ROYAUME DES DEU&-SICILES
En 1074, Roger, l'un des fils de Tancrède et oncle de Roger, maître de Naplqs, s'empara de la Sicile. Enmouraut,
SICILIENS
il laissa deux fils, dont l'un, nommé Roger II, s'empare de la Pouille et de la Calabre après la mon de Guillaume, descendant de Robert Guiscard ; de sorte que les deux royaumes de Naples et de Sicile furent réunis en 1129 et prirent le nom de royaume des Deux-Siciles. Cet Etat passa des princes normands dans la maison impériale de Souabe. Constance, dernière princesse, fille de Roger et héritière des deux royaumes, les apporta en mariage, en 1186, à Henri VI, fils de l'empereur Barberousse.
La branche de Souabe étant éteinte en 1266, après la mort du bâtard Mainfroid, dernier possesseur, le pape Urbain IV donna l'investiture du royaume des Deux-Siciles à Charles de France, comte d'Anjou, frère de saint Louis, * dont les descendants possédèrent la couronne de Naples pendant 120 ans.
Ce fut sous le règne de Charles d'Anjou que les Siciliens massacrèrent tous les Français à l'heure de vêpres, le jour de Pâques, en 1282 : ce massacre est connu sous le nom de Vêpres Siciliennes.
En 1584, Jeanne P e , dernier rejeton de la première branche d'Anjou, adopta par son testament Louis I er , duc <£ Anjou, fils du roi Jean. En même temps, Charles de Duras, cousin de cette reine, s'établit sur le trône de Naples, ce qui occasionna entre ces deux princes, et même entre leurs successeurs, une longue guerre. Ce fut la postérité du comte de Duras qui s'y maintint, malgré les prêtent ions des successeurs du comte d'Anjou, qui portaient aussi le titre de rois de Naples.
Jeanne 11, dernière princesse du sang des Duras, institua pour son héritier René d'Anjou, prince de la deuxième branche d'Anjou, issue du roi Jean, ce qui donna à cette maison un double droit à ce royaume. René ne put le conserver.
Alphonse, roi d'Aragon et de Sicile, le lui enleva en 1442. Depuis ce temps, les deux royaumes de Naples et c!3 Sicile furent réunis.
Les rois d'Espagne Font conservé jusqu'en 1707.
A cette époque , le royaume des Deux-Siciles fut cédé par Philippe V, roi d'Espague, à la maison d'Autriche, en la
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personne de Charles VI, empereur, qui le perdit en 1734.
Il fut repris par don Carlos , fils de Philippe V, auquel il fut cédé par le traité de Vienne, en 1756. Ce prince ayant été appelé au trône d'Espagne en 1759, un de ses fils lui succéda sous le nom de Ferdinand IV. Ce dernier , après avoir été chassé de ses États en 1805 , fut rétabli dans son royaume, en 1814, par le secours de l'Autriche, et reconnu par un article du congrès de Vienne comme roi des Deux- Siciles. 11 est mort en 1826. C'«est son petit-fils Ferdiuand II qui est aujourd'hui sur le trône (1841).
PORTUGAIS
Géographie. — Chronologie. — Généalogie.
Dans le v° siècle , les Suèves s'étaient emparés , sur les Romains, de la province espagnole appelée Lusitanie. Les Gothg la prirent sur les Suèves et la conservèrent jusqu'au vin e siècle, que les Mores s'en emparèrent.
Dans le xi e siècle, Alphonse Fi, roi de Léon et de Caslille, demanda à Philippe I er , roi de France, des secours contre les Mores qui envahissaient ses États.
Henri de Bourgogne , arrière-petit-fils de Robert I er , et Raymond de Bourgogne, offrirent leurs secours à ce roi d'Espagne, qui donna au premier sa fille naturelle Thérèse, avec tous les États qu'il pourrait conquérir sur les Mores, depuis Porto jusqu'à la Guadiana, et sa fille Uraque au second, c'està-dire à Raymond.
Henri défit les Sarrasins en dix-sept batailles, et donna au pays qu'il avait conquis le nom de Portugal (Porlocalo); mais son fils, qui se rendit plus célèbre que lui, est regardé comme le premier roi de Portugal : c'est Alphonse Henriquez.
Les Portugais ont été gouvernés, jusqu'à nos jours (1841 ), par trois familles :
1° Celle de Bourgogne, dont le premier roi est Alphonse Henriquez, xit e siècle (1 139);
2° Celle d'Avis, dont le premier roi est Jean I er , xiv e siècle (1383);
PORTUGAIS
3° Celle de Bragance, dont le premier roi est Jean VI, xvii e siècle (1640).
Entre ces deux familles , les Espagnols gouvernèrent le Portugal pendant 60 ans,
LA FAMILLE DE BOURGOGNE a pour chef Alphonse Henriquez, qui vainquit, dans les plaines d'Ourique (Alentejo), cinq princes mores, auxquels il enleva leurs cinq étendards. C'est dans ce siècle que vivait le fameux Rodrigue Diaz, que Ton surnomme le Cid, c'est-à-dire chef, à cause de sa valeur (1139).
Les principaux successeurs d'Alphonse sont :
Denis, qui fut à juste titre appelé le Père de la patrie, car il encouragea les arts, le commerce et l'agriculture (1279);
Alphonse IV (xiv e siècle) , qui ordonna l'assassinat d'Inès de Castro, maîtresse de son fils Pierre le Justicier. Ce jeune prince lui succède; il fait exhumer Inès, la fait couronner et transporter aux tombeaux des rois, après avoir sacrifié ses ennemis (1525).
Sous la FAMILLE D'AVIS, on remarque Jean 1 er , fils naturel de Pierre le Justicier, qui fixa la couronne sur sa tôle par la victoire d'Abjubarolta , dont le souvenir est encore cher aux Portugais (1385).
Jean II, son arrière-pelit-fils, surnommé Auguste. Ce fut lui qui refusa des vaisseaux à Colomb (1481).
Emmanuel le Grand (xv e etxvi* siècles), dont le règne fut l'âge d'or du Portugal. Sous ce prince, Vasco de Gama double le cap de Bonne-Espérance; Alvarez Cabrai découvre le Brésil, et le général Albuquerque immortalise le nom portugais aux Indes. Jean III, fils et successeur d'Emmanuel, établit l'inquisition.
A la mort de Henri le Cardinal, son frère (1580), plusieurs princes se disputent le trône de Portugal ; le roi d'Espagne, Philippe H, l'obtint par la force des armes.
Sous la DOMINATION ESPAGNOLE, le joug de l'Espagne et la tyrannie de ses rois deviennent insupportables aux v Portugais, auxquels les Hollandais enlèvent plusieurs places en Afrique, dans les Indes et en Amérique.
BOHÉMIENS
Sous la FAMILLE DE BRAGANCE, on remarque :
1° Jean I V, surnommé le Fortuné. Il devait la couronne au génie de sa femme, Louise de Gusman , dont la régence , sous la minorité d'Alphonse VI, fut glorieuse pour le Portugal. La vicloire de Villaviciosa fut le terme de la querelle avec les Espagnols, qui depuis 28 ans agitait les deux nations.
2° Pierre II, usurpateur du trône de son frère (xva e siècle), dont il épousa la femme, Marie de Nemours. Il eut un règne ferme et glorieux, et arma contre la France dans la guerre de la succession d'Espagne, en 1700.
3° Joseph I tr , sous lequel eut lieu le tremblement de terre de Lisbonne, en 1755. Le marquis de Pombal, son ministre, est célèbre par l'expulsion des jésuites. Joseph fut assassiné en 1759 ; en 1762 les Espagnols firent une invasion en Portugal, et furent repoussés par le comte de La Lippe.
4° Marie-Françoise-Isabelle , fille de Joseph : elle épousa son oncle Pierre III, pour conserver la couronne dans la maison de Bragance. Pendant sa maladie , Jean , prince du Brésil , fut régent du Portugal : il se vit obligé de se retirer au Brésil en 1807, à l'approche de l'armée française ; mais le général français Masséna ne put conserver le Portugal , qui rentra sous la puissance du prince du Brésil.
5° Jean, à la mort de sa mère, 20 mars 1816, eut le titre de roi et le nom de Jean VI. En Europe , le règne de ce prince fut orageux ; et , en Amérique , le Brésil se déclara indépendant. En Portugal , deux puissants partis agitaient le royaume : les constitutionnels et les absolutistes , à la tête desquels se trouvait don Miguel, lîls du roi et de la reine mère Charlotte d'Espagne. Jean VI mourut en 1826, et depuis sa mort le Portugal est en proie à toutes les révoltes que fait naître l'esprit de parti. L'usurpalion de don Miguel paraît a voir mis le comble au malheur de ce royaume. Maria 11 est aujourd'hui sur le trône (1841).
BOHÉMIENS
La Bohême, à l'ouest de la Hongrie, fut originairement peuplée par une colonie de Boïens, qui sortit de la Gaule,
SUISSES
dans le vi e siècle avant J.-C, pour aller s'établir dans cette contrée, et c'est de ce peuple qu'elle a pris son nom.
Les Marcomans (peuple de la Germanie) chassèrent les Boïens et s'établirent dans le pays qu'ils avaient occupé.
Sur la fin du v° siècle , les Marcomans furent chassés à leur tour par les Esclavons ( peuple sorti des environs de la mer Baltique), dont le chef se nommait Zeck. Ce furent ces derniers qui défrichèrent le pays, alors couvert de bois.
On ne connaît les successeurs de Zeck que depuis l'an 632, temps où régnait une princesse vertueuse, nommée Libussa, qui épousa Prémislas, simple laboureur. Ce nouveau prince se montra digne du trône et fit de très-bonnes lois. Il commença à régner en 632 et mourut en 676. Sa lille lui succéda.
En 950 , la Bohême devint tributaire de l'Empire. Les souverains de la Bohême portèrent le titre de ducs jusqu'en 4061, que l'empereur Henri IV donna le titre de roi à Uratislas H, qui était le dix-huitième duc.
Après la mort de Louis II, qui fut tué dans une bataille l'an \ 526 , la couronne de Bohême passa à la maison d'Autriche, en la personne de ferdinand / er , qui avait épousé la sœur de ce prince, et d'élective qu'elle était auparavant, elle devint héréditaire dans cette maison , qui la possède encore.
SinSSCS- Géographie.
La Suisse, 1 appelée anciennement Helvétie, fut soumise par Jules-César, et resta sous la domination des Romains pendant près de cinq siècles.
Quand les nations barbares se jetèrent sur l'Empire, les Bourguignons et les Suèves fondirent sur l'Helvétie et la partagèrent.
Vers le milieu du vi* siècle, les Français se rendirent maîtres de tout le pays conquis par ces deux peuples, et l'Helvétie devint une province de l'empire français.,
Vers la fin du ix* siècle, la Suisse fut réunie à l'Ailemagne.
snssES.
IGi
Dans le xm siècle, l'empereur Albert, fils de Rodolphe d'Hapsbourg, voulant entièrement soumettre les cantons de Schwitz , d'Underwald , d'Uri , qui conservaient encore un reste de liberté, les traita fort rudement pour les porter à la révolte, et avoir par là occasion de les subjuguer. 11 y établit deux gouverneurs qui y agirent suivant ses vues, de la manière la plus tyrannique, jusque-là même que Gésier, l'un d'eux, exigea que Ton rendit à son chapeau, qu'il fit exposer sur la place, au bout d'une pique, les mêmes honneurs qu'à sa personne : une telle conduite excita en effet des murmures ; mais les suites ne répondirent pas à l'attente de l'Empereur. Guillaume Tell refusa d'obéir à l'ordre du gouverneur. En punition , Gésier le condamna à abattre , avec une flèche, une pomme mise sur la tête de son fils unique , ou à être décapité avec lui, s'il manquait son coup. Guillaume Tell prit deux flèches ; comme il était excellent arbalétrier, il abattit la pomme avec la première sans toucher à son fils , et se tournant du côté du gouverneur, il lui dit : La seconde était pour toi, si j'avais eu le malheur de tuer mon fils. Gésier, indigné, s'embarqua avec lui sur le lac de Lucerne pour le conduire dans son château; mais Cuillaume Tell s'échappa d'entre ses mains , et le tua dans un défilé où il l'attendit.
Les trois cantons opprimés se réunirent, mirent Guillaume Tell à leur tête, et chassèrent l'autre gouverneur, avec toute sa suite, qu'ils conduisirent hors du pays : ce fut là le premier signal de l'indépendance (1308).
Les trois autres héros de cette révolution sont : 1° Arnold de Melchtal; 2° Werner; 3° ! Valterfurst.
Les trois cantons formèrent aussitôt une ligue pour dix ans. L'empereur Albert marcha contre eux ; mais il fut assassiné par un de ses neveux au passage de la Reuss , ce qui donna à ces cantons le temps de prendre leurs mesures. Le duc Léopold étant venu les attaquer, ils taillèrent en pièces son armée, dans un petit lieu appelé Morgat, quoiqu'ils ne fussent qu'au nombre de 1,500, et que leurs ennemis fussent 20,000. Cette journée fut aussi célèbre dans les annales de la république helvétique que celle des Thermo-
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pyle8 dans les annales grecques. Us firent alors une alliance perpétuelle, et prirent le nom de Suisses, du plus considérable des trois cantons.
Les principales guerres que les Suisses eurent à soutenir depuis furent : 1° contre Charles le Téméraire, duc de Bourgogne,- qu'ils vainquirent à la fameuse bataille de Moral (1476); 2° contre Maximilien, empereur d'Allemagne; 3° contre eux-mêmete , divisés par le réformateur Zwingle , curé de Glaris. Cappel fut le théâtre du premier combat : Zwingle y périt, et son parti eut le dessous.
Cependant les autres cantons s'unirent successivement à ceux de Schwitz, d'Uri et d'Untervald, et la Suisse en compte aujourd'hui vingt-deux.
C'est ainsi que s'est formée cette république singulière, divisée en cantons indépendants les uns des autres, mais unis pour leur défense commune.
La maison d'Autriche fit pendant longtemps de grands efforts pour recouvrer sa domination sur les Suisses ; mais elle ne put y parvenir, et à la paix de Westphalie, en 1648, on reconnut leur indépendance.
Depuis, la Suisse a suivi la destinée de l'Europe. L'armée française l'occupa en 1798 et 1799, et Napoléon lui imposa une nouvelle constitution. En 1814, les alliés, ne voulant pas reconnaître sa neutralité , la traversèrent pour pénétrer en France. Le congrès de Vienne a mis fin à toutes les dissensions de ce pays , en assignant à la fédération ses droits, ses limites et ses de
PEUPLES SECONDAIRES
DE L'HISTOIRE DU MOYEN AGE
Les VÉNITIENS. Venise fut fondée au v e siècle par les Venèdes, qui, à l'arrivée d'Attila, roi des Huns, se réfugièrent à l'embouchure du Pô. Ils y établirent quelques cabanes, et s'agrandirent par la suite.
Chaque île fut d'abord gouvernée par un tribun particulier. Elles se réunirent ensuite sous un seul chef, nommé doge. Le premier fut Paul Anafesto (vn e siècle), 697.
Le dogat était à vie, et dépendait des suffrages de la commune. Le doge était un véritable monarque ; mais peu à peu 1 autorité de ce duc fut restreinte , et le gouvernement de Venise devint démocratique.
Venise s'enrichit bientôt par le commerce ; elle acquit une puissance et une supériorité qui excitèrent souvent la jalousie de ses voisins, et lui suscitèrent des guerres.
Les croisades agrandirent cette république, et la quatrième surtout en démembrant l'empire grec, la rendit maîtresse de plusieurs porte de V Albanie, de la Grèce, de la Morée; elle domina même dans les îles de Corfou, de Céphalonie, de Candie, etc.
Mais au xm e siècle (1298), l'établissement de V aristocratie héréditaire causa de grands troubles. La révolte d'un nommé Tiepolo et de. ses partisans, qui voulaient le rétablissement de l'ancienne forme de gouvernement (1310), provoqua la nomination du conseil des Dix , tribunal sévère , et redoutable appui des nobles.
Les découvertes du xv* siècle firent tort au commerce de Venise, mais en même temps donnèrent à celte ville plus de tranquillité, en cessant d'exciter contre elle la jalousie.
Les Français s'en rendirent maîtres en 1 797, et obligèrent le doge à prendre la fuite. Par le traité de Campo-Formio , elle fut cédée à l'empereur d'Autriche.
Par le traité de Presbourg, Venise fut rendue à Bonaparte, qui la donna au prince Eugène de Beauharnais; mais en 1814 elle retourna à l'Autriche; et forme aujourd'hui la deuxième capitale du royaume Lombardo- Vénitien.
Les GÉNOIS. Détruite par Annibal, rétablie par le consul Spurius, Gènes fut soumise par les Golhs, à qui les Lombards l'enlevèrent.
Presque entièrement détruite , elle fut relevée par Charlemagne , qui l'annexa à l'empire français. Dans le x e siècle, elle fut prise par les Sarrasins , qui , en ayant passé tous les hommes au fil de l'épée , emmenèrent les femmes et les enfants en Afrique.
Rétablie pour la troisième fois, les habitants s'adonnèrent au commerce , s'enrichirenlj, et , devenus fiers et puissants en proportion de leurs richesses , s'érigèrent en une république qui fut bientôt en état de donner du secours aux princes chrétiens , lors des croisades.
Les Pisans lui déclarèrent la guerre ; elle conserva toujours ses avantages. L'enthousiasme de la liberté rendit enfin cette république capable des plus grandes choses ; elle parvint à concilier l'opulence du commerce avec la supériorité des armes.
La jalousie et l'ambition des citoyens y excitèrent ensuite de grands troubles , auxquels prirent part les empereurs, les rois de Naples , les Visconti , les marquis de Montferrat, les Sforze, les Français , successivement appelés par différents partis qui divisaient la république.
Enfin, André Doria (1528) eut le bonheur et l'habileté de réunir les esprits , et d'y établir la forme du gouvernement aristocratique. Il pouvait s'emparer de la souveraineté ; mais il se contenta d'avoir rétabli la liberté de sa patrie.
En ces temps florissants, Gênes possédait, plusieurs îles dans l'Archipel, et plusieurs villes sur les côtes de la Grèceet sur les bords de la mer Noire. Elle tenait même /Yra, un des faubourgs de Constantinople ; mais l'agrandissement de?
la puissance ottomane affaiblit considérablement son commerce dans le Levant.
La conjuration de Fiesque contre la liberté de Gênes (\ 547) n'eut aucun résultat, et ce pays conserva son indépendance et son gouvernement jusqu'en 4746, qu'elle tomba au pouvoir des Autrichiens. Elle parvint à s'y soustraire par le secours de la France , à laquelle elle céda la Corse en 1768. Dès lors elle cessa d'être une puissance en Europe ; relevée un instant, en 1796, sous le nom de République ligurienne, puis réunie à l'empire français , elle fut cédée , en 1814, au roi de Sardaigne.
Les TOSCANS. La Toscane demeura soumise aux Romains jusqu'à l'invasion des barbares (v° siècle).
Elle passa aux Goths , aux Lombards, qui y placèrent des ducs amovibles.
CKarlemagne soumit la Toscane à des comtes (vin 0 siècle). Louis le Débonnaire leur substitua des marquis (ix e siècle) ; ils commencèrent la série des souverains de la Toscane.
La comtesse Mathilde (xi e et xu e siècles) avait fait au saintsiége la donation de la Toscane; après sa mort, les papes éprouvèrent de grands obstacles de la part des empereurs , qui prétendirent toujours conserver un droit de suzeraineté sur la Toscane, et qui voulurent alors s'en rendre maîtres : ce fut l'origine des Guelfes et des Gibelins, noms qui désignaient le parti des papes et celui des empereurs.
Au xn e siècle , la Toscane, fatiguée de cette lutte, s'érigea en république. Le gouvernement y éprouva bien des variations ; des guerres civiles , et celles surtout entre les Florentins et les Lucquois, désolèrent ce beau pays.
Les Florentins étaient partagés en différents corps de métiers ; la famille des MÉDICiS , qui appartenait au corps des marchands , commença à se distinguer par sa modération et son impartialité , et acquit une grande considération (XV e siècle).
Corne, fils de Jean de Médicis, fut le premier qui exerça de l'influence sur le gouvernement, 11 fut tour à tout persécuté, banni, puis rappelé avec honneur. Il reçut le titre de Père de la patrie (1434).
• Nous remarquerons parmi ses successeurs :
1° Laurent i er et Julien, qui furent nommés par leurs concitoyens princes de la république. Les Pazzi conspirèrent contre eux. Julien fut assassiné dans une église; Laurent échappa.
2* Léon X (Jean de Médicis), pape en 1513. Protecteur des lettres et des beaux-arts, il donna son nom à son siècle. Les indulgences qu'il publia en faveur de ceux qui contribueraient aux frais de la construction de la basilique de Saint- Pierre causèrent la réformation de Luther.
3° Clément VII, pape. Il se ligua avec François I er contre Charles -Quint. Son refus de confirmer la répudiation de Catherine d'Aragon, femme de Henri VIII, causa le schisme d' Angleterre (1534).
4° Catherine de Médicis, fille de Laurent et de Marguerite de Boulogne; elle épousa Henri II, roi de France.
5° Marie de Médicis , fille de François I er et de Jeanne d'Autriche; elle épousa Henri IV, roi de France.
Cette famille continua de régner en Toscane, et produisit plusieurs grands hommes. Ils protégèrent les lettres et les arts.
Gaston de Médicis , dernier de cette famille , n'ayant pas d'enfants, disposa de ses Étals en faveur de François, duc de Lorraine (1737).
Après la guerre de Pologne , les puissances arrêtèrent que la Toscane serait donnée à François de Lorraine , et que la Lorraine appartiendrait à Stanislas Lcczinski, pour être ensuite réunie à la France.
La Toscane demeura donc dans la maison d'Autriche; mais , pendant la révolution française , les Français en firent la conquête. En 1801 , elle fut érigée en royaume, sous le nom de royaume d'Étrurie, en faveur du prince Louis, duc de Parme, infant d'Espagne. Après la mort de ce prince, en 1803, elle fut réunie à l'empiie français. En 1814, la Toscane fut rendue à l'Autriche sous le nom d'archiduché.
Les PARMESANS el les PLAISANTINS. Après la destruction de l'empire romain , ces États eurent le sort des autres contrées de l'Italie ; ils passèrent ensuite à Pépin t fils
PEUPLES SECONDAIRES DD MOYEN AGE. ÎGl
de Charlemagne ; mais au xn e siècle ils s'érigèrent en république.
Les Guelfes et les Gibelins désolèrent ce pays ; la mésintelligence qui régnait entre les nobles et lè peuple ne causa pas moins de ravages.
Au xvi c siècle , les papes s'adjugèrent ces États , en vertu du don que Charlemagneen avait fait au saint-siége; LéonX les abandonna à François I er , et les reprit après les malheurs de ce souverain ; enfin Paul 111 les fit passer à Pierre -Louia Farnèse , son fils ; c'est à ce prince que commença la suite des ducs de Paroœ et de Plaisance (1545).
Octave Farnèse, fils de Louis, n'hérita que de Parme, l'Empereur £ tutti emparé de Plaisance.
Alexandre,, son fils, fut remis en possession de tout le duché (1580). Ce fut un des plus grands capitaines du xvi 8 siècle, il fut fait gouverneur des Pays-Bas révoltés; il avait époasé la petite-fille d'Emmanuel le Grand, roi de Portugal, Marie, qui lui apporta des droits à la couronne. La force en décida en faveur de Philippe, roi d'Espagne , en 1580.
Après la mort du duc Antoine , dernier des Farnèse , les troupes impériales se saisirent de ses États comme fiefs vaciaus de l'Empire.
Grenelant don Carlos , fils de Philippe V, roi d'Espagne , le* omint et les céda à son frère, don Philippe. En devenant roi de Ntfpies , Philippe les laissa à Ferdinand , son fils.
Aujourd'hui ces deux États sont gouvernés par l'archiduchesse Marie-Louise , en vertu de l'acte du congrès de Vienne (1814).
Les LUCQUOIS. La ville de Lucques tenait un rang distingué sous les empereurs romains. Elle se rendit à Narsès, général de Justinien , au vi e siècle. Elle fut dès lors gouvernée par des comtes et par des marquis jusqu'au xu e siècle, où efift recouvra sa liberté.
La guerre se déclara au xv e siècle entre les Florentins et les Lucquois : Lucques soutint un siège et s accommoda avec les Florentins.
Elle se plaça ensuite sous la protection des empereurs. Conquise par les Français au xviu e siècle, cette ville fut
érigée ensuite en une principauté qui appartient au » grand-duc de Toscane frère de François empereur d'Autriche.
Les MODÉNOIS. Le duché de Modène faisait partie de la Gaule Cisalpine. Il subit les mêmes révolutions que tout le nord de l'Italie. Les Romains s'en rendirent maîtres dans le m 6 siècle avant J.-C. Il passa aux barbares, aux Lombards, aux Français, aux Allemands. Lors des divisions des Guelfes et des Gibelins, il s'éleva en Italie plusieurs souverainetés, dont Modène fut une des plus considérables. Elle fut formée par la maison d'Est, au xiu e siècle , et acquit le duché au xv c siècle.
Alphonse II, au xvi e siècle, fils d'Alphonse I er , étant mort sans enfants, cette succession fut léguée à César, de la branche cadette , et petit-fils d'Alphonse I er .
César éprouva des contestations de la part de Clément VIII, et finit par lui céder le Ferrarais, qui fut réuni aux Étais de l'Église. Le duc se fixa à Modène.
Hercule-Renault d'Est, au xviir 9 siècle, n'eut qu'une fille, qui épousa un prince de la maison d'Autriche , à laquelle Modène etReggio sont réversibles.
Les RAVENNOIS. Ravenne. Lorsque les barbares se furent rendus maîtres de l'Italie , les empereurs d'Orient y envoyèrent de temps en temps des généraux pour y maintenir leurs droits.
Le général Narsès ayant été appelé en 5G8 , Longin prit sa place et s'établit à Ravenne , avec le titre d'exarque. Il lut rappelé ensuite. Plusieurs généraux y furent envoyés successivement et portèrent le même titre.
Liulprand, roi des Lombards, s'empàra de Ravenne en 72(5, sous l'exarque Paul; mais ce gouverneur, avec le secours du pape et de Venise , la reprit l'année suivante.
Elle fut enfin prise par Astolphe , roi des Lombards , sur Eulychès, le dernier des exarques, qui fut chassé de l'Italie et obligé de retourner à Constantinople.
Deux ans après , Pépin, roi de France, obligea Astolphe à donner celte ville au pape , ce que Charlemagne confirma en y ajoutant de nouvelles terres, lia venue a suivi la révolu-
tion d'Italie ; elle a fait partie de l'empire français , et est aujourd'hui comprise dans les Etats de l'Eglise.
Le MILANAIS. La ville de Milan, déjà puissante du temps des Romains , et même avant de leur être soumise , devint la proie des barbares qui se succédèrent en Italie après la chute de l'empire. Après Charlemagne , les archevêques jouirent de la souveraineté ; au x e siècle, le peuple secoua le joug des prélats. Les hostilités continuèrent quelque temps encore. Au xn e siècle, les officiers impériaux furent chassés, et Milan devint une république.
L'empereur Frédéric Barberousse, irrité, tourna ses armes contre eux , les soumit et détruisit leur ville, qui fut ensuite rebâtie plus brillante que jamais.
Après s être soustraits à la domination des empereurs, les Milanais se donnèrent un chef dans la personne de Martin délia Torre , qui expulsa les nobles et l'archevêque (4257). Les Torriani réunirent toute l'autorité ; mais leur puissance dura peu : elle finit à Napoléon de La Torre, en 1265.
La famille de Visconli, qui descendait de Mathieu Visconti, neveu de l'archevêque , succéda aux Torriani , dans le xiu e siècle (1295). On remarque parmi ces princes Jean Galéas, premier duc de Milan et père de Valentine Visconti, qui, par son mariage avec Louis d'Orléans, apporta dans la maison de France les droits qu'on fit valoir plus lard , qui causèrent les guerres d'Italie sous Charles VIII, Louis XII et François I er .
La branche de Visconti s'éteignit à Philippe-Marie, frère de Galéas ; son général , Bussoni , dit Carmagnole , le trahit en faveur des Vénitiens , qui cependant le firent périr. Un autre général , François Sforze , ayant épousé Blanche , fille de Philippe, devint héritier du duché de Milan. Sa famille y régna jusqu'à ce que François 1 er en dépouilla Maximilien Sforze , qui mourut assassiné en \ 550. Charles-Quint s'en empara à son tour, le rendit aux Sforze , en hérita encore , et le laissa dans sa maison , dans laquelle il demeura jusqu'en 1714, qu'il fut cédé à l'Autriche.
En 1797, Milan devint le chef-lieu de la république cisalpine, établie par les Français , et en 1804 , la capitale d'un
nouveau royaume d'Italie. En 181 i, cette ville est retournée à l'Autriche et est devenue la capitale du royaume lombardo- vénitien.