‹ Esquisses de philosophie moraleChapitre 59 sur 66 · Ces plaisirs peuvent être rapportés aux chefs suivans · texte numérisé non relu

Ces plaisirs peuvent être rapportés aux chefs suivans

i° Plaisirs de l’activité et du repos ;

a° Plaisirs des sens;

3° Plaisirs de l’imagination ;

4° Plaisirs intellectuels;

5° Plaisirs du cœur.

440. Un examen comparatif de ces différentes classes de plaisirs est le complément indispensable des recherches concernant le bonheur. Cela est vrai , même dans les principes du stoïcisme ; car c’est le seul moyen de constater la

valeur relative des différens objets que nous pouvons préférer ou rejeter.

44* • Toutefois, un pareil examen nous jetterait dans des détails incompatibles avec le plan et étrangers au dessein de ces Esquisses. Ceux qui voudront s’y livrer verront s’ouvrir devant eux un champ de spéculations aussi curieuses qu’utiles et beaucoup moins épuisées par les moralistes qu’on ne pourrait le croire d’après leur importance

44 2- Tout ce qui précède nous conduit à cette conclusion pratique, que le plan le plus sage à suivre dans la recherche du bonheur, n’est pas seulement compatible avec une stricte observation des règles de la moralité, mais se trouve en grande partie compris dans ces règles; en sorte que le bonheur de notre nature aussi bien que sa perfection consistent à faire notre devoir en nous inquiétant aussi peu de l’événement que la faiblesse humaine nous le permet.

44^. Avant d’abandonner ce sujet il peut être utile d’observer encore une fois (§ 172) (3) que nonobstant les heureuses conséquences d’une vie vertueuse, le principe du devoir et le désir du bonheur sont radicalement distincts.La paix de l’âme, qui est la récompense immédiate des bonnes actions, et le sentiment de mérite qui les ac-

compagne, forment sans doute indépendamment de l’expérience , une forte présomption en faveur de la connexion du bonheur et de la vertu; mais les faits qui , dans la vie humaine, justifient cette conclusion, ne sont point évidcns aux spectateurs ordinaires, et les philosophes de tous les âges, ne se seraient point si unanimement accordés à l’adopter s’ils n’y avaient été conduits par une voie plus courte et plus directe que l’examen des conséquences éloignées du vice et de la vertu.

444- On peut ajouter que si dans l’homme de bien ce désir du bonheur était le principe d’action unique ou même dominant, ce principe ne pourrait guère manquer de lui ravir ce qu’il cherche, en remplissant son âme de conjectures inquiétantes sur l’avenir, et de calculs embarrassans sur les diverses chances de bien et de mal. L’homme au contraire dont le sentiment du devoir est le principe régulateur se conduit dans les affaires de la vie, avec hardiesse, conséquence et dignité, et trouve sans le chercher ce bonheur qui trompe si souvent la poursuite de ceux qui mettent à l’atteindre toutes les facultés de leur esprit.

SECTION IV

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