L'art de calomnier utilement le prochain
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consiste k savoir dire de lui precis^ment le mal qu'il sera le plus agr^able au prochaia d'enteadre et que Ton puisse persuader avec le plus de facility.
225. — Pas de metier qui exige plus de souplesse et de tact que celui du caloinniateur puisqu'il s'agit de trouver contre le prochain les accusations, a la fois, les plus vraisetnblableset les plus propres k lui nuire.
226. — L'intolerance qui prend sa source dans rialeret personnel est d'ordinaire beaucoup plus Apre que celle qui decoule de la conviction.
227. — L'honnete homme se montre parfois bien plus accessible k la corruption que le coquin de profession. L'on a souvent raison du premier par la ilatterie et les satisfactions d'amour-propre, jamais du second que par la satisfaction donn^e k son interet du moment.
228. — Le monde se montre quelquefois s6vere pour les convictions achetees k prix d'argent, presque toujours indulgent pour celles que la vanity ou Famour-propre ont seuls inspirees.
229. — A en juger par la plupart de ses effets, on ne voit pas trop comment distinguer Tesprit d'intrigue de la spirituality la plus raffin^e. II
fagonne Thomnie a la pratique des vertus de perfection, lui apprend k etre humble, exempt de rancune, indulgent aux defaut-s et travers du prochain, a rechercber les avanies et les rebufFades, routes les fois qu'il croit avoir quelque chose h y gagner. Parfois, il nous rend plus chretiens que Tevangile, puisqu'il nous enseigne le mepris de tout lien de famille et des affections terrestres et k pr6ferer, de beaucoup, k nos proches et amis, des ennemis declares.
230. — Ce qui rend le bavard et le vaniteux des fetres si insupportables, c'est qu'ils ne peuvent se livrer k leurs d^fauts de predilection sans gener ceux du voisin.
1. — La veritable prudence a ceci de commun avec la grandeur d'&rae qu'elle nous enseigne moins encore a nous defier de nos ennemis qu'a savoir bien placer noire confiance et k choisir judicieusement nos amis.
2. — Nous donnons notre confiance h un homme et le chargeons de nos affaires parce que nous le Savons droit, loyal, incapable de tromperet ensuite, nous nous iudignons si parfois il sacrifie nos int6rfets aux scrupules de sa conscience.