‹ Esquisses biographiques [microforme]Chapitre 16 sur 188 · POSTÉRITÉ DU PEUPLE MARTYR · texte numérisé non relu

POSTÉRITÉ DU PEUPLE MARTYR

(Les Acadiens que lon croyait anéantir),

Sur les six milles Acadiens déportés, en 1755, aux diverses parties du territoire qu'occupent actuellement les Etats-Unis, c’est à peine, dit Rameau, s’il y en est resté plus de quatre cent cinquante.

Malgré les expulsions, les déportations et l’émigration des Acadiens, en 1755, 1758, 1763 et 1783, on en compte aujourd'hui plus de cent dix mille dans les provinces maritimes.

En 1754,la population dé la Nouvelle-France était de 55,000;

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en 1851, la population du Bas-Canada, qui ne comprena. qu’une partie de la Nouvelle-France, était de 890,261; il est donc probable que la population des Acadiens, dans un siècle d'ici, s'élèvera à pas moins de deux-millions et demi.

Pendant la fête nationale des Acadiens à Bouctouche,comté de Kent, N, B. !* 15 août 1883, on donna un graud banquet auquel assistaie”t !: ” ‘rois mille personnes ; parmi celles-ci se trouvaient sir: =. L. .angevin, Sir À, P. Caron,l’hon, M. Lan lry Paschal Poirier, (sénateur), G. A. Girouard, le député de Kent, O. J, Leblanc, M. P. P, de Kent, Wilfred Haché, A. Renaud, le Rév. P, Michaud curé de Boutouche, et le Rév. F. X, Cormier, curé de Kingston, Kent, etc,

Plusieurs discours furent prononcés en l'honneur de la race persécutée des Acadiens, et au sujet de la grande vitalité de cette race,

Sir H, L Langevin, dans son discours, leur dit : “ Lors de la cession du Canada en 1763, les Français n'étaient que 30,000, âmes (1). Au dernier recensement, nous étions un million et demi de Français. Aujourd’hui vous êtes 110,000 Acadiens; à ce taux, vous serez trois millions, dans cent ans.”

(Voir Le Moniteur Acadien, de Shédiac, N. B. du 23 août 1883.)

Cest ainsi que la Divine Providence déjoue les calculs des tyrans qui eurent recours à la trahison, à l'enlèvement, au pillage, à l'incendie, à la confiscation, à la force brutale du sabre, du fusil et de la baïonnette et à la déportation, pour l’anéantissement d’un peuple qu’ils redoutaient à cause de leur attachement à la France et à cause de leur bravoure; d’un peuple dont ils méprisaient la foi et convoitaient les propriétés.

Les droits de conquête dans un pays civilisé, comme l'était celui de l’Acadie, en 1755, ne justifiaient pas les actes d’atrocité et le crime contre les Acadiens, et cela, non pas après une bataille, mais quarante deux ans après que l’Acadie fut cédée

(1) La population entière de la Nouvelle-France, en 1763, était d’environ 70,000 âmes.

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