ETATS-UNIS D5AMÉRIQUE
mi de la nation française, avait inutilement représenté que la possession du Canada ferait perdre l'Amérique aux Anglais. Non moins judicieux que Châtain, le cabinet anglais avait écrit :
« Le Canada est la garde de nos colonies ; pourquoi notre ministère cherche-t-il à le conquérir? » Mais l'insatiable avidité de la cour de Londres l'aveuglait sur ses véritables intérêts. Enfin les vexations de la métropole décidèrent les colons à repousser la force par la force. Les hostilités commencèrent le 19 avril 1775, au village de Lexington, situé à cinq lieues de Boston.
Assemblés en congrès général le 30 août 1775, les colons proclamèrent leur indépendance et se promirent un secours mutuel pour défendre leur liberté.
Les Anglais envoyèrent contre eux des forces considérables, avec les généraux Hoio, BurgoineetBlinton.
Les colons, de leur côté, donnèrent le commandement de leur armée à Washington, militaire habile et orateur éloquent. Un combat sanglant se livra à Bunker' s- H M, près de Boston (17 juin); les troupes du roi eurent l'avantage : les colons assiégèrent Québec et Boston, qui fut pris. De nouveaux combats furent livrés avec des alternatives de succès et de revers : on avait envoyé Franklin, homme probe et d'un grand savoir, à la cour de France, pour demander des secours. Louis XVI conclut un traité avec les États-Unis, le 6 février 1778, et envoya une escadre de douze vaisseaux, sous les ordres de l'amiral é'Esîaing. La confiance des colons se ranima. L'accession de l'Espagne -à la ligue contre l'Angleterre l'augmenta encore. Pressés par les feux de l'armée combinée des Américains, comntandés par Washington, et des Français, sous les ordres de Lafayette, les Anglais, perdant tout espoir, reconnurent les colonies anglo-améri-» caines comme étals libres, souverains et indépendants ; et le traité définitif en fut conclu le 3 décembre 1783.
Les puissances européennes adhérèrent successivement
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à ce traité. Le congrès s'occupa alors d'établir un système politique en harmonie avec le plan de confédération. Quelques agressions injustes de la part de l'Angleterre lui firent déclarer la guerre le 18 juin 1812 par les États-Unis. Cette guerre ne finit qu'en 1815, après la brillante victoire des Américains, le 8 janvier de la même année, auprès de la Nouvelle-Orléans. Depuis ce temps, les États-Unis n'ont point cessé d'être en paix avec les nations européennes. Aussi leur commerce et leur prospérité se sont-ils prodigieusement accrus, ainsi que leur population. Leur territoire en outre, s'est augmenté de la Floride, cédée par l'Espagne en 1819 ; du Nouveau-Mexique et de la Californie, enlevés au Mexique. En 1824, un traité conclu avec la Russie a fixé les limites de l'union à 54e de latitude Nord.
Tous ces états sont réunis sous un même gouvernement, par la constitution fédérale arrêtée à Philadelphie, le 17 septembre 1787 ; tous les pouvoirs législatifs sont confiés à un congrès qui siège à Washington, et se compose d'un sénat et d'une chambre de représentants. Le pouvoir exécutif est confié à un président et à un vice-président. Washington fut le premier président, élu deux fois en 1789 et 1793. — Le président actuel est M. Millard Fillmore, depuis le 9 juillet
{Saint-Domingue.)
L'île d'Hispaniola (petite Espagne), de Saint-Domingue ou Haïti, fut découverte par Christophe Colomb, en 149£. Elle était alors habitée par les Caraïbes qui, à une époque difficile à déterminer, en avaient fait la conquête sur les Ygnéris, et s'étaient confondus avec eux.
Les Espagnols, après les avoir exterminés, restèrent paisibles possesseurs de Pile. Ils remplacèrent la population détruite par les noirs importés des côtes d'Afrique. Cet exemple fut constamment suivi, et cette race nouvelle s'est naturalisée sur ce sol, dont elle est devenue propriétaire. En 1620, des aventuriers français et anglais réunis s'en emparèrent. Chassés à leur tour par les Espagnols, ils se retirèrent dans l'île de la Tortue, située sur la côte N.-O., où ils se rendirent redoutables par leurs pirateries. Vers le milieu du 17e siècle, ces mêmes aventuriers, connus sous le nom de Boucaniers ou Flibustiers, ayant de nouveau enlevé plus des deux cinquièmes de l'île, la France les prit sous sa protection.
En 1665, d'Ogeron, gouverneur de l'île, envoyé par la cour de France, employa l'ascendant de ses vertus et de ses talents sur les habitants. 11 en commença la civilisation et fit tourner leur activité au profit de la culture de Saint-Domingue. La partie qu'ils occupaient fut cédée à la France, parle traité deRyswick, en 1697.
La colonie languit jusqu'en 1722 sous le régime des compagnies ; mais depuis lors sa prospérité alla toujours en croissant, jusqu'à la révolution de 1789.
Les troubles de France sont le premier signal de ceux de la colonie. On y parle hautement de liberté, d'abolition des privilèges. Des prétentions exagérées soulèvent les passions, excitent des désordres-, et préparent la perte de la colonie en
Les Mulâtres se rassemblent après la constitution de Saint- Marc, et une première insurrection est excitée par Ogé, arrivé de France.
Les Noirs et les Mulâtres, qui formaient la grande majorité de la population, réclamant à cette époque les mêmes droits que les blancs, et ceux-ci s'obstinant à les leur refuser, une insurrection générale éclata au mois d'août 1791, et toute la partie française ne présenta plus qu'un vaste
champ d'incendie, de carnage et de désolation. Des agents sortis de la partie espagnole dirigèrent les premiers efforts des esclaves, qui étaient d'abord demeurés étrangers aux débats de leurs maîtres.
Le 10 avril 1793, on assiège le Port-au-Prince. Deux mille boulets sont tirés sur la ville ; un grand nombre des habitants sont déportés. Le 20 juin, Golbaud, gouverneur, se met à la tête de l'insurrection des matelots de l'escadre en rade du Cap.
Santhonax, commissaire civil, arme les Noirs pour la défense des patriotes sans-culottes. Le 24 juin, on incendie le Cap. Le 28, la flotte française part pour les États-Unis, où elle transporte les malheureux colons du Cap. Le 9 août, a lieu la rentrée des commissaires civils au Cap, aux cris de Vive la république ! Tous les blancs sont obligés de fuir. Le 29 août, Sanlhonax proclame les Droits de l'homme, et l'esclavage aboli pour toujours à Saint-Domingue. Le 22 septembre, les Anglais prennent Jérémie et le môle Saint-Nicolas : ils se maintiennent dans la colonie jusqu'en 1793.
Toussaint- Louverture s'empare peu à peu de l'autorité ; il force les commissaires à s'embarquer pour la France; il rétablit l'ordre et la tranquillité, et ramène les Noirs au travail. Le 1er juillet 1801, il approuve la nouvelle constitution de Saint-Domingue ; on le nomme gouverneur à vie et il est investi du droit de choisir son successeur.
Le 14 décembre 1801 , Bonaparte fit partir de France une flotte de 23 vaisseaux de ligne et d'autres bâtiments, chargés de 22,000 hommes? sous les ordres du général Leclerc.
Le 7 mai 1802, toute la colonie se soumet. Christophe traite le premier; Toussaint et Dessalines l'imitent: ils livrent armes et munitions. Le Î0 juin, Toussaint est arrêté et transporté en France; les maladies font de grands ravages dans l'armée, l'insurrection recommence.
Pès que Toussaint- louveriure, qui se trouvait à la tête dl!
gouvernement de Saint-Domingue, eut été envoyé en France, Dessalines fut du nombre de ceux qui aspirèrent à le remplacer. Aidé de Christophe et de quelques autres chefs, il se soutint, dans la partie du nord , contre les attaques du général Rochambeau (1803). Le général Ferrand, qui commandait dans la partie espagnole, maintint l'ordre et conserva Santo-Domingo à la France jusqu'en 1809.
Après l'expulsion des Français, en novembre 1803, Dessaline s'empara de l'autorité suprême et prit le titre de Jacques /er, empereur d'Haïti. Il se rendit odieux par ses cruautés. Une conspiration se forma contre lui , et il fut tué en passant une revue, le 18 octobre 1806. Christophe fut aussitôt élevé au rang de président et de généralissime, et Péthion fut nommé son lieutenant dans la partie de l'Est.
Une assemblée est convoquée au Cap pour y rédiger une constitution. Cette mesure est la source de nouvelles divisions. Péthion se met à la tête du parti qui veut un système représentatif. Christophe, partisan du pouvoir absolu, déclare Péthion en état de révolte, et marche contre lui à la tête de toutes ses forces. De sanglants combats ont lieu à diverses reprises entre les deux compétiteurs, mais sans que le résultat en soit décisif. Depuis cette époque, Péthim se maintint indépendant au Port-au-Prince, sous le titre de président de la république (T Haïti. En 18 H, Christophe se fait sacrer roi à" Haïti sous le nom de Henri Ier, institue une noblesse, et modèle sa cour sur celles de l'Europe ; mais, s'étant livré à beaucoup d'actes de cruauté, il est victime d'une conspiration qui a lieu au Cap, le 9 octobre 1820. Pour ne pas tomber entre les mains des conjurés, il se brûla la cervelle. Péthion avait consolidé dans l'Est l'ordre de choses qu'il avait établi. Il mourut le 29 mars 1818, laissant pour successeur le général Boyer. Ce nouveau président profita de la révolution arrivée au Cap, et réunit sous son gouvernement les différentes provinces de l'île,
Les habitants de la partie espagnole avaient sollicité, le 25 décembre 1821, le même avantage.
L'ile de Saint-Domingue se trouva tout entière régie par les mêmes lois. Le Fort-au -Prince est maintenant le siège du gouvernement d'Haïti. Le 17 avril 4825, il parut une ordonnance du roi de France, par laquelle fut reconnue l'indépendance pleine et entière du gouvernement actuel de la partie française de File de Saint-Domingue ou d'Haïti. Celle-ci devait payer en retour une indemnité de 1 50 millions de francs aux anciens colons ; le paiement de cette indemnité éprouva toutes sortes de retards, et la France se vit obligée de consentir à une forte réduction.
En 1843, Boyer, accusé de tyrannie, fut expulsé et remplacé par le général Hérard, puis par Guerrier (1844). Viennent ensuite Pierrot (1845), Riche (1846), et enfin Soulouque (1847), qui, en 1849, s'est fait nommer empereur, sous le nom Faustin Ier.
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Les Romains comprenaient, sous le nom de Belgique. presque tous les pays situés au nord des Gaules. Us eurent des guerres fréquentes à y soutenir contre des peuples forts et belliqueux, qui ne pouvaient s'accommoder du joug de l'obéissance.
Les Baîaves se firent un nom parmis ces peuples. Us habitaient la Hollande, dont le nom signifie pays creux, et que les Romains désignaient sous le nom (Tile des Bataves.
L'an 70 de J.-C, ces peuples, sous la conduite de Givilis, se soulevèrent contre la domination romaine. Vaincus, ils suivirent la destinée de l'empire romain, et passèrent successivement sous différents maîtres.
Charlemagne les assujétit et leur imposa le christianisme
(804) ; ils restèrent sous la domination de sa famille jusqu'à ce qu'elle s'éteignît.
De fréquentes révolutions et des troubles intérieurs agitèrent souvent ces provinces, qui toutes ne formèrent qu'un état sous un seul chef, et bientôt se partagèrent en plusieurs gouvernements sous différents noms (863).
Il y eut un roi de Frise, un duc de Brabant, un comte de Flandre, un comte de Hollande; ils furent souvent en guerre avec leurs voisins. Philippe-le-Bel et Char les-le- Bel remportèrent sur eux des victoires signalées (Mons-en- Puelle, 1302;.
La Flandre, devenue très peuplée et très florissante, avait été possédée par la première maison de Bourgogne, issue du roi Robert. Au commencement dn 15me siècle, elle passa à la seconde, issue de Philippe, fils du roi Jean. En effet, en 1433, Philippe de Bourgogne réunit cette contrée à ses vastes domaines, en se la faisant céder par Jacqueline de Bavière, sa cousine, héritière de la Hollande et du Brabant. Elle fut heureuse sous un gouvernement pacifique; son commerce s'agrandit, et toutes les nations voisines payèrent tribut à son industrie.
La maison d'Autriche acquit ces belles provinces par un mariage. Marie de Bourgogne, unique héritière de Charlesle-Téméraire, dernier duc de cette famille, les apporta en dot à l'empereur Maximilien (1477).
Philippe, leur fils, épousa Jeanne-la-Folle, qui lui apporta F Aragon et la Castille; il laissa tous ses états à Charles- Quint (1519). Sous ce nouveau maître, plusieurs provinces qui composent actuellement la Hollande, commencèrent à manifester leurs prétentions à l'indépendance ; mais elles furent bientôt forcées de rentrer dans le devoir.
C'est à cette époque que l'industrie et le commerce de la Hollande prirent de l'extension. Dès 1523, la réforme de Luther s'établit en Hollande et y fit de grands progrès. Sous le tiathoudérat de Guillaume d'Orange (1559), les
principaux seigneurs, alarmés de [Mnftuenee du cardinal de Granvelle , ministre de Marguerite , duchesse de Garnie , gouvernante des Pays-Bas au nom de Philippe II, son frère (1559), et craignant les excès de Y inquisition , formèrent entre eux la Ligue des Gueux et déclarèrent ouvertement leur opposition aux édits contre la réforme.
Ce que l'adroite politique de Charles-Quint avait empêché arriva par l'impérieuse fierté de Philippe n, et surtout par le caractère cruel et sanguinaire du ducd'Albe, qu'il avait nommé gouverneur-général des Pays-Bas (1566).
Les Hollandais avaient l'inquisition en horreur. Le duc d'Albe, autorisé par Philippe II, l'établit dans tous les districts de son gouvernement. Les échafauds furent dressés, les bûchers allumés, et le sang coula de toutes parts ; les prisons regorgeaient de captifs. Un tribunal de sang poursuivait également les citoyens de tous les rangs et de tous les âges. On leur ôtait la vie et l'on confisquait leurs biens. Des familles entières périssaient par le fer, l'eau et le feu.
Des impôts excessifs accablaient le peuple, qui n'avait plus de ressources pour sortir de sa misère que dans son désespoir. Il fut poussé à bout et se vengea. La révolte, en un moment, souleva toutes les provinces des Pays-Bas.
Guillaume de Nassau, prince d'Orange, qui s'était retiré en Allemagne et y avait levé des troupes, se joignit aux mécontents. Le duc d'Albe fut rappelé, mais il n'était plus temps. La guerre continua avec divers succès ; enfin les députés des États de Hollande, de Zéelande, d'Utrechtrde Frise, de Groningue, d'Over-Yssel, de Gueldre, s'assemblèrent à Utrecht, et déclarèrent Philippe II, déchu de la souveraineté des Pays-Bas (1581).
Le stalhoudérat fut établi ; mais l'autorité du chef ou stathouder était balancée par celle des États-généraux.
Ce nouveau gouvernement, établi par l'union d'Utrecht (1579), prit le nom de République des sept provinces unies , ces sept provinces étaient : les comtés de Hollande et de
Zéelande, le duché de Gueldre et les seigneuries de Frise, d'Over-Yssel et de Groningue ; Guillaume d'Orange fut mis à la tête du nouvel état.
La Hollande, étant devenue une puissance, fut reconnue comme état souverain et indépendant au Traité de West phalie ou de Munster, en 1648. Elle soutint de plus des guerres glorieuses contre l'Angleterre et la Suède. C'est alors que se distinguèrent les amiraux hollandais Tromp et Ruyter. En 1670, le grand pensionnaire Jean de Vvitî s'allia à l'Empereur et à l'Espagne contre l'ambition de la France. Malheureusement il ne prévit point la brusque invasion de Louis XIV. Les Orangistes, ses ennemis, en profitèrent pour exciter une révolte, et de Witt, ainsi que son frère Corneille, fut mis en pièces par la populace (1612).
En 1672, le 4 juillet, la Hollande reprit le gouvernement du stathoudêrat. La bravoure et l'habileté de l'amiral Ruyter rétablirent la prospérité de l'état, si gravement compromise. Guillaume III, prince d'Orange, profita de ce retour de fortune pour faire déclarer le stathoudêrat héréditaire dans sa famille. Il était fils de Guillaume II de Nassau et d'Henriette-Marie-Stuart, fille de Charles Ier. Il eut la gloire de tenir tête à Louis XIV (1672) ; mais il fut battu par Luxembourg, et contraint, par l'épuisement de ses forces, à signer la paix de Nimègue (1678). Il enleva (1688) la couronne à Jacques II, son beau-père et se fit reconnaître roi d'Angleterre et d'Ecosse (1689). Il mourut en 1702, laissant l'Angleterre libre et puissante.
A sa mort, le stathoudêrat fut aboli pour n'être rétabli qu'en 1747.
Les trente années de paix dont avait joui la Hollande depuis la conclusion du traité d'Utrecht, en 1713, avaient suffi à cette république commerçante pour recouvrer sa puissance. La guerre de Sept-Ans , lui fit essuyer de nouveaux revers, et c'est à la suite de ces circonstances que les Orangistes ou les partisans de la maison d'Orange par-
vinrent à la rétablir dans ses dignités héréditaires. Les factions déchirèrent le pays et préparèrent la révolution qu'y opéra, en 1795, l'armée française, sous la conduite du général Pichegru. La république batave fut bientôt traitée en province conquise par les commissaires du Directoire. En 4806, Napoléon érigea les sept provinces de Hollande en royaume, en faveur de son frère Louis, et quatre ans après ce même royaume, transformé en 1 1 départements, fut incorporé à l'empire français.
Après avoir partagé vingt ans les destinées de la France, la Hollande, constituée en royaume des Pays-Bas, au congrès de 1815, reconnut pour son légitime souverain Guillaume II. La révolution de Belgique en 1830 n'a plus laissé à ce prince que la Hollande, sur laquelle son fils Guillaume III règne depuis 1849. Il est né le 19 février 1817.