ARTICLE VINGT-QUATRIÈME, M GIROUARD RENCONTRE ST-AMANT
Eo juillet 1839, M. Girouard arrivait à la porte de la maison oceupée par son umi, Louis-Hippolyte Lafontaine, jurisconsulte, qui plus tard fut nommé juge en chef du Bas-Canada, en 1853, et ensuite baronnet ; ce dernier pratiquait comme avocat, et résidait au-dessus de son bureau, au coin des rnes St-Laurent et St-Lambert,
M. Girouard, avant d'y cutrer, aperçoit un homme qui a les yeux fixés sur lui; il s’en approche et ne le reconnaît point, mais l'étranger se fait connaître, en se nommant :— “Quoi, c’est vous, St-Amant ! Entrez donc ; puis il le présenta à M. Lafontaine et à M. Cherrier, ainsi qu'au Dr Vallée, qui s’y trouvaient, leur disant que c'était son libérateur.
De là,il le conduit chez Mr. Coursolles qui tenait maison de peusion et auquel il recommande de le bien traiter ; il promet en partant, de revenir le soir ; il revient en effet quelques heures après et voit qu'on n’a paë# fait de cas de ses ordres à l'égard de son ami que l’on traite comme les passagers ordinaires ; il fait venir l’hôtellier : — ce n’est pas ainsi que je l’entends, dit-il, et il lui ordonne de mettre la table dans une chambre de Pétage d'en haut : il soupe avec son libérateur, ensuite le fait promener et amuser dars la ville, le présente à ses amis durant trois jours et enfin le laisse partir, heureux d'avoir pu,cette fois, lui témoigner publiquement sa reconnaissance ; il lui présenta avant son départ une bourse de la part de ses amis et de la sienne,
En laissant sa retraite de la Côtc-Saint-Emmanuel, il l'avait chargé d’une lettre pour Madame Girouard, alo:s à Rigaud, chez M, Ignace Dumouchel ; il s’acquitta de cette commission et put rassurer cette bonne dame qui lui témoigna sa reconnaissance en paroles seulement, car elle était alors dénuée de
j| LE Îl tout. Plus tard, la Frovidence, en lui remettant, ainsi qu'à M. 1 | Girouard, plus qu’il ne leur avait ôté, leur donna occasion de | lui renouveler leu: reconnaissance, ce bon citoyen étant venu, lé ; tous les deux ans, leur rendre visite à Saint-Benoît il ‘4 ARTICLE VINGT-CINQUIÈME. | F.
" VISITE À QUÉBEC. h D : ER 1 1840. ps 4 ? pa h F Le + . . à Vers 1840, M. Girouard alla visiter ses parents et amis à Québec, sa ville natale, qu’il n'avait pas revue depuis l’année Li 4 des troubles politiques ; il y fic un court séjour, puis retourna à | Î
Saint-Benoît où il avait continué de pratiquer sa profession.
ARTICLE VINGT-SIXIÈME
LORD SYDENHAM {1} qu
de 1 “il et L'Union du Haut et du Bas-Canadu, ste 4 | Les ; | Là 1841. :!
a1- | , | ; : | 5 je Lord Gosford, qui nous avait gouvernés,du 24 août 1835 au 1 RE 26 février 1838, se trouvait en Angleterre, lorsque le projet | “É d'Union it discuté €: ns le parlement anglais. GR : N Il s’y opposa vivement. ‘Vous donnez, leur dit-il, à 3 ou Ml Fe 400,000 personnes qui habitent le Haut-Canada, la même À D 7e rerrésentation qu'au Bas-Canada qui ne contient pas moins de ii si art 700,000 ; vous voulez de plus imposer à cette dernière pro- 1
vince, qui n’a presque pas de dette, l'obligation de payer 1 i rait la dette de l’autre, qui est d’un million. Peut-on imaginer rien | 4 : ud de plus arbitraire, de plus iäjuste ?” “1 fi és (1) Le très honorable C. E. Poulett Thompson fut créé Baron de hi | HR on- Syuenham et Taronto, en 1840. Il fut nommé gouverneur des pro- RO
de vinces unies, le 10 février 1841.
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L'acte d'Union devint loi, le 10 février 1841 ; les brefs d'élection furent émanés et la province fut aussitôt dans un commotion extravrdinaire ; la lutte s’engagea entre ceux qui étaient pour, et ceux qui étaient contre l’Union.
Lord Sydenham, dont l'administration commença, le 18 octobre 1839, prit une part active aux élections ; il défranchisa la glus grande partie de la population de Québee et de Mont- 1éal, et plusieurs divisions électorales, Jamais, depuis 1791, une élection ne-s’était faite avec autant de désordres et d’indignités,
A cette élection de 1841, M. Morin devint représentant de Nicolet ; M. Lafontaine fut défait, aiusi que plusieurs autres par la corruption et la violence ; M. Girouard, ayant tout perdu à St-Benoît, n’avait pas les moyens nécessaires pour faire la lutte.
Lord Sydenham avait convoqué le parlement, pour le 14 juin 1841, à Kingston qu’il avait eu la précaution de choisir pour D Capitale des provinces unies.
Parmi les jeunes députés, on remarquait MM. Etienne-P. Taché, T. C. Aylwin, Etienne Parent et J. E. Turcotte, qui tous devaient jouer un rôle brillant,sous la nouvelle constitution. 1
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Lord Sydenham zourut, le 19 septembre par suite d’une chûte de cheval et fut remplacé par Sir Richard Downes 3 Jackson, jusqu’à l’arrivée de son successeur, le 11 janvier b 1842,
ARTICLE VINGT-SEPTIÈME