoens, Jours, Mÿtc* IVielant, Dausin, Blomme, Dumont.

A propos de van Ravcschoot, voici sur son origine une anecdote traditionelle assez piquante, qu’on trouve dans le livre de Jean d’Hollander intitulé : Anciens nobles militaires de la province de Flandre , p. 112:

« Le comte Arnould le viel , estant en discours avec Seirid le « Danois, premier Comte de Guines, son gendre, sur l’expé- « rience et la hautise de l’arc, fit venir un de ses {Normands , « nommé Coel , qui tira deux plongeons d’une flèche au grand « étonnement de ces princes et de toute rassemblée, et étant

avait le titre de Maître des requêtes de l’Empereur Maximilien.

LXVI. Henri Goethaiæ , fils de Jacques et d’Anne Ackerman , Chevalier du Saint -Sépulcre, suivit l’Empereur Maximilien à la bataille de Guinegate-lèz-Térouane , en 1479, et ^ ut du nombre des trois cents Chevaliers qui, après ce glorieux faits d’armes, reçurent leurs éperons de la main de ce Prince. ’

LXVII. Jacques Goethals , frère du précédent, et comme lui Chevalier du Saint-Sépulcre, fut Ecuyer de l’empereur Maximilien, prit part au tournoi qui eut lieu, en i5o8, au marché du vendredi à Gand, où quarante-quatre Chevaliers, armés de toutes pièces, divisés en deux camps, combattirent à ou-

« alors sur-le-champ, il y passa une troupe de corbeaux {raeen) « desquels un jeune chevalier, nomme Balderic, tua Mois d’an « coup de flèche, ce dont le comte Arnould de Flandre fut « grandement joyeux, a cause que les Normands coignoitroient « la dextérité d’arines des Flamands. Ledit comte de Flandlc « donna a ce gentilhormpe un grand district de terre contre les « rainpars de Gand, où le fait s’était passé, avec de grands pri- « vildges et droits seigneuriaux sur l’an 964. Balderic, pour per- « pétuer la mémoire de ce fait, prit le nom de Rnvch-Schoot et « arma son écnde trois corbeaux. » (Voyez encore le Byvoegsel der historié Van Belgis door marcus V. Varnawyck , tome 2 , p. 110, et les Mémoires sur la ville de Gand, parle ch. Diericx, t. ■ 1 , p. 272 et 273.)

rrancf , à l’occasion de la joyeuse entrée de cet Empereur (i).

Jacques Goethals prit également part à la bataille de Guinegàte, et, comme son frère, y reçut l’éperon.

LXVIII. AucUsTiir Goethals, fils de Jacques, qui précède, et de Marie van der Coyen , né eh i5oi , accompagna Charles -Quint dans son expédition contre Tunis, où il commandait une compagnie de cent cuirassiers. Il assista aux batailles de Pavie en ï5a5, de Cerisoles en i544>de Mulhbergen 1 547* de Metz en i55a, de Gravelines en 1 557 » etc -> etc -

Il obtint, en récompense de ses glorieux services, le titre dë Chevalier et une majoration d’armoiries. Elle consistait en i’écartelage de son écu, aux deuxième et troisième, d’argent au lion de sable, par allusion à ses campagnes d’Afrique.

•fLXIX. Jacques Goethals, fils d’Augustin et de Jacqueline van der Meulen , vingt-cinquième Prélat de l’abbaye de Tronchiennes-lèz-Gand, était un des hommes les plus marquans de son époque.

Le 1 5 décembre 1628, il fut, sur la demande de l’Evêque de Gand, désigné parmi les juges synodaux dü diocèse, dans l’ordre suivant : Nicolas Hau-

(1) L’E.pinoy, p. 799.

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dion, Doyen du chapitre, Jacques Goethals, abbé de Tronchiennes , Ant' Srpets, archiprêtre, François de Ghistelles, Maximilien van de Woestyne, Corneille Ooms, Luc Ooms d’Heyne.

En 1640, après l’incendie du vaste toit de Saint- Bavon, causé par l’imprudence des plombiers, le Prélat de Tronchiennes contribua à la réparation de ce désastre pour la somme de quatorze cspts florins courans de Brabant. Il mourut en 1647 (1),

■f LXX. Marie Goethals, cousine du Prélat susdit, fille de Charles Goethals et de Marie van fier Noot, fut élue Prieure du couvent des daines hospitalières nobles d’Alost, où elle fit preuve de trentedeux quartiers de noblesse. Elle y décéda le 9 septembre i 656 et fut inhumée dans la chapelle de cette communauté, devant l’autel, du côté de l’évangile, sous une lame de marbre blanc décorée de ses armoiries, et avec une inscription flamande.

LXXI. Philippe Goethals , fils dp Pierre et de Barbe De Vos , Docteur en l’un et l’autre droit de l’Université de Paris, et l’un des meilleurs légistes de son temps, fut nommé, par Philippe-le-Beau , Conseiller au Conseil provincial établi en Flandre. Charles-Quint le nomma son Conseiller honoraire,

(1) Sandcrus, l. 1, liv. 4 > p. 5 10.

Maître des requêtes, et lui délivra des lettres parentes de Chevalier le 27 janvier 1 547 -

* Juriste profond, praticien consommé (i), Phi- « lippe Goethals a laissé plusieurs manuscrits sur le « droit criminel et civil, dont un seul fut imprimé « à Bruges, après sa mort. »

Son manuscrit ayant pour titre: Institutiones jüridicæ, écrit en i5/jo , fut consumé par l’incendie de la bibliothèque royale de Londres, le 7 novembre 1731.

Il avait épousé demoiselle Marguerite Corthals , et décéda à Garni, nonagénaire, en i 55 o. Il fut inhumé dans le caveau de sa famille, dans l’église de Saint-Bavon, vis-à-vis l’ancienne chapelle des fonts baptismaux (9.).

-j- LXXII. Jérôme Goethals, fils de François et d’Anne Ruffelaert, fut reçu dans la Société de Jésus par saint Ignace lui-mëme , et mourut en 1 5 q 4 , à l’âge de quatre-vingt-onze ans, Supérieur d’une

( 9 ) Extrait de l’article 6 des Miscellanées, de M. Jules de Saint-, Génois.

( 1 ) Yoici l’inscription qui se trouve sur sa pierre tumulaire :

« Hier voorem light begraaen Jo’ Philips Goethals, F" Pieters, die « overleet int’jaer ans heeren i55o. Den eersten dagh van october. . .

« Hier vooren light ooch begraven Joncvrauwe Margriete Corthals, « des voorseyde Philips I rouw \yas, die overlett in l’jaer ■ 557 ®

» van novembcr. llidt voor de Xielen, »

mission étrangère et Suffragant de l’évêque deTlaseala (Nouvelle-Espagne).

LXXIII. Jean GoETHALs v fils de Pierre et de Barbe de Vos, Licencié en l’un et l’autre droit, Seigneur possessioné dans les communes de Schoorisse, d’Aeltre et de Knesselaere, époux de demoiselle Elisabeth Bette, fut, avec quelques autres grands personnages, chargé de stipuler les conditions du traité de Crépy, entre Charles-Quint et François 1 er (i). U reçut à cette occasion , de la munificence de son Souverain, le diplôme de Chevalier. Il avait été Chambellan de Philippe-le-Beau, et fut inhumé, en 1 547? Schoorisse (Escornai-lèz-Audenarde) (a).

LXXIV. Everard Goethais, frère du précédent, Licencié en l'un eh l’autre droit, Professeur de philosophie à la pédagogie du château de l’Uni-

(l) La paix de Crépy fut uu événement politique de la plus haute importance pour la tranquillité de l’Europe. Eu cédant à i.i France le duché de Bourgogne , Charles-Quint s’assura les États de Gueldres, du Liinhourg et le royaume d’Italie.

(a) Sa tombe fut décorée d’une inscription française et de huit quartiers :

« D. O. M. Ci-gist Jehan Goethais, Chevalier, Seigneur à Aeltre et « à Knesselaere, Chambellan de l’illustre Roy de Castille. II trespassa le « septième jour de septembre, en l’an MDLV11. ,

« G-gist de mesme damoiselle Elisabeth Bette (F. Lovys), son a cspousc, qui descéda le xvij julict LA1I. — Goethais, dckerman, de- « Vos, l'aemewyck , — lie.tte, Jours, Rufftlasrt, Sttelandt. «

versité de Louvain, où il prit l’habit des ermites de Saint-Augustin ; il mourut Sous-Prieur du couvent de son ordre, à Colognfe, en i 53 r).

LXXV. Pierre Goethals, fils de Philippe (n* 71) et de Marguerite Corthals, né en 1509, fut Licencié en l’un et l’autre droit, Echevin du pays de Waes et Seigneur de Cleef.

Ayant, pendant les troubles du seizième siècle(i),

(1) Ce* troubles éclatèrent en i56ü, après la publication du Concile dé Trente , 'et a l’occasion d’un édit de Philippe II, qui organisait l'inquisition contre les calvinistes sur une base trop sévère. Quelques Gouverneurs des provinces trouvèrent ces mesures contraires aux privilèges de la nation , ils en refusèrent la publication. Le peuple murmura , et préluda par des émeutes aux excès déplorables qui devaient, pendant dix-sept ans, affliger la patrie. De leur côté, les nobles, ayant à leur tôle Philippe Murnix de Sainte- Aldegonde, formèrent une ligue pour la suppression des tribunaux inquisitoriaux, et allèrent, le 5 avril, au nombre de u5o, présenter leur requête, fameuse sous le nom de Compromis, h Marguerite, sœur du Roi et Gouvernante des Pays- Bas. A)ant appris que le Comte de Berlaimont les avait, auprès de Marguerite, qualifiés de gueux, ils adoptèrent celte dénomination, qui, plus tard, servit a désigner les protestons et les calvinistes. Peu de jours après, ils se montrèrent vêtus d’un habit uniforme d’étoffe grise , portant à la ceinture une écuelle de bois, et sur la poitrine une médaille d’or représentant, d’un côté, le truste du Roi, et de l’autre, une bonne-foi au-dessous de laquelle on lisait ces mots : jusqu'à la besace.

Bientôt une tourbe formée dé *1» lie du peuple 'et de l’écutne des perturbateurs vint renouveler, dans la Belgique, les scènes de fureur et d’impiété qui, dans le huitième siècle, avaient

bravé l’autorité d’Heiubyze en refusant de faire partie du magistrat protestant, il eut beaucoup à souf-

épouvanté l’Orient. Les iconoclastes, après avoir dévasté les églises d’Anvers, paraissent à Gand le 19 août i566, au nombre d'environ quatre cents. Ils se répandent, au cri mille fois répété de vivent les gueux! dans les couvens et dans les églises; ils renversent et mutilent les statues, déchirent les tableaux, brisent les raonuraeus funéraires , qu’ils dépouillent de leurs inscriptions et de leurs armoiries , ,et y commettent enfin toutes le? dévastions et toutes les profanations auxquelles la populace ne manque point de se livrer toutes les fois qu’elle peut impunément mépriser l’autorité de la justice. Quatre cents églises furent, eu moins de cinq jours , ainsi pillées et saccagées dans la Flantlre et le Brabant.

Ces scènes d’horreur et de sacrilèges se renouvelèrent douze ans plus tard, sous Hetubyze. Ce Dictateur audacieux, issu $e l'illustre famille de Trésignies, après avoir, comme Jacques d’Artevelde, été pendant sept ans l’idole du peuple, fut jugé et décapité, le 4 août 1 584 » sur la place de Sainte-Pharaïide , sans que le moindre témoignage d’intérêt ou même de compassion delà part de ses complices vînt le consoler de son supplice. Sa tête , exposée pendant une heure au bout d’une pique, étant tombée sur un des spectateurs, cet événement inspira à de Vriendt le distique suivant :

O quantum patriœ caput hoc nocuisse putemus,

Quando etiam vivis post sua f ata nocet.

C’est de cette époque que date la fin du schisme et des troubles qui, pendant tant d’années, ont porté la perturbation et la ruiue dans des contrées qui devaient bientôt renaître à la religion et p la tranquillité sous le gouvernement paternel de LL. AA. Albert et Isabelle, et parvenir au comble du bonheur et de la prospérité ■ sous l’égide tutélaire de l 'Empereur Marie-Thérèse.

frir pendant les sept années du règne de cet intrigant. Il fut banni; ses biens furent confisqués, et ne lui ont jamais été entièrement restitués. Enfin, avant de mourir dans sa ville natale, à l’âge de soixante-dix-sept ans, il eut le bonheur de voir la Flandre rendue à la religion de ses pères et à son Souverain légitime.

f LXXVL Jacques Goethals , fils de Philippe (n° 71 ) et de Marguerite Corthals, étudia dans plusieurs Universités, prit le degré de Licencié en l’un et l’autre droit dans celle de Cologne, et celui de Maître ès-arts dans celle de Paris. Il fut religieux de l’abbaye des Sept-Fontaines , dans le Brabant- Wallon, puis Prieur du monastère de Melle-lèz- Gand, où il mourut en i55o ( 1 ).

LXXVII. LiéviN Goethals, frère de Jacques, qui précède, et connu communément sous le nom de Levinus Panagathus, Algoètus (a) ou Eucolus (3). Licencié en l’un et l’autre droit, ainsi que Maître ès-arts, il brilla dans les plus célèbres Universités

( 1 ) Historia sacra et profana Àrchiepiscoporum Mcchlinensis, vol. 2 , p. 292 . — Le Grand Théâtre sacré du Brabant, t. i* r , liv. n , p. 36g. — Flandria illuslrata, de Sanderus , t. 2 , p. 5 o2.

( 2 ) Paraphrase» grecque et latine de Als-Goet, cri des armes de la famille.

(3) Voir l'Introduction historique, p. v.

mort «*ii 1 r>4 -

de l’Europe, et se livra avec succès à la poésie latine, à la géographie et surtout à l’archéologie. Il devint, en i545 , Héraut-d’Armes de Flandre. Charles-Quint lui avait auparavant conféré la charge de Greffier de sa chancellerie impériale (i).

Après avoir composé plusieurs ouvrages remarquables dans les diverses parties auxquelles il s’adonnait, il mourut à Ulm le a5 janvier 1 547* Ct> ar les-Quinf, qui l’affectionnait d’une manière toute particulière, assista en personne à son enterrement ( 2 ).

f LXXVIII. Martin Goethals , fils de Louis et de Claire Blondel , fut Docteur en théologie et devint Procurateur de l’abbaye de Saint-Hubert (3),

(]) C’est h lui qu’on attribue l'épitaphe chronographiquc suivante du fameux Erasme, mort en 1 536 :

Orbls gLorla tollüs , deCUsqüe ,

HoC qUlesCIt ErasMUs In sepULChro.

{Vide Sanderus, Fland. illust., t. i, lib. 5, f° 36y. Van Vaerncwyck, p. 3g, Biographie de Delvenne, article Erasme-)

(a) 7' § des Miscellanées , de M. Jules de Saint-Génois. — Foppens , p. 793, dit : a Lœvinus Panagathus , vu/go Goethals, « Gandavensis, grcecè latinèr/ue non devulgo erudilus, etc., in « Jala concessil Ulmœ, anno 1047. »

(3) Saint-Hubert, ordre de Saint-Benoît, riche et fameuse abbaye consistoriale, dans le duché de Luxembourg, fondée en 70 6, L’Abbé de Saint-Hubert était Seigneur de la ville et de quarante villages des environs.

où il mourut en i63o. Les chroniques de cette célèbre abbaye en parlent avec le plus grand éloge (i).

LXX1X. Jea» Goethals, fils de Philippe (n° 71) et de Marguerite Corthals, surnommé Drabbe ou tioni-Collius , Licencié en l’un et l’autre droit de PUniversité de Paris, et Docteur de la même faculté à l’Université de Pavie, en Lombardie, nommé, par lettres patentes du 6 octobre i53a, Conseiller du Conseil souverain du Brabant, fut un des philosophes les plus renommés de son temps. Valérius Andræus le signale comme une des célébrités savantes du seizième siècle (2). Il épousa Jeanne de Locquenghien , et mourut à Bruxelles le 19 septembre

(1) Devos, Genealogie boeke, p. 76; anchienne et moderne histoire de l’abbaye de Saint-Hubert dans les Ardennes .

(a) Voici ce que l’on en dit dans la Bibliotheca belgica, p. 65o ; « Joannes Drabbe, Boni-gollius , vernaculè Goethals, Gandentt sis. Philosophas clari nominis, vixit Paris iis, us us familia- « riter Joanne Dullardo, gentili suo, cujus quæstiones in lib. <( Prcedicabilium Porphyrii à marte auctoris in lucern protulil, « adjunctis aliquot quœstionibus suis ac diJjicuUatibus asterisco « notatis : item exposition e succinctd in lib. Porpliyrici de « quinque Vocibus. Paris, i5xi . » ,

(3) Le registre obituaire des RR. PP. Récollets, à Bruxelles, le traite de Prœnobilis Dominus Panagathds, aliàs Goethals; il atteste qu’il mourut le 10 septembre 1 554, et que les huit quartiers qui décoraient son blason étaient ; Goethals, De Vos, Corthals, Axpoele. — Locquenghien, fVarigny, Buridaen, Thibaut.

LXXX. Laükent Goethals, fils de Jean, qui précède, fut reçu Licencié ès-lois à Paris, obtint le bonnet doctoral à Padoue et la dignité de Maître ès-arts à Vienne. Il fréquenta les plus célèbres Universités de son temps, professa successivement la philosophie à Vienne, à Munich, à Ulm, et fut appelé à Bruxelles, en i55b, en qualité d’Anditeur au Conseil souverain du Brabant. Nommé depuis Conseiller, il passa ensuite au grand Conseil de Flandre à Malines. U fut appelé à Madrid pour faire partie du Conseil et État chargé des affaires des Pays-Bas. Il y fut, en outre, investi de la charge de Membre du Conseil royal des Finances, et rendit les plus grands services à son pays et à Philippe II , qui le créa Chevalier par diplôme du 5 novembre i5yg. Il était époux de Cécile van Den , * Neste, qui mourut à Malines et y fut enterrée dans la chapelle de Bleyenberg (i).

(i) On voyait naguère, dans l’église du monastère des Victorines, dite de Bleyenberg, à Malines, la pierre tumulaire de Laurent et de son épouse, décorée de leurs armoiries et de huit quartiers , et portant l’épitaphe suivante :

A la mémoire de très-noble hôme Messire Laurentius Goethals, membre du Conseil souvcrai du Brabant , et Conseiller-d’Estat pour les Pays-Bas b Madrid, filz de Jehan, aussy du mesmc Conseil souverain ,

fa

LXXXI. Pierre Goethals, frère du précédent, était, en 1 563 , Administrateur des droits municipaux à Louvain, puis, en i56q, Receveur général des aides et subsides de la même ville et canton.

Il fut, à raison de son dévouement à sa religion et à son souverain, persécuté sous le règne d’Hembyze, qui lui ôta sa charge en i58o, et il se trouva inscrit sur la liste des cent soixante-cinq habitans de cette ville qui, à cause de leur opposition aux vues révolutionnaires du magistrat, furent imposés à une amende de 100 livres de gros chacun (i). Il mourut le 7 juillet 1 583 , et sa femme, Pétronille Typoets , le 5 octobre i58a.

LXXXII. Jean Goethals, fils de Pierre, ci-dessus, et de Pétronille Typoets , Archer de l’Archiduc Albert, fut Enseigne volontaire dans la compagnie d’Arschot. Il trouva la mort sur la brèche, au siège d’Ostende, en 1602 .

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