ET 15 DÉCEMBRE
Sir John Colborne arriva à Saint-Benoît et coucha avec ses officiers dans la maison de M. Girouard, le 14 décembre ; le lendemain, le village fut pillé et réduit en cendres, malgré que Sir John Colborne ait été prévenu, avant son arrivée, qu’il n’y aurait pas de résistance, et malgré qu’il eût promis qu'il n’y aurait pas de violence.
Dans la maison que Colborne avait occupée, la nuit précédente, on trouva quelques papiers, entre autres une lettre de M. Lafontaine qui disait à M. Girouard : “ Soyez tranquille, Papineau et Viger nous fourniront £20,000 pour armer les tuques bleues du Nord.” On les produisit, par la suite, pour prouver uue accusation de haute trahison, mais on ne put y réussir
ARTICLE DIXIÈME
HISTOIRE DU CANADA PAR LE Dr. LABRIE.
Livres el papiers sauvés de la maison de M. Girouard el ensuite brûlés dans celle de Richer.
Avant l’arrivée des troupes, M. Girouard avait eu la précaution de sauver les papiers de son greffe, ses livres et tous ses autres papiers qu'il fit placer dans des coffres et dans des valises que l’on transporta à la maison inhabitée d’un nommé Richer, dans un endroit peu fréquenté, à environ neuf arpents en arrière du village,
Parmi les livres, qu’il avait ainsi cherché à mettre en sûreté, se trouvaient trois ou quatre volumes manuscrits de “ l'Histoire inédite du Canada,” par le Dr. Jacques Labrie, l’ancien représentant du Lac des Deux-Montagres, qui mourut le 26 octobre 1831, et fut remplacé par M. Girouard.
Le Dr. Labrie avait chargé son ami l’honorable A. N. Morin de l'impression de son ouvrage. Le 30 octobre 1831, M. Morin demanda à la Chambre, un octroi de 2000 piastres, pour aider à la publication, mais ne put réussir à l'obtenir; n'ayant pas les moyens nécessaires à sa disposition et les troubles politiques étant survenus, il déposa les manuscrits du Dr. Labrie dans la biblicthèque de M. Girouard, à Saint. Benoît, croyant qu'ils y seraient en plus grande sûreté qu'ailleurs,
M. Morin avait une chambre réservée pour lui, chez son ami, où il se rendait, chaque année, et où il s’occupait de réviser et de compléter le travail du Dr. Labrie.
M. Girouard dans une lettre qu'il écrivit de la prison de Montréal, le 28 avril 1838, à son ami M. Morin, lui disait que les manuscrits du Dr, Labrie avaier. été mis en sûreté. Il ignorait alors qu'après l'incendie ue sa maison, on avait brûlé celle de Richer.
ARTICLE ONZIÈME