‹ Esquisses historiques ou cours méthodique d'histoire composé sur un nouveau planChapitre 62 sur 148 · DEPUIS LES GUERRES PUNIQUES · texte numérisé non relu

DEPUIS LES GUERRES PUNIQUES

C'est à cette époque que commencèrent les guerres contre les Carthaginois. On les désigne sous le nom de guerres puniques : il y en eut trois.

La première (264-240) donna aux Romains la Sicile; la seconde (218-201) V Espagne. Elle est célèbre par la rivalité de Publius Scipion V A fricain 1 er et d\Amu 6aî, général des Carlaginois : elle fixa l'attention de l'Europe. Dansla troisième (1 4 9-1 46) , les Romains s'emparèrent de V Afrique : Carthage fut détruite.

Pendant les deux dernières, et dans les intervalles qu'elles laissèrent, avaient eu lieu les quatre guerres de Macédoine, contre Philippe et Persce t la guerre de Syrie (191-188); et d'autres moins importantes , qui s'étaient terminées par la soumission des provinces de Y Asie (188), de Ylslrie (177), de la Macédoine (168), et delà Dalmalie (155).

La prise de Thèbes et de Corinthe décida la réduction de la Grèce en province romaine, sous le nom A'Achate (146).

Numance, un instant révoltée (1^ 1-133), succombe avec le reste de YEspagne. La conquête du monde entier devient de moins en moins douteuse.

Des guerres nombreuses et célèbres contre les étrangers, entre autres celles de Jugurtha (119-106), des Esclaves siciliens (104-102), des Cimbres et des Teutons (102-101), des Marses (91-89), de Mithridate, roi de Pont (88-64), de Serlorius (85-72), des Gaules (59-49), et des Parthes (54), signalèrent le siècle suivant : mais des luttes intérieures et des guerres de citoyen à citoyen le rendirent encore plus tristement célèbre. Les deux tentatives des Gracques (133- 1 23) pour rendre au peuple des droits usurpés par les patriciens en furent le prélude. Ensuite Marius et Sylla (88-82), César et Pompée vaincu à Pharsale (48), les triumvirs et Brutus (42), Octave eiSeoctus Pompée (ô6), enfin Octave et Antoine (21) , se disputent la toute-puissance sur le champ de bataille , couvert du sang des Romains. Deux proscriptions, celle de Sylla (84) et celle des triumvirs (45), ajoutèrent encore à tant d'horreurs. Cependant, ces luttes cessè-

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rent; Rome, maîtresse du monde, reconnut le pouvoir d'un seul maître , et la monarchie impériale commença après la victoire d'Octave- Auguste à Aclium sur Marc-Antoine et Cléopâtre, reine d'Egypte (31 ans avant Jésus-Christ).

(Pour les détails , voir V Histoire générale de l'auteur.)

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( Cinq siècles. ) L'histoire de cette période comprend cinq siècles.

DANS LE PREMIER , que nous nommerons siècle des Césars, Rome, après avoir goûté le bonheur et le calme le plus parfait sous Auguste, qui protégea les lettres, subit successivement la tyrannie du cruel Tibère, de l'insensé Caligula, de l'imbécile Claude, de l'atroce Néron, et elle ne respire un instant sous Vespasien et sous Titus, que pour tomber entre les mains de Domilien, qui réunit tout ce que ses prédécesseurs avaient d'odieux.

LE SECOND SIECLE , ou siècle des Antonins 9 est aussi heureux pour l'Etat que l'autre a été funeste. Le sénat avait nommé à l'empire un homme probe, Nerva (de 96 à 98), à la suite duquel se présentent quatre hommes non moins vertueux. Peu jaloux de laisser la puissance suprême à un fils ou à un neveu, Nerva ne consulte que l'intérêt de l'Etat , et après avoir régné deux ans, il adopte Trajan (98), Espagnol d'origine, et le premier étranger parvenu au trône de Rome. Trajan recule, par des conquêtes en Dacie et en Asie, les bornes de l'empire. Adrien (417), avec des talents militaires, se montre pacifique et ami zélé des lettres et des beaux-arts; il élève une muraille dans le nord de la Bretagne, contre les Calédoniens ; il agrandit la nouvelle Carthage et rebâtit Jérusalem. Sous lui, les Juifs se révoltèrent, furent défaits et dispersés définitivement (135). Anlonin (438), le plus vertueux des monarques; son règne fut la plus heureuse période de l'empire. Marc-Aurèle (168), surnommé le Philosophe; il s'était associé Lucius Verus, jeune homme prodigue et dissipé , auquel cependant il donna sa fille. C'est sous cet excellent prince qu'eurent lieu la bravoure et les prodiges

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de la légion chrétienne fulminante, dans la guerre contre les Marcomans et leurs alliés. Marc-Aurèle réussit à assurer les frontières de l'empire du côté du Danube ; mais il fut le premier qui permit aux barbares de s'établir dans l'intérieur et qui les prit à la solde de TElat ; il légua la pourpre à son fils, le lâche et cruel Commode (180), sous lequel une horrible tyrannie ensanglante l'empire. Un meurtre délivre les Romains de ce monstre, mais laisse le gouvernement sans guide.

Ici commence LE TROISIÈME SIÈCLE, siècle de i anarchie militaire. Pertinax (195), après trois mois de règne, meurt de la main des soldats. La couronne est mise à l'enchère. Didius Julien ose Tacheter. Pescenninus- Niger , Septime-Sévère et Albinus la lui disputent. Le premier est proclame en Syrie, le second en Illyrie, le troisième en Bretagne (197).

Scptime-Sévère (197-211), resté seul maître de l'empire, le relève par un règne assez ferme, fait la guerre aux Parthes, aux Bretons , et rétablit la muraille d'Adrien. 11 meurt à York; mais le cruel Caracalla (211), son fils, l'ébranlé de nouveau. Il fait assassiner son frère Gela dans les bras de sa mère, désole les provinces qu'il traverse, et fait un massacre effroyable du peuple d'Alexandrie. Macrin , préfet du prétoire, l'assassine.

Après la mort de Caracalla., les soldats sont de nouveau maîtres de l'empire. Us élisent successivement Macrin, qui ne règne qu'un an (217) ; Héliogabale (218), prince cruel et débauché; Alexandre Sévère, un des meilleurs princes et des plus grands empereurs de Rome (222-235) , qui règne plusieurs années , mais dont l'administration n'a point détruit le mal.

.A sa mort, l'anarchie reparaît plus puissante que jamais. Vingt-cinq princes et cinquante usurpateurs envahissent et occupent un instant le trône. Trois d'entre eux seulement, Claude II, Aurélien et Dioctétien, méritent une mention. Claude II (268-270) , bon général, remporte de grandes victoires sur les Goths , il est surnommé le Gothique. Aurélien (270-275), grand guerrier, soumet les prince»

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cTOrient, après la défaite de Zénobie, reine de Palmyre ; il reraei sous son obéissance toutes les contrées de l'Occident, qui, depuis Gallien (259), avaient des maîtres indépendants. 11 meurt assassiné. La mort tfAurélien fut suivie d'un interrègne de six mois ; le sénat disposa du trône en faveur de Probus (276). Cet empereur, qui fut toujours en guerre avec les Allemands , qu'il repoussa , ne manquait pas d'une certaine intelligence pour les arts de la paix ; il bâtit plusieurs villes qu'il peupla de prisonniers de guerre , et fit planter à sesr soldats des vignobles sur les collines voisines du Rhin.

Dioclélien (284) ; à son avènement commencement les partages. Ce prince suspendit pendant quelque temps les maux de l'empire, mais il abdiqua et se relira à Salone.

LE QUATRIEME SIECLE , ou siècle de Constantin , est célèbre : \ 0 par le triomphe du Christianisme , qui est élevé sur le trône dans la personne de Constantin (312); 2° par la translation de l'empire à Bysance, qui prend le nom de Constantinople , 3° par les victoires et le règne de Julien VApostal (360), dernier prince de la race de Constantin , et le plus habile de tous ; il abjure la religion chrétienne et fait de vains efforts pour relever le paganisme : il porte la guerre en Perse, et meurt d'une blessure qu'il reçoit en combattant (363) ; 4° par le partage définitif de V empire (364) entre Valens et Valentinien. Le grand Théodose réunit, en 394 , le monde romain , mais en mourant, il consomme la séparation des deux empires, dont il règle le partage entre ses deux fils : Arcadius à Vorient, Honorius à Voccident (395).

On voit alors se multiplier les perpétuelles invasions des barbares, qui pourtant ne s'établissent pas encore au cœur de l'empire.

AU CINQUIÈME SIÈCLE, ou siècle des invasions , les légions romaines abandonnent la Bretagne et la Gaule aux Angles, aux Francs et aux Bourguignons, l'Espagne aux Alains, aux Suèves et aux Visigolhs, l'Afrique aux Vandales, et le nord de l'Italie à tous les barbares. La pourpre impériale, prise, donnée et enlevée tour à tour, couvre des fantômes de princes , et s'avilit de plus en plus. Le Suève

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