SALUT A ARLES
Arles, noble cité, ville césarienne, Dont les vieux empereurs recherchèrent l'hymen, Et qui gardes le sceau de ta grandeur ancienne Largement incrusté dans ton ciment romain ;
En ton recueillement, grave patricienne, Montrant de ton granit le travail surhumain. De mes puissants époux, dis-tu, qu'il vous souvienne ! Voyez de quels joyaux m'enrichissait leur main.
Oui, tu peux te draper dans tes grandes ruines ; Comme Rome tu peux t'asseoir sur tes collines, Et traîner à long plis le deuil du peuple-roi :
Car il a, mieux encor qu'aux blocs de tes arènes, Dans les beaux traits latins de tes femmes sereines Scellé votre alliance et son amour pour toi.
Arènes d'Arles, Décembre 1874.