A CLAIRE-CHRISTINE
Premier sourire du sort, grâce de mon infortune, orgueil de mes peines secrètes; pardon, récompense et promesse du sévère destin ; enfant de mon cœur, vie de ma vie, que ne puis -je te chanter sur un mode immortel !
Pourquoiles Dieux n'ont-ils pas donné à ma voix Taccent des poètes? Pourquoi lu Muse ne m'a-t-elle pas enseigné son ait divin? Lyre de Sapho, luth de Co-
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rinne, pourquoi ma main ne sauraitelle rappeler à vos cordes détendues l'âme envolée ?
Ce ne serait pas pour chanter le vainqueur olympique 5 ou le char doré de Cypris; ou la douce ivresse que donne Bacchus ; ou YOpale^ ou VOnyx^ ouïes Parfums de Diane; je ne ferais point résonner la corde du carnage; je ne dirais pas le glaive d'Harmodius, caché sous la branche de myrte.
Je chanterais une jeune fille, une enfant; sa sérieuse innocence ; son front qu'éclaire la pensée; son œil limpide et bleu ; sa lèvre où le mensonge ne passa jamais. J'essayerais de dire le surprenant accord que Ton voit paraître en sa personne de force et de douceur, de candeur et de sagesse, de droiture et de clairvoyance.
A CLAIRB-CHEISTINE. 327
Je dirais le tressaillement maternel, lorsque Tenfant, née dans les larmes, grandie dans T absence, apparut soudain à mes yeux dans sa grâce virginale.
Ainsi, après les ténèbres agitées d^une longue nuit, aux douces clartésdu matin, le lac, surpris et charmé, contemple le blanc lotus, épanoui sur son sein pendant la tempête.
Premier sourire du sort, grâce de mon infortune, orgueil de mes peines secrètes; pardon, récompense et promesse du sévère destin ; enfant de mon cœur, vie de ma vie, que ne puis-je te chanter sur un mode immoitel !
PIH.
Avant-Propos Page i
Préface de la troisième édition v