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SUISSES

Géographie.

La Suisse, appelée anciennement Eelvètie, fut soumise par Jules César, et resta sous la domination des Romains pendant près de cinq siècles.

Quand les nations barbares se jetèrent sur l'Empire, les Bourguignons et les Suèves fondirent sur PHelvétie et la partagèrent.

Vers le milieu du 6me siècle, les Français se rendirent maîtres de tout le pays conquis par ces deux peuples, et l'Helvétie devint une province de l'empire français.

Vers la fin du 9me siècle, la Suisse fut réunie à l'Allemagne.

Dans le 14*' siècle, l'empereur Albert, fils de Rodolphe de Hapsbourg, voulant entièrement soumettre les cantons de Schwitz, d'Underwald, d'Uri, qui conservaient encore un reste de liberté, les traita fort rudement pour les porter

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à la révolte, et avoir, par-là, occasion de les subjuguer. Il y établit deux gouverneurs qui agirent suivant ses vues, de la manière la plus lyrannique, jusque-là même que Gésier, l'un d'eux, exigea que l'on rendît à son chapeau, qu'il fit exposer sur la place, au bout d'une pique, les mêmes honneurs qu'à sa personne. Une telle conduite excita en effet des murmures ; mais les suites ne répondirent pas à l'attente de l'empereur. Guillaume Tell refusa d'obéir à l'ordre du gouverneur. En punition, Gésier le condamna à abattre, avec une flèche, une pomme mise sur la tête de son fils unique, ou à être décapité avec lui, s'il manquait son coup. Guillaume Tell prit deux flèches ; comme il était excellent arbalétrier, il abattit la pomme avec la première sans toucher à son fils, et, se tournant du côté du gouverneur, il lui dit : La seconde était pour toi, si j'avais eu le malheur de tuer mon fils. Gésier, indigné, s'embarqua avec lui sur le lac de Lucerne, pour le conduire dans son château ; mais Guillaume Tell s'échappa d'entre ses mains, et le tua dans un défilé où il l'attendit.

Les trois cantons opprimés se réunirent, mirent Guillaume Tell à leur tête, et chassèrent l'autre gouverneur, avec toute sa suite, qu'ils conduisirent hors du pays : ce fut là le premier signal de l'indépendance (5 308).

Les trois autres héros de cette révolution sont : 1 ° Arnold de Melchtal, 2° Werner Stauffacher, 3° Walter Furst.

Les trois cantons formèrent aussitôt une ligue pour dix ans. L'empereur Albert marcha contre eux ; mais il fut assassiné par son neveu, Jean de Souabe, au passage de la Reuss ( \ 309), ce qui donna à ces cantons le temps de prendre leurs mesures. Le duc Léopold étant venu les attaquer, ils taillèrent en pièces son armée, dans un petit lieu appelé Morgarten, quoiqu'ils ne fussent qu'au nombre de 1 ,500, et que leurs ennemis fussent 20,000(1315). Celte journée fut aussi célèbre dans les annales de la république Helvétique que celle des Thermopyles dans les annales grecques. Us firent

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alors une alliance perpétuelle, et prirent le nom de Suisses, du plus considérable des trois cantons.

Les principales guerres que les Suisses eurent à soutenir depuis furent : 4° contre Charles-le-Téméraire, duc de Bourgogne, qu'ils vainquirent à la fameuse bataille de Moral (4476); %° contre Maximilien, empereur d'Allemagne ; 3° contre eux-mêmes, divisés par le réformateur Zwingle, curé de Glaris. Cappel fut le théâtre d'un premier combat : Zwingle y périt, et son parti eut le dessous (1531).

Cependant les autres cantons s'unirent successivement à ceux de Schwitz, d'Uri et d'Underwald, et la Suisse en compte aujourd'hui vingt-deux.

C'est ainsi que s'est formée cette république singulière, divisée en cantons indépendants les uns des autres, mais unis pour leur défense commune.

La maison d'Autriche fit, pendant longtemps, de grands efforts pour recouvrer sa domination sur les Suisses ; mais elle ne put y parvenir, et, à la paix de Westphalie, en 4648, on reconnut leur indépendance.

Depuis, la Suisse a suivi la destinée de l'Europe. L'armée française l'occupa en 1798 et 4799 , et Napoléon lui imposa une nouvelle constitution. En 1814, les alliés, ne voulant pas reconnaître sa neutralité, la traversèrent pour pénétrer en France. Le congrès de Vienne a mis fin à toutes les dissensions de ce pays, en assignant à la fédération ses droits, ses limites et ses devoirs.

La révolution de 4830 a eu son contre-coup en Suisse. Tout se borna d'abord à la séparation du canton de Bâle en deux cantons : Bâle-Ville et Bâle-Campagne (1833). La révolution du Valais (1840), les troubles du Tessin (1841) et de Genève (1846) ont été suivis du Sunderhunâ, ligue catholique et aristocratique, anéantie en quelques jours. Dès lors, le parti démocratique a triomphé. Depuis 1848, Berne est la ville fédérale.

Les VÉNITIENS. Venise fut fondée au 5* siècle (45?) par les Vênètes, qui, à l'arrivée d' Attila, roi des Huns, se réfugièrent dans les îles à l'embouchure du Pô. Ils y établirent quelques cabanes, et s'agrandirent par la suite.

Chaque île fut d'abord gouvernée par un tribun particulier. Elles se réunirent ensuite sous un seul chef, nommé doge. Le premier fut Paul Anafesto (7e siècle), 697.

Le dogat était à vie, et dépendait des suffrages de la commune. Le doge était un véritable monarque; mais peu à peu l'autorité de ce duc fut restreinte, et le gouvernement de Venise devint démocratique.

Venise s'enrichit bientôt par le commerce ; elle acquit une puissance et une supériorité qui excitèrent souvent la jalousie de ses voisins, et lui suscitèrent des guerres.

Les croisades agrandirent cette république, et la quatrième surtout, en démembrant l'empire grec, la rendit maîtresse de plusieurs ports de V Albanie, de la Grèce, de la Morée; elle domina même dans les îles de Corfou, de Céphalonie, de Candie, etc.

|.Mais au 13e siècle (4 298), l'établissement de l' 'aristocratie

héréditaire causa de grands troubles. La révolte d'un nommé Tiépolo et de ses partisans, qui voulaient le rétablissement de l'ancienne forme du gouvernement (1310), provoqua la nomination du conseil des Dix, tribunal sévère et redoutable appui des nobles.

Les découvertes du 458 siècle firent tort au commerce de Venise, mais en même temps donnèrent à cette ville plus de tranquillité, en cessant d'exciter contre elle la jalousie.

Les Français s'en rendirent maîtres en 1797, et obligèrent le doge à prendre la fuite. Par le traité de Campio-Formio, elle fut cédée à l'empereur d'Autriche.

Par le traité de Presbourg, Venise fut rendue à Bonaparte, qui la donna au prince Eugène de Beauharnais ; mais en 1814 elle retourna à l'Autriche; et forme aujourd'hui la deuxième capitale du royaume lombardo-véniiien.

Insurgée en 1848, Venise a proclamé la république; mais elle a été réduite en 1849, après un long siège.

Les GÉNOIS. Détruite par Annibal, rétablie par le consul Spurius, Gênes fut soumise par les Goths, à qui les Lombards l'enlevèrent.

Presque entièrement détruite, elle fut relevée par Charlemagne, qui l'annexa à l'empire français. Dans le \ 0e siècle, elle fut prise par les Sarrazins , qui , en ayant passé tous les hommes au fil de l'épée, emmenèrent les femmes et les enfants en Afrique.

Rétablie pour la troisième fois, les habitants s'adonnèrent au commerce, s'enrichirent, et, devenus fiers et puissants enproportion de leurs richesses, s'érigèrent en une république qui fut bientôt en état de donner du secours aux princes chrétiens, lors des croisades.

Les Pisans lui déclarèrent la guerre ; elle conserva toujours ses avantages. L'enthousiasme de la liberté rendit enfin cette république capable des plus grandes êhoses ; elle

parvint à concilier l'opulence du commerce avec la supériorité des armes.

La jalousie et l'ambition des citoyens y excitèrent ensuite de grands troubles, auxquels prirent part les empereurs , les rois de Naples, les Yisconti, les marquis de Montferrat, les Sforze, les Français, successivement appelés par les différents partis qui divisaient la république.

Enfin, André Doria (1528) eut le bonheur et l'habileté de réunir les esprits, et d'y établir la forme du gouvernement aristocratique. Il pouvait s'emparer de la souveraineté, mais il se contenta d'avoir rétabli la liberté de sa patrie.

En ces temps florissants, Gênes possédait plusieurs îles dans l'Archipel, et plusieurs villes sur les côtes de la Grèce et sur les bords de la mer Noire. Elle tenait même Péra, un des faubourgs de Constantinople; mais l'agrandissement de la puissance ottomane affaiblit considérablement son commerce dans le Levant.

La conjuration de Fiesque contre la liberté de Gênes (1547) n'eut aucun résultat, et ce pays conserva son indépendance et son gouvernement jusqu'en 1746, qu'elle tomba au pouvoir des Autrichiens. Elle parvint à s'y soustraire par le secours de la France, à laquelle elle céda la Corse en 1768. Bls-lors elle cessa d'être une puissance en Europe; relevée un instant, en 1796, sous le nom de République ligurienne, puis réunie à l'empire français, elle fut cédée, en 1815, au roi de Sardaigne.

Les TOSCANS. La Toscane demeura soumise aux Romains, jusqu'à l'invasion des Barbares (5e siècle).

Elle passa aux Goths, aux Lombards, qui y placèrent des ducs amovibles.

Charlemagne soumit la Toscane à des comtes (8* s.). Louis-le-Débonnaire leur substitua des marquis (9* s.) ; ils commencèrent la série des souverains de la Toscane.

La corr.'esse Mathilde (w et 129 s.) avait fait au saint

siège la donation de la Toscane; après sa mort, les papes éprouvèrent de grands obstacles de la part des empereurs, qui prétendirent toujours conserver un droit de suzeraineté sur la Toscane , et qui voulurent alors s'en rendre maîtres : ce fat l'origine des Guelfes et des Gibelins, noms qui désignaient le parti des papes et celui des empereurs.

Au \T siècle, la Toscane, fatiguée de cette lutte, s'érigea en république. Le gouvernement y éprouva bien des variations; des guerres civiles, et celle surtout entre les Florentins et les Lncquois, désolèrent ce beau pays.

Les Florentins étaient partagés en différents corps de métiers; la famille des médicis, qui appartenait au corps des marchands, commença à se distinguer par sa modération et son impartialité, et acquit une grande considération (15e s.). Elle remonte à Evrard, gonfalonier ou chef de la république de Florence en 1314. Mais on a coutume de commencer cette famille célèbre à Jean de Médicis, mort en 1428; c'est le chef.de la branche aînée. Laurent l'ancien, son fils, est le chef de la branche cadette; il est mort en 1440.

Les Médicis qui ont été remarquables sont :

Cosme. fils de Jean de Médicis ; il fut le premier qui exerça de l'influence sur le gouvernement. Il fut tour à tour persécuté, banni, puis rappelé avec honneur. 11 reçut le titre de Père de la patrie (1 434). C'est lui qui commence le siècle des Médicis.

Laurent I" et Julien, les magnifiques, qui furent nommés par leurs concitoyens, princes de la république. Les Pazzi conspirèrent contre eux. Julien fut assassiné dans une église; Laurent échappa (1478). C'est Laurent qui rassembla les artistes grecs errants, après la prise de Constantinople ; il créa le système d'équilibre en Italie; il eut pour femme Glarisse des Ursins.

2° Léon X (Jean de Médicis), pape en 1513. Protecteur des lettres et des beaux-arts, il donna son nom à son siècle,

Les indulgences qu'il publia en faveur de ceux qui contribueraient aux frais de la construction de la basilique de Saint-Pierre causèrent la Bèformation de Luther (1517).

Clément VII, pape. Il se ligua avec François Ier contre Charles-Quint. Son refus de confirmer la répudiation de Catherine d'Aragon, femme de Henri VIII, causa le schisme d'Angleterre (153 5).

Catherine de Médicis, file de Laurent et de Marguerite de Boulogne ; elle épousa Henri II, roi de France.

Marie de Mèdicis, file de François I'T et de Jeanne d'Autriche; elle épousa Henri IV, roi de France.

Alexandre, fils de Laurent II; il épousa une fille de Charles-Quint qui le créa duc de Florence en 1531 ; il est tué en 1537 par Laurent, de la branche cadette, excité par les Florentins mécontents. Sa veuve, Marguerite, morte en 1586, fut gouvernante des Pays-Bas; elle se remaria à Octave Farnèse, et donna le jour au célèbre Alexandre Farnèse , duc de Parme , général des armées de Philippe II.

Cosme III, mort en 1723. C'est sous ce prince que s'affaiblit en Europe l'estime acquise par les Médicis ; il avait épousé Marguerite d'Orléans, fille de Gaston ; elle revint en France.

Marguerite, de la branche cadette qui épousa le duc de Parme; son arrière-petite-fille, Elisabeth Farnèse, héritière de Parme et de Florence, épousa Philippe V , roi d'Espagne, morte en 1766; leur fils, don Philippe est reconnu duc de Parme, par le traité d'Aix-la-Chapelle (1748); il mourut en 1765.

La Toscane se composait du Florentin, du Pisan, du Siennois.

Le Pisan fut réuni au Florentin en 1 406, par la conquête qu'en fit la république de Florence , awnt l'établissement des Médicis.

Le Siennois passa sous la domination espagnole au temps

de Charles-Quint; et Philippe II le donna en 1557 au grandduc de Toscane à titre d'arrière-fief de la couronne d'Espagne ; il se réserva pourtant quelques places sur la côte, qui, sous le nom de Présides, ou d'états, de garnisons, avaient passé au royaume de Naples.

C'est sous Pierre II, fils de Laurent-le-Magnifique, et proscrit de la République ainsi que ses frères, en 1477, que vivaient Machiavel et Savonarole (1504).

C'est sous Cosme IL mort en 1621, que vivait Galilée; Cosme envoya en France, à Louis XIII, la statue de Henri IV.

La maison desMédicis a eu sept grands-ducs, deux papes et deux reines de France célèbres. Les qualités de cette famille ont été toutes civiles, administratives, littéraires, jamais guerrières. Le goût des plaisirs et de la magnificence les perdit. Leur nom est toutefois inséparable de la civilisation moderne, à laquelle ils donnèrent une heureuse impulsion, par la protection qu'ils accordèrent aux arts, aux lettres et aux sciences.

Gaston de Médicis, dernier de cette famille, n'ayant pas d'enfants, disposa de ses États en faveur de François, duc de Lorraine (1737).

Après la guerre de Pologne, les puissances arrêtèrent que la Toscane serait donnée à François de Lorraine, et que la Lorraine appartiendrait à Stanislas Leckzinski , pour être ensuite réunie à la France (1738).

La Toscane demeura donc dans la maison d'Autriche; mais, pendant la révolution française, les Français en firent la conquête. En 1801, elle fut érigée en royaume, sous le nom de royaume d'Étrurie, en faveur du prince Louis, duc de Parme, infant d'Espagne. Après la mort de ce prince, en 1803 , elle fut réunie à l'empire français. En 1814, la Toscane fut rendue à la maison de Lorraine sous le nom d'archiduché. Le grand-duc régnant est Léopold II, qui a succédé en 1824 à son père Ferdinand III ; il est né le 3 octobre 1797,

Les Guelfes et les Gibelins désolèrent ce pays ; la mésin telligence qui régnait entre les nobles et le peuple ne causa pas moins de ravages.

Les PARMESANS et les PLAISANTINS. Après la destruction de l'empire romain, ces états eurent le sort des autres contrées de l'Italie ; ils passèrent ensuite à Pépin , fils de Charlemagne ; mais au 4 2e siècle ils s'érigèrent en république.

Au 16e siècle, les papes s'adjugèrent ces États, en vertu du don que Charlemagne en avait fait au saint-siége; Léon X les abandonna à François Ier, et les reprit après les malheurs de ce souverain ; enfin Paul lîî les fit passer à Pierre-Louis Farnèse, son fils; c'est à ce prince que commença la suite des ducs de Parme et de Plaisance (4 545).

Octave Farnèse, fils de Louis, n'hérita que de Parme : l'empereur s'était emparé de Plaisance.

Alexandre, son fils, fut remis en possession de tout le duché (1586). Ce fut un des plus grands capitaines du 26e siècle ; il fut fait gouverneur des Pays-Bas révoltés ; il avait épousé la petite-fille d'Emmanuel-le-Grand , roi de Portugal, Marie, qui lui apporta des droits à la couronne. La force en décida en faveur de Philippe, roi d'Espagne, en 4 580.

Après la mort du duc Antoine, dernier des Farnèse, les troupes impériales se saisirent de ses États comme fiefs vacants de l'Empire.

Cependant don Carlos, fils de Philippe V, roi d'Espagne, les obtint et les céda à son frère, don Philippe. En devenant roi de Naples, Philippe les laissa à Ferdinand, son fils.

Le duché de Parme fut gouverné par l'ancien souverain de Lucques-Charles-Louis, depuis la mort de Marie-Louise (4847) à qui il était échu en vertu de l'acte du congrès de Vienne (4814). Ce prince a été forcé d'abdiquer en 4849*

Le souverain actuel est Ferdinand-Charles III, son fils

Les LUCQUOIS. La ville de Lucques tenait un rang dis tingué sous les empereurs romains. Elle se rendit à Narsès, général de Justinien, au 6e siècle. Elle fut dès-lors gouvernée par des comtes et par des marquis jusqu'au 12e siècle, où elle recouvra sa liberté.

La guerre se déclara au \ 5e siècle entre les Florentins et les Lucquois : Lucques soutint un siège et s'accommoda avec les Florentins.

Elle se plaça ensuite sous la protection des empereurs. Conquise par les Français au 18e siècle, cette ville fut érigée ensuite en une principauté qui appartient (depuis 1847) au grand-duc de Toscane , frère de François Ier , empereur d'Autriche.

Les MODÉNOIS. Le duché de Modem faisait partie de la Gaule Cisalpine. Il subit les mêmes révolutions que le nord de l'Italie. Les Romains s'en rendirent maîtres dans le 3e siècle avant J.-C. Il passa aux Barbares, aux Lombards, aux Français, aux Allemands. Lors des divisions des Guelfes et des Gibelins, il s'éleva en Italie plusieurs souverainetés, dont Modènefut une des plus considérables. Elle est formée par la maison à-Msi, au 13e siècle, et acquit le duché au 15" siècle.

Alphonse 11, au 16e siècle, fils d'Alphonse Ier, étant mort sans enfants, cette succession fut léguée à César, de la branche cadette, et petit-fils d'Alphonse Ier.

César éprouvades contestations de la partdeClémentVIII, et finit par lui céder le Ferrarais, qui fut réuni aux États de l'Eglise. Le duc se fixa à Modène:

Eercule-Re?2aud d'Esté, au 18^ siècle, n'eut qu'une fille, qui épousa un prince de la maison d'Autriche, à laquelle Modène et Reggio sont réversibles. Ce prince, en 4797, fut

dépossédé par les Français. Mais son petit-fils, François IV d'Autriche, fut réintégré par le congrès de Vienne. En 1846, il a pour successeur son fils François V, expulsé en 1848, et rétabli actuellement (1852).

Les RAVENNOIS. (Ravenne.) Lorsque les Barbares se furent rendus maîtres de l'Italie, les empereurs d'Orient y envoyèrent de temps en temps des généraux pour y maintenir leurs droits.

Le général Narsès ayant été rappelé en 568, Longin prit sa place et s'établit à Ravenne, avec le titre d'exarque. Il fut rappelé ensuite. Plusieurs généraux y furent envoyés successivement et portèrent le même titre.

Luitprand, roi des Lombards, s'empara de Ravenne en 726, sous l'exarque Paul; mais ce gouverneur, avec le secours du pape et de Venise, la reprit l'année suivante.

Elle fut enfin prise par Astolphe, roi des Lombards, sur Eutychès, le dernier des exarques, qui fut chassé de l'Italie et obligé de retourner à Constantinople (752).

Deux ans après, Pépin, roi de France, obligea Astolphe à donner cette ville au pape, ce que Charlemagne confirma en y ajoutant de nouvelles terres. Ravenne a suivi les révolutions d'Italie; elle a fait partie de l'empire français, et es aujourd'hui comprise dans les États de l'Église.

Le MILANAIS. La ville de Milan, déjà puissante du temps des Romains, et même avant de leur être soumise, devint la proie des Barbares qui se succédèrent en Italie après la chute de l'empire. Après Charlemagne, les archevêques jouirent de la souveraineté ; au 1 0e siècle, le peuple secoua le joug des prélats. Les hostilités continuèrent quelque temps encore. Au 129 siècle, les officiers impériaux furent chassés, et Milan devint une république.

L'empereur Frédéric Barberousse, irrité, tourna ses armes

contre eux, les soumit et détruisit leur ville, qui fut ensuite rebâtie plus brillante que jamais.

Après s'être soustraits à la domination des empereurs, les Milanais se donnèrent un chef dans la personne de Martin délia Torre, qui expulsa les nobles et l'archevêque (1257). Les Torriani réunirent toute l'autorité ; mais leur puissance dura peu : elle finit à Napoléon de la Torre, en

La famille de Visconti, qui descendait de Mathieu Visconti, neveu de l'archevêque, succéda aux Torriani, dans le 13e s. (1295). On remarque parmi ces princes Jean Galêas, premier duc de Milan et père de Valent ine Visconti, qui, par son mariage avec Louis d'Orléans, apporta dans la maison de France les droits qu'on fit valoir plus tard, et qui causèrent les guerres d'Italie sous Charles VIII , Louis XII et François I,r.

La branche des Visconti s'éteignit à Philippe-Marie, frère de Galéas; son général, Bussoni, dit Carmagnole, le trahit en faveur des Vénitiens, qui cependant le firent périr. Un autre général, François Sforze, ayant épousé Blanche, fille de Philippe, devint héritier du duché de Milan. Sa famille y régna jusqu'à ce que François Ier en dépouillât Maximilien Sforze, qui mourut assassiné en 1530. Charles-Quint s'en empara à son tour, le rendit aux Sforze, en hérita encore, et le laissa dans sa maison, dans laquelle il demeura jusqu'en 1714, qu'il fut cédé à l'Autriche.

En 1797, Milan devint le chef-lieu de la république cisalpine, établie par les Français, et en 1804, la capitale d'un nouveau royaume d'Italie. En 1814, cette ville est retournée à PÂutriche, et est devenue la capitale du royaume lombardo-vénitien. Elle se révolta un instant contre l'Autriche, en mars 1848; mais elle fut soumise dès 1849»

Les SLAVES. Ces peuples appartiennent à la race indo-germanique, et s'établirent (15* s. avant J.-C.) à PO.

du Volga. Leur famille se divisait en trois grandes sections : les Slaves orientaux, les Slaves occidentaux et les Slaves du centre. Us commencèrent à se faire connaître du 21e au 5e siècle, et se mêlèrent à des tribus germaniques ou finnoises. La plupart furent soumis par les Goths aux 3« et 4e siècles. En 407, les Vandales, d'origine slave, parurent en Gaule ; les Serbes et les Croates (631-641) s'établirent dans la Dacie. Vers 500, le royaume des Lèques fut fondé en Pologne, celui de Russie en 862, et celui de Slavonie, le long de la Baltique, par Gottschalk (1047). Les Slaves embrassèrent le christianisme du 9e au 13e siècle. En 11 61, Henrile-Lion, duc de Saxe» annexa le royaume de Slavonie à son duché, tandis que les Obotrites, autre peuple slave devenaient vassaux du Danemark.

Les MONGOLS. Ce peuple, de race hunnique ou tartare, habitait de vastes contrées au nord de la Chine , et se divisait, au commencement du 12e siècle, en nombreuses hordts, chacune sous un Khan, ou chef. Souvent plusieurs d'entre elles formaient une espèce de confédération, avec \m grand Khan, ou chef suprême.

Le premier connu est Têmoudgin, qui réunit toutes les tribus mongoles, et se fit proclamer Gengis-Khan (c'est-àdire Khan des Khans) à l'assemblée de Caracorum (1206) en Mongolie. Ce conquérant (1206-1227) soumit par lui-même ou par ses fils les Tar lares de l'Asie centrale , le Kharizm, la Perse, le sud de la Russie d'Europe, et mourut au moment où il allait s'emparer de la Chine, que subjuguèrent ses successeurs. Son empire, après lui, se partagea en quatre grands royaumes : le Kaptschak, Y Iran (Perse), le Djaggathai (Turkestan) et la Mongolie propre (Chine). Tamerlan (Timour-Lem#, c'est-à-dire boiteux), petit prince mongol de la Boukharie, descendant de Gengis-Khan par les femmes, rétablit dans toute sa grandeur la monarchie de ce conquérant. Il soumit toute la Boukharie, la Perse,

l'Arménie, la Russie jusqu'à Moscou, l'Inde, r Asie-Mineure. Il y vainquit et prit le sultan turc Bajazet //, à la bataille d'Ancyre (1402), et mourut à Otrar (140?), en marchant contre la Chine, à la tête de plus de 200,000 Mongols. Ses états se divisèrent en plusieurs débris, dont le plus célèbre fut l'empire du Grand-Mogol, fondé en 1505, par Babour, son petit-fils, avec Delhi pour capitale. Ce vaste empire fut, pendant un siècle et demi (1555-1706), le plus brillant et le plus riche de l'Asie. La décadence commença sous Aureng-Zeb, qui, cependant, agrandit ses états par de riches conquêtes ; elle devint rapide sous les successeurs de ce prince, et le dernier, Chah-Alem II, languit 12 ans (1188-1806) prisonnier de la Compagnie anglaise des Indes, qui possède actuellement les trois quarts de l'ancien empire mongol.

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