A CLAIRE-CHRISTINE
Premier sourire du sort, grâce de mon infortune, orgueil de mes peines secrètes; pardon, récompense et promesse du sévère destin ; enfant de mon cœur, vie de ma vie, que ne puis -je te chanter sur un mode immortel !
Pourquoi les Dieux n'ont-ils pas donné à ma voix l'accent des poètes ? Pourquoi la Muse ne m'a-t-elle pas enseigné son art divin? Lyre de Sapho, luth de Co-
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ri une, pourquoi ma main ne sauraitelle rappeler à vos cordes détendues lame envolée?
Ce ne serait pas pour chanter le vainqueur olympique ; ou le char doré de Cypris; ou la douce ivresse que donne Bacchus ; ou X Opale, ou XOnyx, ouïes Parfums de Diane; je ne ferais point résonner la corde du carnage; je ne dirais pas le glaive d'Harmodius, caché sous la branche de myrte.
Je chanterais une jeune fille, une enfant ; sa sérieuse innocence ; sou front qu'éclaire la pensée; son œil limpide et bleu ; sa lèvre où le mensonge ne passa jamais. J'essayerais de dire le surprenant accord que l'on voit paraître en sa personne de force et de douceur, de candeur et de sagesse, de droiture et de clairvoyance.