‹ Esquisses biographiques extraites des tablettes généalogiques de la maison de Goethals par le Chevalier L'ÿvêque de la BasseMouturieChapitre 9 sur 75 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La famille Goethals, quoique fort nombreuse par ses lignées féminines, qui se sont alliées aux maisons d’Ognies, de van Heurne, d’Uuterwulghe, de Heems, de Papejans, de Courbois, de la Barre, de Vertegans, etc.; et par elles aux d’Anglemont, aux van Hoobrouck, aux de la Croix, aux de la Basse- Moûturie , aux Barons de Heere , de Kervyn et de Benoist; aux Comtes d’Ivory, de la Ferté-Meun, de Proly, de Lichtervelde et de Beaulaincourt; aux Ducs de Rivière, deLévis, etc.; cette famille Goethàls, disons-nous, ne conserve aujourd’hui que trois branches mâles, dont les titres antiques sont également inscrits sur ses tablettes généalogiques et sur les registres du Conseil suprême de la noblesse , comme membres de l’ordre équestre du royaume des Pays-Bas (r), savoir : celle de Josse Goethalsvanden-Cruyce , celle du Lieutenant-Général Goethals de Merbois, et enfin celle du Comte François

(i) Journal officiel du royaume des Pays-Bas, t. 20 , p. i36 et i38.

Goethals-Pecsteen; mais les rameaux que ces branches ont produits sont pleins de sève, de vigueur et d’espérances : Adolphe Goethaxs , fils de Josse, Prévôt de la chapelle de Schreyboom, à Gand, rappelle déjà, à l’âge de trente-sept ans, les vertus pastorales de ses parens Ambroise, Vicaire- Général, et Adrien, Chanoine de Ypres; Félix Goethals, son frère cadet, Docteur en droit ancien et moderne, Conservateur de la bibliothèque de la ville de Bruxelles, occupe aussi déjà un rang distingué parmi les savans belges de notre époque, et remplace dignement, dans les sciences archéologiques, le docte et célèbre Gouverneur de Poortaker ( n° g5, ci-dessus); Auguste et Jules, fils du Général Goethals , l’un, âgé de vingt-trois ans, Capitaine d’étatmajor, décoré de l’ordre de Léopold, l’autre, à * vingt ans, Lieutenant d’artillerie, promettent de marcher sur les glorieuses traces qu’a imprimées leur père dans la carrière des armes; et enfin les quatre jeunes fils du Comte François Goethals- Pecsteen donnent l’espoir de voir renaître en eux les qualités solides et brillantes que leurs ancêtres ont portées dans toutes les parties de la magistrature.

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des illdsts ations

La classification qui nous a été imposée par la nature même de noire travail (i) nous oblige à établir ici une analyse chronologique des articles biographiques qui le composent.

Ce résumé des illustrations de la famille Goethals devient en quelque sorte l’exposé des plus beaux faits de l’histoire de Flandre.

Au neuvième siècle, Honoriüs, capitaine et chevalier romain , rappelle la noble et vaillante ardeur des anciens dominateurs du monde. Sa loyauté chevaleresque se transmet à sa descendance, avec le surnom de Boni Colli.

Au dixième siècle (965), Pietro, petit-fils cPHonorius, vient en Flandre; il se distingue ainsi

(i) Voyez l’observation en regard de la page première de cet ouvrage, et la Notice historique de M. de Saiut-Âllais, ci-après aux Appendices, pages 24 1 et suivantes.

8a RÉSUMÉ CHRONOLOGIQUE

que son fils Arnould I er , dans les campagnes du Hainaut, de 973 à 977.

Dans le onzième siècle , Arnould II signale sa valeur sous Baudouin V, à l’envahissement de la Lotricie et de la Lotharingie, de 1046 à 1049, P u * s à celui du Hainaut et dans la guerre contre les Impériaux jusqu’à la paix de Cologne en 1057. Baudouin I er , son fils, accompagne Guillaume-le-Conquérant à la conquête de l’Angleterre en 1066, puis il assiste en 1071 , à la glorieuse bataille de Cassel; enfin, le fils de ce dernier, Gerrem Goethals I", immortalise son nom à la prise de Jérusalem en 1099.

Au siècle suivant , le nom de Goethals reçoit une éclatante et mémorable célébrité par le duel judiciaire que Justaes Goethals-le-Coürtraisien soutient à Ypres, le 18 octobre 1116, contre André Booren. Le puissant comte de Flandre, le redoutable Baudouin-à-la-Hache s’offrant pour champion de ce noble et jeune chevalier, produit dans le monde chevaleresque un sentiment général d’admiration pour le prince , comme de vénération pour la famille qu’il honorait d’une distinction aussi flatteuse (1).

(1) Voyez, page 8 de ces Esquisses, et ci-après l’histoire de ce duel , aux Appendices , p. 175.

Plus tard, avant que son frère, l’abbé de Ninove, se distingue par ses hautes vertus sacerdotales, Gerem II soutient la gloire de ses ancêtres sous Thierry d’Alsace, à la croisade de 1 147 » son fils, Gerem III, ce valeureux conipagnon de Baudouinde-Constantinople , ne la soutient pas moins au siège de Ptolémaïde , à la prise de Bizance et dans vingt campagnes successives de guerres victorieuses.

Henri-de-Gand, le Docteur solennel , présente, au treizième siècle, un des plus beaux génies de l’époque. Il se fait un nom fameux dans la philosophie, dans la théologie et dans les fastes de la littérature (i), tandis que Jean de Mudk, son frère,

(i) Gilles, abbé de Saint-Martin , contemporain de Li Muisis, a remarqué que du temps de cet évêque a été prébcndé en l’église de Tournay, M* Henri-de-Gand , grand archidiacre du diocèse, docteur fameux. «Je me souviens, dit-il, avoir lu dans les registres de la même église que la chapellenie de Sainte-Marie-Magdelaine , en la paroisse de Saint-Piat, a été fondée, l’an 1275, par Henri-de-Gand, à charge d'une messe par semaine, et dans l’histoire de Jean Colomne, dite la mer des histoires, que l’an second de l’empereur Adolphe, M" Henri-de-Gand était déjà très-célèhre à Paris.» Enfin voici en quels termes l’abbé Tritlïeraius parle de cet écrivain fameux : « Henri-dc-Gand , « grand archediacre de Tournay, homme très scauant es escrip- « tures sainctes entre tous les docteurs de son temps, de si « grande réputation et authorité à Paris, que par toute la chres- « tienneté on l’appelait le Docteur solemnel. Tl a composé vn

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aussi docteur célèbre, devient, par son mérite, le favori de Philippe-le-Bel, roi de France; que Justaes, son autre frère, écuyer de Saint-Louis, puis «lu comte de Flandre Gui de Dompierre (i), exploite avec honneur, pendant cinquante années, la triple carrière des armes , de la diplomatie et de

« liure intitulé la somme de Théologie ,vn liurede la Virginité , « deux tiures de questiôs quodlibéliques ; i 4 sur la Métapky- « sique , quatre liures sur le Maistre des Sentences , vn livre de « la Pénitence , huict liures sur les liures de Physique. » Il est mort l'an I2g3. Enterré à Tournay en l’église de Noslre-Dame , derrière le Chœur.

A Henri-de-Gnnd Mnssæus a adjoint Jean de Mudeson frère; il dit en parlant de l’année 1291 : Hoc tempore Paris ijs Jloruerunt duo Gandenses Magistri egregy, Henricus et Joar.nes de Mudd Jamiliaris regis. En ce temps ont fleury à Paris deux personnages de la ville de Gand excellens Docteurs, ascauoir Henri et Ican de Mude familier du roy. (Cousin, Histoire de Tournay, t. iv, p. ’jS et 76, in- 4 °; Douai 1620. Voyez aussi Mirœus, Bibliolheca ecclesiastica , t. I er , p. 161.)

(1) C’est par erreur que les écrivains modernes écrivent Dampierre. Gui de Dompierre était fils de Guillaume, dont la nière était Beatrix de Bourbon; il épousa , en taSo, Marguerite de Constantinople, fille de Baudouin et sœur de Jeanne. Cette maison souveraine n’a rien de commun avec les diverses familles de Dampierre qui existaient en France. Elle tire son nom de la seigneurie de Dompierre (domus Pétri), village situé en Bourgogne, non loin de Dijon. Voici ce qu’en dit Meyerus dans ses Annales de Flandre, p. 81 . « Igitur Guido à Dominici Pétri cognominatus , defunctâ matre principatum suscepit. Dominici Pétri vicus ne Dominatus est in ducatum Rurgundiae haud ils» procul Di vione. »

la magistrature; et que sa scieur Jutta van dfr Mude, abbesse de la Byloke, à Gand, remplit ce même siècle de son édjfiante et sainte longévité.

Au quatorzième siècle, la famille Goethals étend dignement les rameaux de ses illustrations :

En-i 3 o 2 , Pierre Gohthals (n° 12 des Esquisses biographiques ), fils de Justaes, gagne ses éperons ( 1 ) de chevalier à la glorieuse bataille de Groeninghe-lez-Courtrai et trouve plus tard la mort aux champs de Reckelinge en i 325; ses frères, Baudouin G.-d’Artevilde (2) et Gerem IV, signalent aussi leur vaillance à cette mémorable journée dite des éperons; le dernier y conquiert un trépas glorieux, et l’autre va se distinguer encore aux batailles de Mons-en-Pevelle en i3o4 et de Cassel en i3a8.

Cependant Henri G.-Wenemaere, quatrième fils de Justaes , occupait dans la magistrature de Gand le rang distingué qu’avait tenu son père parmi les xxxix (3); son fils, aussi nommé Henri (n° 46 ),

( 1 ) A cette époque, les chevaliers se distinguaient des écuyers par la couleur de ces éperons : les premiers les portaient dorés et les autres argentés.

(a) Nous ajouterons quelquefois le nom des épouses pour éviter la confusion dans les noms de baptême que nous employons souvent seuls pour éviter ta répétition inutile et monotone du nom de famille.

(3) La composition et la constitution du magistrat de Gand

6 me seigneur de Nieuwland, succédait à ces nobles hommes dans cette honorable charge où il fut élu huit fois pendant vingt-cinq, ans ( de 1 338 à i363); Liévin, son frère, figurait alors à la cour des comtes de Flandre; Georges G.-i>e Grüutere( n° 26), conseiller et chambellan de Philippe-le-HardL, était président du respectable tribunal des Hal-Heeren; Pierre, (n° 22) Jean, son fils, ainsi que ses cousins Nicolas (n" 25) et Pierre Goethals-Mahieu (n° 49 ), signalaient leur fidélité à leur prince dans les troubles civils du quatorzième siècle, et gagnaient la dignité de chevalier dans les champs de Crécy (1), de Langerbrugge et de Roosebeke. Olivier Goethals (n° 5o), chainbrin de Charles vi, roi de France, puis ééuyer de Philippe-le-Hardi,

nous paraît d’une utilité historique assez majeure pour en faire l'objet d’une note spéciale qu’on trouvera ci-après, p. ] 85.

(i) Cette bataille eut lieu le 26 août 1 346, et ce qui y décida , dit-on, la victoire en laveur des Belges, ce fut l’usage qu’ils firent de six pièces de canon qui jetèrent l’étonnement, l’effroi et le désordre dans l’armée française. Cependant on assure qu’il existe a la Chambre des comptes, à Paris, un acte qui constaterait qu’en 1 338 il y avait en France des couleuvrines qui ressemblaient beaucoup au canon; quoi qu’il en soit, les Français ne tardèrent pas à faire usage de cette 1 arme, car dans la même année ï346,Jean, Duc de Normandie, depuis Roi de France soùs le nom de Jean II, s’en servit au siège du château d’A iguillou , qu’il fut cependant forcé de lever après quatorze jours de brèche.

faisait en 1375 ses preuves contre les infidèles en

qualité de chevalier de Saint -Jean de Jérusalem (ordre dans lequel son cousin Hubert (n° 47) Lui succéda), et vingt, ans après rendait encore d’utiles . services à ce même Philippe dans la carrière diplomatique.

Dans l’état ecclésiastique , se distinguèrent Pierre G. (n° 24)» prieur des Dominicains, prédicateur célèbre; Justaes G. (n° 18), J. U. D. , protonotaire apostolique et théologal du diocèse de Tournai, aumônier du comte Louis de Nevers, dit de Crécy; Pierre et Henri (n 05 16 et 17), germains de celuici, l’un chanoine de Tournay, l’autre prieur de Saint-Bavon à Gand; enfin Raes Goethals, son neveu (n° 19), sous-prieur de la célèbre abbaye de Cambron.

Dans la philosophie et la littérature, se montrèrent également avec éclat Jean et Mathieu Goethals, surnommés de Gand (n°* 20 et 21), frères de ce dernier, habitant la cité de Tournay.

Pendant le quinzième siècle, la maison Goethals présente à l’histoire une foule de héros et d’hommes célèbres qui viennent se presser sur la scène du ' monde , comme pour ravir des lauriers à toutes les gloires :

Gerem G.-de-Keysere (n° 5 i ), 8 m * et dernier

seigneur de Nieuwland, avec ses frères Jacques et Baudouin et son cousin Georges G.-van-der-Hecke (n°* 5a et a 8 ) figurent avec distinction dans les tournois. Les deux derniers avaient, en 1893 , fait leurs premières armes et reçu leurs éperons à Nicopolis; Gerem et son neveu Baudouin (n° 53) se distinguent dans la guerre intentée au roi de France Charles VII par Philippe-le-Bon , en raison de la mort de son père Jean-sans-Peur , assassiné sur le pont de Montereau en i4>9» tandis que Gilles (n° 54), frère dudit Baudouin, après avoir en r 4^7 paru avec honneur aux joutes de l’Épinette, à Lille, va faire contre les Sarrasins ses nobles et brillantes caravanes, et vient ensuite répandre son dernier sang au milieu de l’insurrection brugeoise, en 1437 .

Cependant Henri ( n° 27 ), prévôt de Saint-Pierre à Lille et doyen du chapitre de Saint-Lambert à Liège , ajoute un nouveau lustre au glorieux nom de Goethals : tour-à-tour chargé de présider le grand conseil de Flandre , de négocier l’acquisition du comté de Namur et de remplir les ambassades les plus délicates, partout il obtient le succès, commande l’admiration, mérite la reconnaissance et la faveur de ses princes.

Bientôt Pierre Goethals de Hondt (n° 55),

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écuyer-chambellan de Philippe-le-Bon et capitaine de ses armées, se distingue par la prise de Provins (en Brie) sur les d’Armagnac; plus tard, au service de Charles VII, il contribue avec son cousin Georges au gain de la bataille de Formigny; et après avoir rendu son nom célèbre dans la guerre du bien public , il meurt par suite de blessures conquises au siège de Dinant en 1466.

Ses fils Philippe, Everard, Louis (n°* 56 , 57, 58 ), tous trois jeunes et vaillans chevaliers, trouvent dans les combats un trépas glorieux; Paul, Henri, Jacques et Jean (n° 29), fils de Georges G.-V. D. Hecke et leur germain Hugonin (n° 3 g) trouvent aussi la mort dans les champs de la gloire.

Michel Goethals (n° 3 o), fils de Michel G.-Wittem, noble franc-archer de Charles-le-Téméraire , après s’être fait connaître dans les campagnes de Suisse et de Franche-Comté, surprend avec six de ses compagnons d’armes la forteresse de Saint-Michel en Lorraine, en 1 47^ ; ses frères Jean, Bauuouin, Simon et Olivier, tous quatre pages, puis francs-archers de la noble garde du même prince', signalent également leur vaillance aux batailles de Liège et de Montlhéry, comme aux sièges de Nuys (près de Dusseldorf ) et de Nancy où ledit Charles, duc de Bourgogne, termina en 1477 sa noble et

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brillante carrière. Le dernier de ces cinq frères avait été, en 1470, chargé de conclure un traité d’alliance entre la cour d’Angleterre et Charles son maître; il devint ensuite le conseiller de Maximilien d’Autriche.

Enfin Henri et Jacques Goethals (n°* 66 et 67), tous deux fils de Jacques G.-Ackerman, tous deux chevaliers du Saint -Sépulchre, vont aussi tous deux conquérir leurs glorieux éperons au brillant fait d’armes de Guinegate , en 1 479 * Us l es reçoivent des mains de Maximilien qui y commandait en personne.

L’église et la magistrature obtiennent encore leur part des célébrités de la maison de Goethals vers la fin du quinzième siècle : Gérolf (n“ 59), ce modèle de dévouement et de fidélité; Hugues, son frère, ce prototype de la vieille gloire; Baudouin (n° 65 ), maître des requêtes du même empereur, marquent leurs places à la tète des magistrats de Gand. Alexandre Goethals (n° 36 ), chapelain de la comtesse de Charollais, et Arnould, moine de Saint-André-lez-Bruges, se distinguent par leurs écrits ascétiques et archéologiques; Baudouin, frère de ce dernier, tour-à-tour chapelain et conseiller des ducs de Bourgogne, se rend à la cour de ses maîtres, comme parmi ses concitoyens, digne de la

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plus honorable distinction (i); enfin Simon Goethals (n° 6i ) , prieur des Chartreux à Bruges, voit terminer ses jours avec les derniers jours du siècle.

Pendant le seizième siècle, la famille Goethals n’est pas moins féconde en hommes célèbres: Henri

(i) Le lendemain du jour de la joyeuse entrée de Charles-Ie- Téméraire dans la capitale de la Flandre ( 3 o juin 1467), les Gantois, qui célébraient la fête de 8 aint-Liévin (Sinte-Lievinsfecstc) , se portèrent tumultueusement au palais de ce prince et le contraignirent à leur signer une déclaration du rétablissement de plusieurs anciens privilèges dont on les avait dépossédés. Le lendemain, Charles, qui s’était retiré à Bruxelles , révoqua la concession qui lui avait éLé si violemment arrachée, et manifesta la résolution de tirer une vengeance éclatante d’un pareil attentat.

En vain le magistrat de Gand fit arrêter et punir les chefs de l’émeute, en vain la noblesse et le clergé lui renvoyèrent la cédule par lui signée avec des excuses et des témoignages de leur entière soumission, rien ne put apaiser le juste courroux du prince. Enfin les Gantois jetèrent les yeux sur Baddouin Goeth als , qui , h la tête de quelques uns des plus notables habitans de la cité , fut envoyé devers le duc de Bourgogne muni de pleins pouvoirs pour régler les conditions d’un accommodement. Cette députation fut gracieusement reçue on cour plénière assemblée au Coudenberg, à Bruxelles, le 24 décembre de la même année, et Baudouin y sut par l’éloquence de ses discours, par la noblesse de ses manières, par l’ascendant de son mérite, tellement concilier l’estime et la bienveillance du comte de Flandre, qu’il en obtint la paix à des conditions fort raisonnables, et dont la dernière était que « les Gantois baillcroyent leur obligation soubs « le grand séel de la ville , par laquelle ils promctlroyeut que u sy jamais ils contrevenoyent h ccsle paix, ils fourferoyenl

G. (n" 63), lils de Pierre G.-Wittenbroot, écuyer de i’archiduc Philippe, obtient avec son cousin Joseph G.-Sebsimoens l’agrément de son maître pour suivre en Italie Charles VIII, roi de France; il se distingue à la bataille de Tortone , et reçoit en récompense le cordon de Saint-Michel; Jacques, son frère, capitaine d’une compagnie de Picquenaires au service de Philippe-le-Beau, et plus tard, en i53o, colonel de la garde bourgeoise de Gand, est, en rémunération de ses loyaux services, élevé à la charge de Grand-Panetier du même prince, puis de Charles- Quint; Augustin, son fils (n° 68), commandait une compagnie de cent cuirassiers à la prise de Tunis ; il rendit son nom fameux dans les batailles de Pavie en 1 5 1 5 (où Olivier, n° 35, fut tué), de Cérisoles

» corps, biens et franchise de ineslier, nonobstant leur privilèges « à ce contraires. »

Cette négociation, souscrite par les Gantois en janvier 1468 (*) fut, sans doute eji raison de la cause qui l’avait produite, désignée sous le nom de paix de Saint-Liévin (Sinte-Lievins-vrede).

Voyez Meycrus, Oudegerst T. 2, p. 698, Chronyke van Vlaendren n D., p. 4 o 6 et suivantes; Dewez , Histoire générale de la Belgique , t. 4 ,p- il8;Dumont, Histoire de Belgique, p. 46 et .47. •

(') C’est par erreur que la Chronique de Flandre ( Chronyke van ylaenderen), qui rapporte cet événement avec des détails trés-circonstanciés, le place un an plus tard.

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en i544, de Gravelines en 1 557 > aux combats de Musselingen et de Saint-Quentin ainsi qu’au siège de Metz en i552.

Dès le commencement de ce siècle, en 1 5 14 » Gilles Goethals, surnommé Algoet ( n° 4o) , occupait un rang honorable parmi les magistrats de sa ville natale et parvenait successivement aux charges éminentes de conseiller-commissaire au conseil provincial de Flandre et de procureur-général du grand conseil des Pays-Bas.

Philippe G.-Goethals (n° 71 ), l’un des meilleurs légistes de son temps, était alors membre du conseil provincial , ainsi que conseiller de la couronne et maître des requêtes de Charles-Quint ; Jean, son frère , stipulait les conditions du traité de Crépy et passait ensuite à la chambellanie de Philippe 11; Laurent G.-van-den-Neste (n° 80) , conseiller d’Etat , recevait en 1579 son diplôme de chevalier; Liévra G.-Schoütheete (n° 85), était gouverneur de la Chambre des Pauvres de la ville de Gand, etLiéviN Goethals, dit Panagathus (n° 77), héraut d’armes de Flandre, mourait à Ulm, en 1 547, comblé, jusqu’à sa dernière demeure, des témoignages de la noble et touchante affection de son souverain.

Durant ce même siècle , le nom de Goethals s’illustre aussi dans les fonctions sacerdotales :

É ver a. rd G. (n° 74) est sous-prieur des ermites de Saint- Augustin ; son neveu Jacques G. est prieur du monastère de Melle ; un autre de ses neveux , Jérôme G. (n° 7a), après avoir été reçu dans la compagnie de Jésus par saint Ignace, va, comme supérieur d’une mission étrangère, porter le bienfait de la parole divine au Mexique où il meurt nonagénaire en 1594. Égide G. (n° 64) docteur en médecine et en chirurgie, devient chanoine de Saint-Bavon à Gand, puis protonotaire apostolique du diocèse; André G. (n° 84), fils de Jean G.- Drabbe, chanoine d’Afiligem; Elbert Goethals (n° 4 ^) est fait chanoine de l’église collégiale de Saint-Améj à Douai, où son frère François G.- Gobelsroy, surnommé Panagathus et Eucollus (1),

(1) Voici ce qu’en dit Foppens,2g3 : « Francisccs Goethals, aliàs Panagàthcs et Eucollcs, cognomenta hæc ex Græcâ no- ■nenclaturà mutatus, Brugensis (alii dicunt Gandaveusem) Ju-

risconsultus atque Pocta Lovnni juris utriusque doctor anno

1570. Nonis juuii renunciatus, professor regius Paralitln docuit; vocatusanno 1 583 . Duacum, totos trigenta et très annos docendi provinciain in câ acadeiniâ sustinuit, leguin cornes et canonum antecessor primicirius. Moritur anno 1616, conditus in æde 1 ). Araato sacrâ , in quâ canonicuni bencficium obtinebat factus sacerdos vivâ etiam nuuc et consenliente uxore, ac Pontificc dispensante.

Filium reliquit N. Goethalsium , in æde Catbedr. Gan^lavcnsi canonicuni , virum doctuin ac pium.

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professeur royal et primicier en droit canon de l’Université de la même ville, s’était aussi fait admettre comme chanoine, bien que marié et père de onze enfans. Enfin, le fils aîné de cet homme célèbre, François-Albert Goethals, l’homme pieux et docte par excellence, devint plus tard le prédicateur extraordinaire de LL. AA. Albert et Isabelle.

Indépendamment de ces ecclésiastiques célèbres, la littérature comptait encore François G.-Cioli (n° 40, père d’Elbert et de François susdits, Hoofdman de la ville de Bruges, auteur d’un ouvrage fort estimé sur la Pacification de Gand, François G. ( n° 45) son neveu, magistrat de Bruges, poète spirituel , et Jean G. , surnommé Drabbe ou Bonicollius (n° 79 ), membre du conseil souverain du Brabant et l’un des philosophes les plus marquans de son époque.

Cependant Josse Goethals-van-Guchte (n° 86), cueillait les palmes du martyre. Attaché à la foi de ses pères autant qua son souverain légitime, il se vit, ainsi que son grand-oncle Pierre G.-Bruns ( n° 85 ), et son cousin Pierre G.-Typoets (n° 81), exposé aux plus indignes traitemens et à tous les genres de persécutions dé la part d’Hembyze dont il avait osé braver l’autorité en refusant de faire partie du magistrat des 18 notables. Ses biens furent con-

g6 RÉSUMÉ CHRONOLOGIQUE

fisqués, son corps mutilé et ses enfans réduits à implorer aide, secours et refuge chez leur tante Jeannette (n°87), supérieure île l’hospice Weneinaere.

Au dix-septième siècle la maison de Goethals, réduite, pour ainsi dire, par les malheurs des temps et les guerres civiles, à la seule descendance du malheureux Josse G.-van-Guchte, ne laisse point de produire encore des sujets dignes d’elle.

Ainsi, tandis qit’AMAND G. - van - Ryckeghem (n° 91) travaille, conjointement avec son frère Jacques, au rétablissement de la fortune dont leur père a été si injustement dépouillé pendant les troubles religieux du siècle précédent, nous voyons Jean (n° 81 ), cousin de celui-ci, archer de l’archiduc Albert, puis enseigne dans la compagnie d’Arschot, recevoir une mort glorieuse sur la brèche d’Ostende en 1602 , et Josse G.-van-Grysperre ( 3 ”* fils dudit Josse G.-van-Guchte ) occuper successivement dans l’armée les grades de capitaine de la Garde wallone et de colonel de la Garde bourgeoise de Gand.

Nous voyons aussi Melchior , frère de Jean précité, magistrat de Louvain, puis échevin du bourg de Roosendaele où il répand de nombreux bienfaits; Gilles Goethals-Herterickx (n° 90), fils de

Josse G.-van-Grysperre , se distingue bientôt dans la magistrature de Gand où il fut douze fois élu ; et Michel G.-Thibaut remplit à la cour de Bruxelles l’honorable emploi de Grand-Maître des Cérémonies, tandis que Emmanuel-François, marquis de Diekirch (au Luxembourg ), occupe à la cour de Madrid l’éminent emploi de premier président d’Etat et de secrétaire de la guerre , et que Josse G.- Baronaige (n° 9a), conseiller du roi» d’Espagne, devient Grand-Maître des Eaux et Marais du comte de Flandre.

Enfin, dans le sacerdoce nous vovons Martin Goethals (n° 78), ce célèbre docteur en théologie, procurateur de l’abbaye de Saint -Hubert où il mourut en i 63 o. Nous voyons Jacques Goethals (n° 69) occuper la prélature de Tronchiennes; Marie, sa cousine, celle des hospitalières nobles d’AloSt; Amand (n° 93), fils de Pierre G.-Cools, religieux Dominicain, offrir au monde savant le fruit de sa profonde érudition par la publication de deux excellens traités de philosophie; André, frère de ce dernier, prélat de l’abbaye de Waerschoot, chargé de représenter le clergé de sa province en » qualité de premier député aux États de Flandre ; et enfin Adrien Goethals (n° 96), fils de Joachim BultincÀ, prélat de la riche et célèbre abbaye de

Gladbach, guider le Primus de Louvain, son neveu,* dans la sainte carrière qu’il avait parsemée de tant de vertus.

C’est ainsi que cette famille illustre a rendu les siècles passés tributaires de sa gloire en couvrant son arbre généalogique des plus éclatantes célébrités.

Et si, parcourant les ramifications de ses branches majestueuses, nous portons maintenant nos regards sur les derniers rejetons de cette noble race , nous verrons qu’ils n’ont point dégénéré des vertus de leurs ancêtres , et qu’ils ont conservé dans l’armée, dans la magistrature, comme dans le sacercjoce, le rang distingué qui semble leur avoir été légué par la succession des âges.

C’est ainsi qu’au dix-huitième siècle, Pierre- André G. (n° g 5 ), archéologue érudit, gouverneur du Poortacker à Gand, tint un des premiers rangs parmi les conseillers au conseil provincial de Flandre; que Josse Goethals-Lefébure ( n° 97 ) , gouverneur de la chambre des pauvres et conseiller royal du mont-de-piété, fut échevin de cette ville; qu’Adrien-Jacqües G.-de-Wulf (n° 99) a, pendant trentetrois années , fait partie du magistrat de Gand jus- qu’en 1794, époque delà destruction de cette sauvegarde des libertés et des privilèges de la Flandre.

C’est ainsi que Josse Goethals (n° 96), fils de Josse G.-Wallaert, proclamé à dix-neuf ansPRiMüs'de l’Université de Louvain, ensuite vicaire capitulaire du diocèse de Gand, dont il a frôlé l’épiscopat, a, pendant quatre-vingts ans (jusqu’en 1742), offert à l’édification publique la réunion des vertus les plus pures et du savoir le plus profond.

C’est ainsi qu’ Adrien Goethals (n° 98), son neveu, chanoine jubilaire du chapitre de Saint-Martin, à Ypres, mort en 1789, a rempli le dix-huitième siècle de l’éclat de son renom.

Que dirons-nous donc de ce saint archiprètre de la cathédrale, de ce vénérable vicaire-général du diocèse de Gand, que la mort vient de ravir au monde religieux et savant? Modèle de courage, de résignation, de modestie et de toutes les vertus chrétiennes, Ambroise-Charles Goethals a, pendant dix-sept lustres , fait l’honneur du sacerdoce et la gloire de sa famille.

En ce moment encore nous trouvons parmi les Goethals le neveu de notre digne archiprètre , M. le comte François , membre de l’ordre équestre , sur lequel deux papes successifs viennent tout récemment de déverser leurs bienfaits , autant pour récompenser ses qualités exemplaires et les services rendus à la religion par lui et par ses * 8

aïeux, que pour tromper sans .doute l’extrême modestie de son oncle, qui a toujours refusé les rémunérations que le saint-siège offrit en maintes circonstances à ses importans travaux. Enfin, et sur le devant du tableau , un guerrier décoré de la croix d’officier de la légion des braves, occupant le premier rang à la tête des armées belgiques, Charles Goethals-de-Marbois (n° ioo), lieutenantgénéral commandant une division militaire , et ses deux fils Auguste et Jules, jeunes officiers de la plus haute espérance, viennent, comme pour revendiquer leur part dans l’héritage de gloire qui, depuis mille ans, forme dans la famille Goetiïals un domaine inaliénable.

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