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MEXICAINS. 3 H

travailler aux mines. Cortez fit étendre sur des charbons ardents l'empereur Guatimozin, neveu de Montézuma : mais tant de crimes ne profitèrent pas à Gortez. Charles-Quint fit saisir tous ses biens et lui ordonna de revenir en Espagne où il mourut en 1545.

Les Espagnols tirèrent des richesses immenses du Mexique ; mais l'extrême sévérité des lois exaspéra l'esprit des colons, et les événements qui agitèrent l'Espagne en 4808 par l'envahissement des armées de Napoléon favorisèrent, au Mexique, des mouvements contre la domination despotique du gouvernement. Un moine, nommé Hidalgo, leva l'étendard de l'indépendance; il fut fusillé en 1811* Morillos, nouveau chef de l'insurrection, fit proclamer, en 1812, une constitution provisoire. Fait prisonnier, on le condamna à mort, comme hérétique et rebelle. Un troisième chef, le jeune Xavier Mina, eut le même sort.

De nouvelles révoltes eurent lieu contre de nouvelles vexations. Iturbide fut déclaré généralissime de terre et de mer. Un congrès fut convoqué, où ce chef ambitieux se fit proclamer empereur. Plusieurs députés eurent cependant le courage de protester ; l'opposition devint générale. Santa- Anna, gouverneur de Vera-Cruz , devint l'interprète de toute la nation, et proclama la république (1812). Iturbide abdiqua : on eut la générosité de l'exiler, en lui faisant une pension considérable.

Le Mexique se constitua en républiques fédératives.

Cependant Iturbide rêvait encore la couronne du Mexi que. On l'avait déclaré traître et proscrit ; il n'en partit pas moins de l'Angleterre, le 1 1 mai 1824, et le 8 juillet il parut à la barre de Soto la Marna, avec sa famille, et y débarqua déguisé : il fut pris et fusillé le 19 juillet. La victoire de Tampico, remportée en 1819 sur les troupes de Ferdinand VII, assura l'indépendance du Mexique. En 4836, le Texa* s'érigea en république fédérative, et l'indépendance du nouvel état fut assurée par la victoire du générai Samuel

Houston, premier président du Texas, sur le général américain Santa-Anna. Le Mexique a eu depuis des démêlés avec la France, et en 1838, l'amiral Baudin s'empara du fort de Saint- Jean-d'Ulloa. En 1848, la Californie méridionale a été cédée par le Mexique aux États-Unis. Le président actuel du Mexique est le général Mariano Arista , depuis le 4" janvier 1851.

En 1524, trois aventuriers, François Pizarre, fils nature d'un gentilhomme de l'Estramadure, et, dans sa jeunesse, pâtre à Truxillo ; Diego d'Almagro, trouvé à la porte d'une église, et Fernand de Lacques, prêtre et maître d'école à Panama, tous trois âgés de plus de cinquante ans, formèrent le projet de pénétrer dans le continent de l'Amérique méridionale.

François Pizarre mit à la voile de Panama en novembre, et découvrit le Pérou. Huana-Capac, prince guerrier, occupait alors le trône du Pérou. Pizarre retourna à Panama, et revint l'année suivante poursuivre sa conquête. Le pays était alors troublé par la rivalité des deux fils de Huana, AÏÏiuaiipa et Huascar, qui se disputaient le trône. Le premier s'étant emparé de Quito, capitale de l'empire, tous deux cherchèrent à gagner ïizarre, qui fit exterminer quarante mille Péruviens. Dans une entrevue qu'il eut avec Athualipa, l'inca est fait prisonnier. Tremblant, il promet pour rançon autant de lingots d'or que la salle où il se trouve pourrait en contenir à la hauteur qu'un homme atteindrait de la main. Ces sacrifices furent inutiles. Il fut étranglé sur une place publique. Les principales provinces de l'empire furent dès lors soumises aux Espagnols.

Aïmagro, jaloux de Pizarre, s'empara de Cusco; mais son compagnon de fortune marche contre lui, le défait, fait égor-

ger ses officiers, et le fait étrangler lui-même dans sa prison. Il est ensuite décapité à Lima, étant âgé de soixantedix-sept ans. Fernand de Lucques, devenu évêque, était mort en 1523; mais les partisans tfAlmagro avaient juré de se venger. Pizarre succomba sous leurs coups, et sa mort entraîne celle du fils d'Almagro, nommé gouverneur de Lima. Ce jeune homme périt dans la même ville, sur la même place, du même supplice, par la main du même bourreau, et fut placé dans le même tombeau que son père. Le despotisme espagnol fut organisé au Pérou comme au Mexique. Les colons n'attendaient qu'une occasion. Les événements de 1808 ne produisirent aucune révolution; mais le général Saint- Martin ébranla toute la population. Tribus indiennes, espagnoles, toutes s'armèrent, et l'indépendance du Pérou fut reconnue et déclarée en 1821. Saint- Martin quitta les Péruviens après les avoir affranchis. Son départ fut fatal à l'état qu'il avait fondé. On allait retomber au pouvoir de l'Espagne, lorsque Bolivar et son lieutenant, le général Sucre, ranimèrent les Péruviens, et leur rendirent la liberté (1824). On décerna à Bolivar les titres de Père du peuple et de Sauveur du Pérou. Mais bientôt la discorde éclata dans la nouvelle république, et une scission violente sépara le Haut-Pérou, protégé par Bolivar, et qui prit le nom de Bolivie, et le bas Pérou qui conserva l'ancien nom. Le président Camara, élu en 1830, après s'être maintenu onze ans dans la direction des affaires, se vit chassé de Lima (12 mai 1841) par le général Santa-Grux qui abdiqua bientôt (1842).

Le président actuel du Pérou est le général José Rufino Echénique (depuis 1851). La Bolivie a pour président le générai Manuel Isidore Belzu (1852).

320 BRÉSILIENS

BRESILIENS

La découverte du Brésil appartient aux Portugais. Alvarez Cabrai, commandant d'une flotte de cette nation, voulant aller aux Indes, fut poussé par des vents contraires sur les côtes du Brésil, qu'il découvrit; il en prit possession au nom du roi de Portugal. Cette colonie acquit dans la suite une haute importance par les riches mines d'or et de diamant qu'on y découvrit. L'histoire du Brésil n'offre riend'intéressantjusqu'en 1 580, que ce pays passa à l'Espagne ; mais en 1640, une révolution plaça sur le trône de Portugal la famille de Bragance, et fit cesser la domination des Espagnols au Brésil. Les Hollandais s'étaient aussi emparés, en 4624, d'une partie de cette contrée; mais après plusieurs vicissitudes, les Portugais en recouvrèrent la pleine possession , en 1 66 \ , en payant huit tonneaux d'or à la Hollande. En 1808, lorsque les Français et les Anglais s'emparèrent du Portugal, Jean VI, alors régent du royaume, passa an Brésil, et y établit le siège du gouvernement; mais rappelé par les cortès de Lisbonne, il mit à la voile du Brésil, avec toute sa cour, le 26 avril 1821. Don Pedro, prince héréditaire, resta en Amérique, avec le titre de vice-roi; mais les Brésiliens, ne voulant plus dépendre de Lisbonne, le proclamèrent empereur du Brésil sous le nom de Pierre hr , le 12 octobre 1822.

Cependant des troubles s'élevèrent à l'occasion des dépenses qu'il fallut faire pour mettre sur le trône de Portugal Dona Maria, fille de Pierre Ier, en faveur de laquelle il avait abdiqué le trône de Portugal, en laissant la régence à don Miguel, son frère, en 1831. — Une révolution militaire l'obligea de quitter le Brésil, où son fils fut proclamé sous le nom de Pierre II. De retour en Europe, à l'arrivée de troupes qu'il leva en France et en Angleterre, il chassa

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